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VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

«Un vote blanc, pour moi, en tant que photographe, c'est dire noir sur blanc le refus d'être coincé par des choix imposés.   Il est indispensable que l'on mette à la disposition des électeurs des bulletins de vote blanc et essentiel que ces votes soient comptabilisés et non amalgamés aux votes nuls. Où en est-on avec la démocratie ?   Je souhaite que l'on explique pour quelles raisons l'idée du vote blanc est impraticable. »   Henri Cartier-Bresson Le Monde, 1995

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SAUVÉS DE L'OUBLI !

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Pour approfondir
Le vote blanc en 2015

Départementales

1er tour: 1 007 518 (4,86%)

2nd tour: 1 412 590 (8,38%)


Régionales

1er tour: 0 901 571 (3,99%)
2nd tour: 1 287 644 (4,87%)
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

Accéder à notre banque de données

Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

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Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
Lire les propositions de loi

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6 avenue Anatole-France Tour de l'église - 94600 Choisy-le-Roi
Tél. 01 42 11 96 86 - Fax 08 97 10 32 55  - vote-blanc@orange.fr


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ACTUALITE

Suisse                                                                                                         Etats-Unis

PROJET DE FUITE                          UN ERSATZ DE VOTE BLANC
 
Voir la rubrique Etranger

 

Ministère de l'intérieur

REFLEXION ZERO

 
Le député LR Frédéric Lefebvre a reçu la réponse à sa question sur le vote blanc le 27 juillet. Depuis plus de 20 ans nous suivons les arguments fournis par le ministère de l'intérieur contre le vote blanc. Force est de constater que, quels que soient les ministres en poste, de droite ou de gauche, la réflexion est inexistante. Ce sont toujours les mêmes commentaires standard. La preuve en est encore fournie en 2016 avec les réponses aux questions écrites de deux députés LR, Frédéric Lefebvre donc et Jean-Pierre Vigier. Elles ont été posées en 2015 et doivent attendre plusieurs mois pour connaître l'avis du ministère. Tout ce temps pour une réponse approfondie ? Non, juste pour dire qu'une question de seuil au premier tour et que la spécificité du second tour de la présidentielle empêchent d'aller plus loin. J-P. Vigier reçoit la réponse le 15 mars, F. Lefebvre le 27 juillet; pour une réponse plus personnalisée à l'égard de ce dernier qui a déposé deux propositions de loi sur le vote blanc en 2015 ? Non, le texte bref du ministère est exactement le même. De qui se moque-t-on ? Des électeurs.

Lire les questions et la réponse



 
APPROFONDISSEMENT DU DOMAINE DU VOTE, épisode 1

Lire l'intégralité de la retranscription des échanges



Dans les locaux du think tank Synopia le 12 juillet: Olivier Durand, Association pour la reconnaissance du vote blanc, Aurélia Troupel, science politique université de droit de Montpellier, Sylvain Manternach, cartographe, Jean Lassalle, député, Alexandre Malafaye, président de Synopia.

 
Premier enregistrement de la collection sonore de l'Association, en partenariat avec le think tank Synopia. Sylvain Manternach, géographe et cartographe, Aurélia Troupel, université de Montpellier et Jean Lassalle, député:
 
Vivre et voter dans un territoire



ROYAUME-UNI
LECON DU BREXIT POUR L'OPTION 'NONE OF THE ABOVE'



Voir la rubrique A l'étranger
 


 

ECOLOGISTES ET CENTRISTES
SUR LE MEME RADEAU ?

 
On est toujours tenté d'espérer que les partis politiques sont de véritables laboratoires d'idées et qu'ils s'appuient sur des convictions, des valeurs, pour mener leurs actions dans le cadre institutionnel. On attend d'autant plus cela de formations plus petites qui n'ont pas eu à se compromettre dans les fonctions de président du pays ou de premier ministre. Les centristes de 1990 à 2010 ont été le fer de lance du vote blanc, symbole d'une vie démocratique repensée à l'aune du citoyen. Les écologistes se sont longtemps proclamés des amis naturels du vote blanc. C'est ce qui a transparu dans leurs interventions au parlement de 2012 à 2014 pour la navette aboutissant à la séparation des bulletins blancs des bulletins nuls. Mais depuis, on comprend que cela était très superficiel.
Même dans ces partis on navigue à vue et la mer est démontée.

