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Monsieur François Bayrou, Je me souviens l’hiver 2003; (Voir l’article sur la proposition du groupe UDF le 30 janvier 2003) le groupe UDF à l’Assemblée nationale dépose une proposition de loi afin d’obtenir l’intégration des bulletins blancs dans les suffrages exprimés. En cette occasion, le député Vignoble, rapporteur, reprend la question que Cartier-Bresson, par l’intermédiaire du Monde, lançait à tout citoyen épris d’indépendance : ‘Où en est-on avec la démocratie ? Je souhaite que l’on explique pour quelles raisons l’idée du vote blanc est impraticable.’ L’UDF, en cet hiver 2003, se voit dépossédée de son initiative mais a ouvert une brèche. Le fardeau était peut-être trop lourd pour l’UDF, redonner toute sa place à l’électeur. Plus de trois ans après, voilà que votre formation se lance dans la ‘révolution civique’. Et que sort-il de ce chapeau ? Le vote obligatoire !!! L’antithèse du vote blanc. Qu’est-ce qui fait la légitimité du vote blanc ? Le fait que la personne n’était pas obligée de venir dans le bureau de vote et que si elle l’a fait c’est pour montrer que l’enjeu lui tient à coeur mais que les candidats en lice n’en sont pas à la hauteur. Si le vote blanc devient obligatoire, les bulletins blancs seront interprétés comme des ‘votes débarras’ déposés par ceux venus pour ne pas payer l’amende. Finie la possibilité de marquer son attachement au débat de qualité quand cette condition n’est pas respectée lors d’une campagne. Nous préférons la situation actuelle pour le vote blanc à ce vote obligatoire que vous venez de découvrir. Si le vote devient obligatoire, je n’irai plus voter. Et ces jeunes des banlieues que l’on a poussé vers les listes électorales ? C’est le vote encadré par des policiers que vous leur proposez. ‘Un vote blanc, pour moi en tant que photographe, c’est dire noir sur blanc le refus d’être coincé par des choix imposés.’ Cartier-Bresson aurait été triste de lire l’article du journal La Croix le 12 juin annonçant votre combat pour un vote ‘imposé’. Nous sommes tristes à l’Association. Je suis triste. Mais nous ne sommes que des citoyens de base, notre avis ne vous intéresse pas. Ce que la population rejette, ce sont les hommes politiques qui n’ont pas la force d’être constants dans leurs convictions. M. Bayrou, où en êtes-vous avec la démocratie ? »
Date de création : 06.08.2006 @ 13:11
Dernière modification : 06.01.2007 @ 12:38
Catégorie : Analyses et prises de position
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