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VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

« Un homme, une voix. L’équation simple s’impose à nous avec la force de l’évidence. L’égalité devant l’urne électorale est pour nous la condition première de la démocratie, la forme la plus élémentaire de l’égalité, la base la plus indiscutable du droit. »   Pierre Rosanvallon (Le sacre du citoyen)

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Prix Crétinerie d'Or

Prix Vote Blanc de la Crétinerie d'Or.
CONCOURS 2017

Le prix honore chaque année des personnalités qui, par la profondeur de leur pensée, la pertinence de leurs remarques, ont réussi à démontrer que le vote blanc n'a pas lieu d'être.
 Voir plus en détails les lauréats et les candidats


Candidats pour 2017

Béatrice Giblin : « Je suis très préoccupée par cet engouement pour le vote blanc. C'est pousser les gens à ne pas essayer de s'engager. C'est au fond une sorte de fuite de ses responsabilités. 'Y en a aucun qui me plait.' Bien sûr puisqu'on est 66 millions et on va avoir in fine à choisir entre deux. Donc on va choisir celui qui va sembler correspondre le plus à nos souhaits. Je suis très hostile à cet engouement sur le vote blanc qui me paraît un peu dangereux. »
François Bujon de L'Estang : « Je comprends et je sympathise. » 9 avril 2017, émission L'esprit public, France Culture.
Béatrice Giblin, géopoliticienne, François Etienne Vladimir Bujon de L'Estang, diplomate français. Deux bourgeois qui, en 1936, se seraient offusqués que les ouvriers aient des congés payés.

"Le risque est grand que, se parant, avec le vote blanc, des atours de la juste expression de la volonté populaire, le peuple soit nu." Anne Levade, juriste, L'Express (si vous avez 1 euro à dépenser), 6 avril 2017.

"Le vote blanc se présente comme un exutoire commode – il n’esquive pas le devoir du vote – à une indécision qui se diffuse. Indécision pour choisir, indécision pour participer." Anne Muxel, politologue du CEVIPOF, Le Monde, 5 avril 2017. Travail à charge. On attend autre chose des universitaires.

"Il revient donc à ceux qui s’abstiennent ou votent blanc pour contester le système, de redoubler d’efforts pour faire vivre la démocratie participative : en s’engageant, par exemple, dans un conseil de quartier ou une association." Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, La Croix, 4 avril 2017
. Mélanger abstention et vote blanc n'est pas sérieux et qui dit que celui qui vote blanc n'est pas très engagé dans sa vie ordinaire ?

"Il y a d'abord le vote blanc rural, qui s'exprime dans les petites communes, où tout le monde se connaît et où il peut être mal perçu de ne pas aller voter. Il recèle donc de l'abstention cachée. Il y a ensuite le vote blanc urbain, dont les utilisateurs sont plus politisés, plus éduqués. Ils délivrent davantage un message politique."  Adélaïde Zulfikarpasic, directrice adjointe de l'institut BVA, L'Express, 29 mars 2017. 15 ans qu'elle répète le même cliché. Les campagnes ont bien changé ces 30 dernières années mais on en reste à une analyse du siècle de La Fontaine !!!

« Je suis toujours un peu sceptique sur ces gens qui estiment que l’offre du moment ne leur va pas. Je ne sais pas si c’est le problème de l’offre ou celui des gens en question." Michel Issindou, député PS, décembre 2016, France Inter .

"Contrairement aux Etats-Unis, la France affiche une volonté d'égalité absolue en matière d'élection. Le suffrage universel est censé y être encore plus pur que l'immaculée conception" Didier Maus, constitutionnaliste anti-vote blanc, 1er novembre 2016, Huffington Post. Quelle égalité absolue quand le principe 1 homme/ 1 voix est bafoué par la non reconnaissance du vote blanc !?

"A quoi servirait la liberté de penser s'il n'est de liberté de choisir. ? D'autant que chez nous, le vote blanc est possible." André Flahaut, ancien ministre PS de la Défense, ancien président de la Chambre, Le Soir, 15 novembre 2016. En Belgique, le bulletin blanc va directement de l'urne à la poubelle. C'est le vote blanc qui donne la liberté de choisir, pas le vote obligatoire.