 
Le 70e Festival d'Avignon, placé sous le signe de la jeunesse, de la littérature et de la révolte - Zibeline

Le groupe écologiste à l'assemblée nationale a implosé. Ses membres ont dû se réfugier dans d'autres groupes. C'est dommage pour le vote blanc parce que lors de la navette menant à la modification du Code électoral en 2014 (voir la rubrique Proposition de loi UDI-PS adoptée en 2014) le groupe écologiste avait soutenu collectivement la prise en compte du vote blanc comme suffrage exprimé. Mais en 2015, la proposition de loi carriériste de François de Rugy sur le vote obligatoire avait été signée par beaucoup de ses collègues, dont Paul Molac. Celui-ci, qui a rejoint le groupe socialiste, tente-t-il de se rattraper en posant au ministère de l'intérieur une question (datée du 28 juin) sur le vote blanc sans évoquer le vote obligatoire ? Lire le contenu de sa question. Il ne répond pas à notre courrier et au même moment, les sénateurs écologistes sont étrangement absents du débat sur un amendement venant des Républicains et réclamant que les bulletins blancs deviennent des suffrages exprimés, tandis que son collègue écologiste François de Rugy, dans le même groupe que lui, continue à défendre le vote obligatoire lors d'un amendement déposé à l'occasion du projet de loi 'Egalité et citoyenneté'. 
 

Le député Paul Molac
 
Les centristes sont amorphes depuis février 2014, alors que François Sauvadet et Jean-Louis Borloo claironnaient que leur mesurette sur la distinction votes blancs et nuls était une étape facilitant la suivante, c'est-à-dire la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Fin juin, lors de la discussion au sénat d'un amendement sur le vote blanc de sénateurs LR (voir paragraphe suivant), le sénateur centriste Yves Détraigne, qui avait déposé en 2007 une proposition de loi allant dans ce sens, plaide contre cet amendement. Et au même moment, à l'assemblée nationale, le député UDI Arnaud Richard dépose un amendement demandant vote obligatoire et vote blanc.

 
THEATRE D'OMBRES

Toujours dans les ultimes jours de juin, le sénateur républicain Jean-Pierre Grand se gargarise avec le vote blanc. Alors qu'à l'automne il garnissait les rangs de ceux qui veulent faire passer le vote obligatoire en fournissant le tube de vaseline vote blanc, au début de l'été - 28 juin - il s'enorgueillit dans un tweet d'avoir défendu l'inscription dans les suffrages exprimés du vote blanc lors d'un débat au sénat. Il s'agit en fait d'un amendement rédigé par 14 sénateurs. Lire sa pub sur Infos 24H. ainsi que la synthèse de la discussion sur cet amendement (pages 24 et 25).


 

Encore et encore...

UN ELU DE GAUCHE MILITE POUR LE VOTE OBLIGATOIRE

 
Le député du Mouvement des progressistes, dirigé par Robert Hue, Jean-Noël Carpentier vient de déposer (31 mai) une proposition de loi réclamant le vote obligatoire avec une amende, accompagné d'un vote blanc inscrit dans les suffrages exprimés et annulant l'élection s'il dépasse les 50% pour faire passer la pilule. Fin juin, il déposait un amendement sur le même thème lors de la discussion sur le projet de loi Egalité et citoyenneté. Lire l'information de LCP.

 
Nous nous désolons une nouvelle fois de voir un responsable politique parler de progrès et défendre le vote obligatoire. Pour nous, le progrès consisterait à considérer l'électeur comme une personne de confiance, responsable, et donc lui donner plus de pouvoir - avec par exemple le vote blanc vraiment reconnu - et non à le traiter comme un être immature que l'on doit prendre par la main tout en le menaçant de sanction.
Voir en haut de la colonne de droite les liens pour constater que toutes les composantes de la gauche se passionnent pour le vote obligatoire et connaître nos arguments contre cette mesure coercitive.



Le projet France

ARNAUD MONTEBOURG CONSTRUIT SON PROGRAMME



Après son ascension du Mont-Beuvray le 16 mai, Arnaud Montebourg poursuit sa marche vers une candidature à la présidentielle 2017. Il demande à ceux qui veulent le suivre de construire un "projet pour la nation et pour le continent". On peut ainsi aller sur son nouveau site où un lien est proposé aux internautes pour "contribuer au Projet France en soumettant votre avis ou en mettant au vote une de vos propositions". Les deux premiers thèmes de débat en ligne sont "Comment changer la politique?" et "Comment redémarrer l'économie?". Parmi les questions posées: "Quelles orientations vous paraissent les plus importantes pour changer la politique ?". L'internaute doit alors choisir de 1 à 5 réponses parmi les 11 proposées: "renouvellement et diversité sociale des élus, une législation participative en ligne, la valorisation du vote blanc, le vote obligatoire pour lutter contre l'abstention..."
'Valoriser' le vote blanc est une dénomination bien vague mais nous cliquerons sur elle tandis que nous espèrerons que le vote obligatoire ne sera pas choisi par les visiteurs électeurs.


