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Le pouvoir du vote blanc est là Le parti Ciudadanos en Blanco veut matérialiser l’aversion à l’égard des politiciens. (Traduction d'un entretien publié dans le journal La Opinión de Tenerife, le dimanche 27 janvier 2008 http://www.laopinion.es/secciones/noticia.jsp?pRef=3026_22_125294__Politica-Llego-poder-voto-blanco) SOL RINCÓN BOROBIA | SANTA CRUZ DE TENERIFE Les citoyens déçus par les politiciens font deux choses : soit ils votent blanc, soit ils ne daignent pas même se rendre aux urnes. Cependant, ce mécontentement général au sujet de la classe politique ne se reflète pas au Parlement. Tous les sièges y sont occupés sans le moindre honte. Les politiciens se répartissent le pouvoir avec les quelques votes obtenus et voilà. Mais cet état de fait peut changer. Ciudadanos en blanco est un parti politique national dont le programme qu’il a élaboré en vue des prochaines élections générales du 9 mars, repose sur un seul point: la modification du code électoral afin que les votes blancs comptent aussi dans la répartition des sièges au Parlement.
De gauche à droite, Manuel Fresnadillo, Eloy Cuadra et Rafael Jesús Daranas. Delia Padrón Eloy Cuadra, Rafael Jesus Daranas et Manuel Fresnadillo sont trois membres de cette formation politique aux Canaries. Daranas, tête de liste à la Chambre pour la province de Santa Cruz de Tenerife, assure que « notre engagement est d’être fidèles à la nature du vote blanc, c’est à dire que, si nous obtenons un représentant au Parlement, cela se traduira par un siège vide ». Par conséquent, les citoyens qui ne voudraient pas voter ou qui voudraient le faire en votant blanc parce qu’ils ne croient plus dans la classe politique, mais qui aimeraient aussi que leur désaccord se reflète au Parlement, devraient se rendre aux urnes, prendre un bulletin ‘Ciudadanos en Blanco’ et voter. Si tous ceux qui s’abstiennent et ceux qui votent blanc parviennent à être suffisamment nombreux pour que ‘Ciudadanos en Blanco’ obtienne des sièges, la formation s’engage devant notaire à ne pas les occuper. L’objectif est de faire réfléchir les hommes politiques qui siègent à la Chambre des Députés sur la raison pour laquelle les électeurs ont cessé de voter pour les partis. Et quel meilleur moyen de les amener à y réfléchir que de leur faire voir un grand nombre de sièges vides pendant les séances plénières, comme représentation de ceux qui ne croient pas en la classe politique actuelle. De plus, ce parti ne s’engage pas seulement à ne pas occuper les sièges obtenus, mais aussi à renoncer aux indemnités tout comme il ne participera ni aux commissions ni aux séances plénières. De même, il ne s’alliera à aucun autre parti. Daranas explique que en ne participant pas activement à la vie parlementaire « on nous priverait de nos droits et nos devoirs en tant que députés » mais, précise-t-il, « nos sièges obtenus au suffrage universel ne pourraient être occupés par personne d’autre ». De son côté, Manuel Fresnadillo, indique que le but de ce parti est « de rendre active la passivité » des citoyens. Daranas précise que Ciudadanos en Blanco accepte les règles de la démocratie, «mais nous voulons rendre sa dignité au vote blanc » qui, bien qu’il soit utile, n’est pas comptabilisé. « Nous voulons que les hommes politiques continuent à exercer ainsi. Notre intention est, seulement, de leur faire parvenir une réclamation légitime ». En ce sens, Eloy Cuadra incite chacun à voter pour le parti qui lui convienne ; « ils doivent voter s’ils croient au parti pour lequel ils votent. » dit-il. Mais, ajoute-t-il, « s’ils le font sans conviction, en votant pour le moins mauvais candidat ou pour le plus beau ou pour punir un autre parti, eh bien alors qu’ils votent pour nous ». 30 sièges vides L’objectif de Ciudadanos en blanco n’est pas seulement d’obtenir le vote de ceux qui déposent des enveloppes vides, mais aussi celui de ceux qui habituellement s’abstiennent, dont le nombre représente entre 40 et 50% de l’électorat, selon les données fournies par ce parti. De plus, pour évaluer le pouvoir qu’aurait le vote blanc s’il entrait dans la répartition des sièges, il n’y a qu’à se souvenir qu’aux élections générales de 2004 il y eut 407 000 votes blancs alors que Coalicion Canaria (CC) n’obtint seulement que 233 000 voix. Si nous tenons compte du scrutin des précédentes élections autonomes aux Canaries, et si nous supposons que tous ceux qui n’ont pas voté plus ceux qui ont voté blanc avaient soutenu cette formation politique, Ciudadanos en Blanco aurait obtenu trente sièges au Parlement des Canaries. Après avoir appliqué la loi D’Hondt, île par île, la Grande Canarie serait représentée par sept sièges vides, quatre députés socialistes (PSC) et quatre du Parti Populaire (PP) (…) Ciudadanos en Blanco dépasserait la barre des 30% dans toutes les îles. Il en découlerait que CC-AHI ne pourrait obtenir aucun siège. De plus, seul dans l’île de La Gomera un parti dépasserait la barre insulaire : le PSC avec 35%. C’est à dire que la moitié des sièges au Parlement des Canaries resterait vide, représentant ainsi les citoyens qui ne croient pas aux politiciens actuels.
Date de création : 09.02.2008 @ 23:37
Dernière modification : 09.02.2008 @ 23:59
Catégorie : Le vote blanc à l'étranger
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