Une proposition de loi sur le vote blanc en janvier 2016, une autre sur le vote obligatoire un an plus tard (!) - janvier 2017 - qui ne mentionne pas le vote blanc. Tromperie sur la marchandise, travail de sagouin. Stéphane Saint-André, député.

Edition 2016
(pas de prix décerné)

Edition 2015

Le vainqueur est:

LE GROUPE EELV A L'ASSEMBLEE


Même les écologistes, face à des intérêts à court terme -entrer au gouvernement - s'assoient sur leurs convictions:

AVANT: «Nous, élus écologistes, nous continuerons à œuvrer pour la reconnaissance pleine et entière du vote blanc, comme je l’ai déjà dit en commission. » Sergio Coronado (EELV), jeudi 28 novembre 2013, Assemblée nationale.

AUJOURD'HUI: « Certes, les bulletins blancs ne sont toujours pas intégrés aux suffrages exprimés, mais ils sont désormais comptabilisés et communiqués séparément des bulletins nuls lors de la proclamation des résultats.» Proposition de loi du groupe écologiste à l’Assemblée, mars 2015

La réforme électorale du 21 février 2014, jugée très insuffisante par les écologistes pendant les débats au parlement, est considérée suffisante aujourd'hui (!!!).
 

«Je vote blanc, je vote 'rien', je vote nul, je vote 'rien', je m'abstiens, je ne suis pas dans le coup.» François d'Orcival, président du comité éditorial de Valeurs actuelles. Europe 1, 5 mars 2015. L'éditorialiste met dans le même sac ces trois types de réponse à une élection (qui, selon nous ne sont que deux: abstention et vote blanc - bulletins blancs + bulletins nuls) et en conclue qu'il ne faut pas en favoriser une plus que l'autre. Comme le vote blanc a toujours été associé à une abstention, il n'est pas question aujourd'hui de réfléchir à corriger cette anomalie pour donner plus de subtilité à l'acte électoral. Regrettable pour quelqu'un qui se voudrait un 'phare' intellectuel de la presse.

« It would be too complex and feed an unachievable hunger for the perfect candidate.» Tim Sanders, président de la commission électorale pour l'état du Minnesota, février 2015 (cité dans le blog D.C. Clothesline)

 

VAINQUEUR 2014

«Si le menu de la cantine ne te plaît pas, passe de l’autre côté du zinc et cuisine toi-même! Et si tu ne veux pas accepter de prendre des responsabilités, milite pour le système politique le plus exigeant du monde: l’anarchie.» Charb, Charlie Hebdo, 13 décembre 2013.


Voir les autres candidats de l'édition 2014

Lauréat de l'édition 2013:

Pour la première fois, l'Association remet un prix à un collectif. L'UDI a amplement mérité le titre 2013 suite à sa magistrale initiative parlementaire, préparée de longue date et criante de cohérence. Lire le détail de cette candidature.

Lauréat de l'édition 2012: «En tout état de cause, même s'il y avait 40 millions  de votes blancs, il faudrait bien que quelqu'un soit élu.» Guy Carcassonne, constitutionnaliste vénéré, France-Info, 8 mai 2012. 39 999 999 bulletins blancs, un vote X: c'est X qui est élu !!!

Lauréat de l'édition 2011: «Ceux qui souhaitent comptabiliser les bulletins blancs ont une idée derrière la tête : démolir la république et l'Etat, mais sans dire au profit de qui ou de quoi.... » Michel Charasse, clown politique que l'on ne présente plus, La Montagne.fr, 19 août 2011.

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SAUVÉS DE L'OUBLI !

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Retrouvez les photos de bulletins annulés de Ludovic Lacreuse

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Le vote blanc en 2017

Présidentielle

1er tour: 0 944 733 (2,55%)

2nd tour: 4 085 724 (11,52%)


Législatives

1er tour: 11 juin
2nd tour: 18 juin
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

caillavet.jpg
 

Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
Lire les propositions de loi

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Lire aussi notre réaction à la défense du vote obligatoire par les députés écologistes (2015)
Lire la réponse du député MoDem Jean Lassalle au député écologiste François De Rugy (2015)

Lire aussi notre bilan sur cette gauche (PS, radicaux) tentée par le vote obligatoire

Radio France internationale

Faut-il instaurer un vote obligatoire en France?