 

UN DUO FINAL QUI PASSERA MAL ?



Clinton vs Trump, c'est une finale pour gueule de bois. Surtout côté Républicains où déjà certains ténors annoncent qu'ils ne voteront pas Donald Trump. Ils appellent à voter Clinton. Mais d'ici novembre, il est possible qu'ils commencent à se dire que si une ligne 'pour aucun ci-dessus' (NOTA) existait, ils pourraient voter en conscience et ce serait drôlement mieux. Il y a des cas où, ce qui peut apparaître dans l'immédiat comme une avanie - présence de Trump à l'élection finale - peut finir par des avancées inattendues.
 

 





NOUS PREFERONS TOUJOURS JOEYSTARR A BRUNO GACCIO
 
Le second est un guignol, qui se gargarise parce qu'il a obtenu la réforme ridicule de 2014. Le premier va là où Jamel Debbouze n'ira jamais, amener les jeunes des quartiers difficiles à voter en leur accordant un vote blanc reconnu. Ce mois-ci, il réitère sa frustration. Le pouvoir en place ne l'écoute pas. Nous, nous la relayons.
 

 

«Cette même année, on avait monté une association pour inciter les jeunes à voter», s'est remémoré l'interprète de Laisse pas traîner ton fils. Avant de finalement concéder: «J'ai flanché.» S'il ne s'accorde pas d'excuse particulière, JoeyStarr a néanmoins reconnu s'être trompé de combat. «On aurait dû œuvrer pour que le vote blanc soit pris en compte», a-t-il concédé.

Lire l'article du Figaro.


 
2016, l'Association continue son travail d'argumentation, commencé il y a plus de vingt ans
 
ANNEE DE REFLEXION


Douze mois sans élection. L'Association pour la reconnaissance du vote blanc va en profiter pour approfondir certaines questions relatives au vote blanc.

Alain Garrigou, professeur en science politique à l'université Paris Ouest-Nanterre, lance le débat dans un article du Monde Diplomatique. Comme nous, il appelle à une avancée substantielle du droit de vote. On lui demandera juste pourquoi il ne dissocie pas dans son texte le vote blanc du vote obligatoire.


 
LE TROISIEME AGE DU SUFFRAGE UNIVERSEL



Extrait: "Si les bulletins blancs empêchaient de trouver une majorité électorale, les candidats ainsi recalés devraient alors laisser la place à de nouveaux candidats. Cela peut paraître subversif à une cléricature politique dont une bonne partie du travail consiste à prédéterminer une offre électorale en regard de laquelle le suffrage universel équivaut à une ratification des choix faits par d’autres. Certes, la solution du vote blanc comptabilisé comporte les risques de l’incertitude… Les électeurs s’en serviraient peu ? Au moins ne pourrait-on faire de procès en illégitimité pour une participation faible. Les électeurs s’en serviraient-ils massivement qu’ils pourraient créer une crise politique faute de candidats acceptables par une majorité ? Sait-on jamais."



Sur le même sujet, quel pouvoir de sanction donner au vote blanc. Lire les éléments du débat
Autre exemple, comparaison de la répartition du vote PS et du vote blanc ou nul aux régionales de 2015: SI PROCHES, SI LOIN


L'Association compte développer ce débat en 2016 dans le cadre de sa collection Approfondissement du domaine du vote
 
CHOC DE CIVILISATION ?

Barbier vs Association pour la reconnaissance du vote blanc

Oui, il faut instaurer le vote obligatoire. Pour une raison presque civilisationnelle. Dans le temps de la conquête démocratique, peu de gens s’abstiennent parce que chacun veut profiter de ce droit nouveau. Dans le temps du confort démocratique, on voit se développer une abstention résiduelle, puis structurelle : « oh, tout va bien » et quand on n’est pas enthousiasmé on peut rester chez soi. Dans le temps de désillusion démocratique, tel qu’on le connaît aujourd’hui, on s’abstient pour combattre, on s’abstient pour détruire, pour décrédibiliser, pour délégitimer l’élu. L’élu n’est plus un élu, il est un résidu, celui qui n’a pas été trop rejeté, en tous cas un peu moins que les autres. Il ne faut pas laisser cette gangrène s’installer dans notre démocratie sinon quelqu’un viendra dire que les élections ne servent plus à rien et qu’il faut en revenir à d’autres systèmes, à l’aristocratie, au coup de force et on retournera à la tyrannie. »
Christophe Barbier, L’Express, 16 avril 2015

