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Argentine LA BRONCA DANS LES URNES Est-ce ce qui attend la France en 2012 ? 
« En argentine, il n’y a pas que les analystes politiques mais aussi l’écrasante majorité de la population qui sait que les élections du 14 octobre 2007 [Il s’agit de l’élection présidentielle qui a vu la victoire de Cristina Kirchner] ont été un grand référendum contre le gouvernement national et sa politique. (…) Dans un contexte d’aggravation sans précédent de la crise, les élections et les discours des politiques ne sont pas seulement apparus comme inutiles mais comme d’une réelle et douloureuse dérision. Face à cela, s’est répandue une volonté spontanée et croissante d’exprimer d’une quelconque façon l’indignation accumulée. Il convient de soulever le caractère spontané de ce processus parce que l’appel à l’abstention et au vote blanc ou nul du Parti Communiste Révolutionnaire et d’autres groupements politiques et syndicaux plus petits ne peut guère qu’influer sur certaines franges des activistes. Et ici, nous sommes confrontés à un phénomène de masse : l’abstention, dans un pays où le vote est obligatoire, est montée à plus de 6 millions. (c’est à dire un niveau supérieur à 12% du niveau de l’abstention considéré comme ‘naturel’) et ce qu’on appelle le ‘vote bronca’ a atteint 3 900 000 (1 600 000 votes blancs et 2 300 000 votes nuls). Le ‘vote bronca’ est devenu la principale expression électorale dans la capitale fédérale comme Santa Fe et au niveau national il occupe la seconde place, juste au-dessous du nombre de votes obtenus par le PJ et de l’Alliance-UCR à venir. Evidemment, il serait arbitraire de présenter ce geste de rejet et de dénonciation comme un discours politique structuré, mais il serait encore moins juste de suggérer que ce fut une conduite dictée par la prédication de quelques ‘journalistes’ de télé de droite. C’est ce qu’ont dit les candidats vaincus des partis traditionnels et du ‘progrès’ en banqueroute et ce que, lamentablement, ont répété quelques candidats de gauche qui, dans le désir de conquérirdes électeurs, ont oublié l’obligation de clarifier et d’approfondir la critique du régime et des institutions. Gauche Unie, par exemple, fit pendant les dernières semaines une véritable campagne contre le vote blanc, en accord avec les exigences d’Alfonsin et la grande partie des ‘faiseurs d’opinion’ médiatiques. (…) Si le ‘vote bronca’ n’est pas structuré, il n’en faut pas moins examiner le comportement de la population avant les élections dans le contexte de la grave catastrophe que vit l’Argentine après quatre années de récession, avec une économie pratiquement en faillite et les gens soumis à une vague sauvage de licenciements et de réductions des salaires et des retraites. (…) Comme la majorité des personnes le soupçonnait, les élections n'ont servi à rien : la violence structurelle de l'exploitation capitaliste et les ajustements imposés par l'impérialisme sont assurés par une démocratie dans laquelle les mécanismes électoraux fonctionnent de façon à ne pas avoir le moindre impact sur les politiques imposées par les marchés, indépendamment du vote des citoyens… » Extraits d’une prise de position de Aldo Andrés Romero, membre du comité central du MAS, parti politique de la gauche bolivienne. (http://www.alternativaenblanco.com/index.php?option=com_content&task=view&id=14&Itemid=42)
Date de création : 15.12.2008 @ 22:32
Dernière modification : 15.12.2008 @ 22:36
Catégorie : Le vote blanc à l'étranger
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