- François de Rugy, député, président du nouveau parti Ecologiste !
- Jérémie Moualek, chercheur en Sociologie politique, travaille sur le vote blanc et le vote nul. 

Aller sur la page de RFI
 


LE VOTE OBLIGATOIRE, UNE ERREUR

QUI SEDUIT DE PLUS EN PLUS
 

Notre position sur les déclarations dans l'article du Parisien

L'article lui-même

Notre lettre à François Bayrou en 2007
             Position du ministère de l'intérieur en 2014
 

Que l’abstention augmente encore en ces municipales 2014 et atteigne des résultats qui ridiculisent le temps du soir de l’annonce des résultats le personnel politique et voilà que l’on sort le parapluie. Il n’empêche pas la pluie de tomber mais il en protège. Le mécontentement est là alors on cherche le moyen de se mettre à l’abri, non de résoudre le problème. Le vote obligatoire comme pare-abstention, telle est la solution avancée quand on est paresseux ou incompétent. A gauche comme à droite on y vient. Et le vote blanc sert de vaseline.

Notre position

Droite et extrême-gauche main dans la main. Le vote blanc est tiraillé entre le PS qui exulte parce qu’il vient d’obtenir – grâce à son allié de l’UDI – un vote blanc séparé des bulletins nuls sans la moindre intégration aux suffrages exprimés (un vote blanc eunuque) et l’UMP et le Front de gauche qui rêvent de l’utiliser pour faire passer une mesure coercitive, le vote obligatoire (un vote blanc noyé). Ne nous leurrons pas, si la seconde version passait, le vote blanc resterait moins important que l’abstention et n’aurait aucune influence sur les résultats. Il obligerait peut-être, lors de rares consultations où le score du vote blanc gonflerait plus que de coutume, le personnel politique à dire : « Nous avons entendu le message des électeurs » pour continuer comme de coutume dès le lendemain. On aurait même les analystes patentés qui viendraient expliquer que ce vote blanc un peu trop haut n’est juste le fait que d’électeurs dépassés s’étant débarrassés de leur droit de vote en votant blanc.

Nous devons nous inquiéter. N’oublions pas, et Monique Pinçon-Charlot nous le rappelle, que Laurent Fabius, dans le même Parti socialiste, milite pour le vote obligatoire. La digue Thierry Mandon est bien fragile. Thierry Mariani, lui, avait déposé en 1997 (en tant qu’élu RPR)  une proposition de loi réclamant que le vote blanc soit un suffrage exprimé sans évoquer une seule seconde le vote obligatoire. Aujourd’hui, il y recourt mais il se satisfait de la simple distinction opérée le 21 février. Il nous prépare le coup de jarnac appelé ‘coup de Gaccio’. Je dis que je suis pour le vote obligatoire avec le vote blanc reconnu, tout le monde pense qu’il s’agit d’un vote blanc comme suffrage exprimé, parce que fabius au PS, Dominique Paillé à l’UMP ou Monique Pinçon-Charlot à l’extrême gauche et d’autres l’avaient toujours présenté ainsi, mais en fait je me limite au vote blanc post 1er avril ; je trouve un constitutionnaliste (Didier Maus), un clown (Bruno Gaccio serait capable de rempiler sinon, comme Mariani est de droite ce qui répugne au guignol, ce dernier en trouvera un autre), et au parlement, tout le monde criera à l’idée géniale, au grand pas que l’on fait franchir aux électeurs.