 
     VB

Non, il ne faut pas instaurer le vote obligatoire. Pour une raison de conquête démocratique. Dans le temps de la conquête démocratique, on promet au peuple un outil qui va lui permettre de se faire entendre, d’être l’acteur principal du système représentatif. L’électeur participe parce qu’il y croit. Dans le temps du confort démocratique, les partis politiques qui s’affirmaient au service de la réflexion de l’électeur se disent qu’on peut finalement se passer du libre arbitre de cet électeur. Dans le temps de la désillusion démocratique, tel qu’on le connaît aujourd’hui, on s’abstient parce que le slogan ‘une élection, ça ne sert qu’à désigner un vainqueur’ a vidé de sa portée symbolique l’acte électoral. L’élu n’est plus un élu, c’est le choix des états-majors des formations politiques, untel correspondant moins à ce qu’espérait l’électorat que tel autre. Il faut faire reculer cette facilité des partis à ne penser qu’à la conservation du pouvoir sinon nous reviendrons au Vè siècle quand les derniers empereurs romains n’étaient plus que des Augustule. 

Rien ne sert de combattre l’abstention, il faut faire renaître la participation.


Association pour la reconnaissance du vote blanc


2016, l'Association continue ses échanges avec les acteurs politiques...


Le député PS Stéphane Saint-Andre

UN FAUX AMI ?

Le député socialiste Stéphane Saint-André a déposé une proposition de loi réclamant que le vote blanc devienne un suffrage exprimé. Mais dans la page de La Voix du Nord consacrée à cette initiative, l'élu parle de son intention de présenter une autre proposition de loi, complémentaire, en faveur du vote obligatoire. Mais depuis janvier, on ne voit rien venir. Peut-être que notre Notre courrier au député lui aura fait comprendre que ce n'est pas une bonne idée.


... et informe sur les initiatives politiques en faveur du vote blanc.


Après la fausse réforme de février 2014 (voir la seconde rubrique de la page d'accueil), des parlementaires ont senti le besoin, dès 2015, de revenir à l'essentiel, soit la prise en compte comme suffrage exprimé du vote blanc.

 
LE SENAT REMET LE VOTE BLANC
SUR LES BONS RAILS
 

On se demandait qui proposerait à nouveau une proposition de loi sur le vote blanc depuis celle (2012) du député François Sauvadet, détournée par son groupe parlementaire pour donner la ridicule réforme électorale du 21 février 2014.
 

C'est donc le sénateur socialiste Roland Courteau qui s'est attelé à la tâche. Il s'est appliqué puisqu'il a rédigé deux textes, un pour les élections en général (lire le premier texte), un second pour l'élection présidentielle qui nécessite une modification de la constitution (lire ce second texte). On aurait aimé plus de hardiesse dans le choix des modalités de sanction que l'on pourrait attribuer au vote blanc, mais étant donné ce que l'on a entendu ces deux dernières années, on peut se dire globalement satisfaits de cette initiative du sénateur Courteau. En effet, ne pas évoquer le vote obligatoire, c'est devenu quelque chose de très rare pour un élu de gauche.

Le sénateur Patrick Abate, du groupe Communiste républicain et citoyen) a affirmé lors d'un débat (21 mai 2015) sur la réouverture exceptionnelle des délais d'inscription pour les élections régionales de décembre l'attachement de son groupe au vote blanc:
"Ainsi, nous travaillerons sans relâche – avec certains d’entre vous, j’en suis sûr – à la reconnaissance entière du vote blanc. L’étude de sociologie électorale de Cécile Braconnier et Jean-Yves Dormagen rappelle que l’abstention peut être vécue comme une expression politique. La reconnaissance du vote blanc doit entrer dans cette dynamique."



 
L'ASSEMBLEE NATIONALE EMBOITE LE PAS

Il y a donc la proposition de loi du député Les Républicains Frédéric Lefebvre fin juin (voir plus haut le lien qui donne directement sur son texte) et, le 30 juin, une question du député apparenté aux Républicains, Jean-Pierre Vigier:
"M. Jean-Pierre Vigier attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la question de la comptabilisation du vote blanc lors des élections. Annoncée comme une promesse par le Gouvernement, cette comptabilisation n'est pour l'instant que partielle. En effet la loi du 21 février 2014 ne fait que mettre en place un comptage séparé des bulletins blancs sans les prendre en compte dans la détermination des suffrages exprimés. Aussi il lui demande quelles sont ses intentions concernant cette question." [L'Association pour la reconnaissance du vote blanc ne sait pas à quelle 'promesse' du gouvernement fait référence le député.]
Le député du Nord, Jean-Pierre Decool, apparenté UMP, avait déjà posé une question au ministère de l'intérieur, partageant la même préoccupation que le sénateur socialiste, le 14 avril 2015:
"M. Jean-Pierre Decool attire l'attention de M. le ministre de l'intérieur sur la reconnaissance du vote blanc dans les suffrages exprimés. Depuis le 1er avril 2014, les bulletins blancs sont décomptés séparément et annexés en tant que tel au procès-verbal. Cette mesure vise à prendre en compte les votes des électeurs ne trouvant pas satisfaction dans les programmes politiques ou les candidats proposés. Cependant, malgré les avancées, les bulletins blancs ne sont toujours pas comptabilisés dans les suffrages exprimés. Les résultats d'une élection à la majorité absolue pourraient ainsi dépendre de la prise en considération des suffrages exprimés blancs et nuls. En conséquence, il l'interpelle afin de savoir quelles mesures le Gouvernement compte prendre afin de comptabiliser les bulletins blancs dans les suffrages exprimés."


Pour tous ces textes et autres documents, consulter notre banque de données.


LE MINISTERE DE L'INTERIEUR
CONTRE VOTE OBLIGATOIRE ET  VOTE BLANC



Le ministère répond non au vote blanc comme suffrage exprimé

"UNE REPONSE AU PHENOMENE ABSTENTIONNISTE" (!!)

 
C'est ainsi que le ministère de l'intérieur idéalise la réforme de février 2014, distinguant les bulletins blancs des bulletins nuls. Le député Jean-Pierre Vigier (LR) avait adressé une question écrite au ministère en juin 2015 pour souligner l'inaccomplissement de la mesure puisque le vote blanc reste exclu des suffrages exprimés. Le 15 mars 2016 (9 mois d'attente !) le ministère répond imperturbablement ce qui a été placé en titre. Trois élections ont eu lieu depuis février 2014 et on n'a pas constaté une influence de cette distinction sur l'abstention.
Pour le reste de la réponse, le ministère reprend les arguments éculés: le vote blanc reconnu compliquerait le dépassement du seuil nécessaire pour accéder, dans certaines consultations, au second tour. Et à la présidentielle, ça pourrait empêcher qu'un candidat l'emporte.
On a déjà dit et répété qu'il suffit de baisser les seuils des élections concernées et qu'un troisième tour en 1995 ou en 2012 n'aurait pas été scandaleux. Quoi qu'il en soit, la "réponse au phénomène abstentionniste" ne pourra pas bénéficier à la présidentielle de 2017 puisque la réforme de 2014 ne s'applique pas à ce scrutin.

Le député Frédéric Lefebvre (LR), qui a posé une question très proche au même moment, n'a toujours pas eu droit à une réponse.

Lire la question suivie de la réponse



L'Association replace dans un contexte plus large la question du vote blanc

 
NOUS VOTONS COMME NOS ARRIERE-GRANDS-PERES
 
C'est le 29 juillet 1913 que le code électoral a été modifié pour rendre les électeurs plus autonomes en introduisant dans les bureaux de vote les premiers isoloirs et les premières enveloppes. Mais la mise en pratique a été effective aux mois d'avril et mai, pour les deux tours des législatives de 1914. Nos arrières grands pères ont donc pu voter avec moins de pression. Mais ils n'ont pas été considérés comme des êtres assez responsables pour être dignes de pouvoir déposer un vote blanc qui aurait été intégré aux suffrages exprimés. Le législateur en est resté à la position du monarque absolu Napoléon III de 1852.

Depuis cent ans, rien n'a changé. La Grande Guerre a homogénéisé la France mais un siècle plus tard, si le vote a été étendu à de nouvelles populations (femmes, 18-20 ans, citoyens européens), il n'a pas été approfondi. En 2014, le citoyen ne peut pas faire plus preuve de libre arbitre que ses ancêtres d'avant la boucherie. 

Lire notre dossier
 

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