Il aura eu la caution morale de celle qui défend le petit peuple, qui a combattu avec son mari Sarkozy médias à l’appui, et qui, toujours sure d’avoir raison, est mélenchonniste. En défendant le vote obligatoire, elle dit le contraire des valeurs qu’elle prétend promouvoir. Elle fait de la politique politicienne. Elle est persuadée – comme elle se trompe ! – que les abstentionnistes sont les gens défavorisés qui se reconnaissent dans le discours du Front de Gauche. Si on les oblige à voter, ses idées et celles de Jean-Luc l’emporteront. Marine Le Pen lui souffle dans l’oreille ‘Vas-y Monique !’. Si le FN réclamait le vote obligatoire ce serait le tollé, si c’est Monique cela devient une mesure humanitaire. Le vote obligatoire permet au personnel de continuer dans sa routine puisque le soir des élections on aura, grâce à la peur du policier, une participation honnête, un vote blanc exsangue, et des élus bombant le torse, persuadés que leur campagne habile parce que mensongère a séduit le peuple. Cela marche très bien en Belgique et au Luxembourg comme le souligne Thierry Mariani. Aux deux dernières élections européennes, ces deux pays ont été très loin derrière les autres pays de l’Union pour le taux d’abstention (moins de 10% chaque fois contre de75 à 80% pour d’autres), avec un vote blanc certes parmi les plus élevés (autour de 6% en Belgique, autour de 8% au Luxembourg) mais sans la moindre conséquence sur les résultats. Et que l’on sache, depuis 2009, date des dernières européennes, la vie politique belge n’a pas fait rêver et l’extrême gauche du pays ne semble pas plus entendue qu’en France.

Défendre un vrai vote blanc sans l’encombrer du vote obligatoire (comme l’ont défendu au parlement des élus du Front de Gauche) serait prendre les électeurs – le peuple – pour des êtres responsables et les tirer vers le haut au lieu de les soumettre. On attendrait cette ambition d’une universitaire engagée. «  Contraindre à voter c'est renoncer à convaincre. » C’est le politicien – Thierry Mandon, prêt à retourner sa veste très vite - qui le dit et l’intellectuelle, qui devrait voir loin, qui l’en dissuade. Le monde à l’envers !

« Cela crée une obligation morale », défend l'UMP Thierry Mariani

 – Député UMP des Français de l'étranger, l'ancien ministre des Transports, Thierry Mariani a cosigné une proposition de loi pour rendre le vote obligatoire. « L'abstention augmente à chaque élection et il est assez inquiétant de voir que le taux a atteint 36 % pour des municipales. Aux européennes de 2009, on a dépassé les 59 % et cela pose un problème : cet absentéisme galopant met en cause la représentativité des gens qui sont élus.»

«Rendre le vote obligatoire me semble une formule intéressante, explique-t-il. D'autant plus que la loi sur la reconnaissance du vote blanc a été adoptée. Il est difficile de forcer, juridiquement, les gens à aller voter si on ne leur donne pas les moyens de rejeter la totalité de l'offre. C'est désormais le cas avec le vote blanc, qui sera comptabilisé à partir des européennes et permet de dire qu'on ne se reconnaît pas dans les candidats en présence. Dans de nombreux pays de l'ancienne Union soviétique, on vote sur un seul bulletin où il faut cocher une case. Et la dernière case, c'est souvent : vote contre tous. C'est-à-dire que l'électeur considère que tous les candidats sont nuls.»

« Là où le vote est obligatoire, comme en Belgique, le système fonctionne, argumente Mariani. Même si les amendes ne sont pas forcément dissuasives, cela crée une obligation morale. Le vote blanc, cela fait des années que l'on en parlait et cela a fini par être adopté. Pour le vote obligatoire, il est sans doute encore trop tôt, mais le débat va revenir après les européennes si, comme je le crains, on a 40 % de participation et des votes très fort pour le FN et le Front de gauche de Jean-Luc Mélenchon. Cela dit, ce n'est pas avec l'obligation de vote qu'on fera baisser le score de partis comme le FN. C'est en étant plus efficace.»

« Contraindre à voter, c'est renoncer à convaincre », dénonce le PS Thierry Mandon


 – Porte-parole des députés PS, Thierry Mandon juge qu'il faut reconquérir les électeurs abstentionnistes et non les contraindre à voter. « A regarder les choses de trop près, parfois on s'aveugle, explique le député socialiste de l'Essonne. Election après élection, le taux d'abstention ne fait que progresser et nombreux sont ceux qui déplorent l'incivisme des Français jusqu'à imaginer qu'il soit nécessaire de créer un nouveau délit : le délit de non-vote et les pénalités qui iraient avec.»

« Bien sûr, reconnaît-il, personne ne saurait se réjouir d'une participation électorale de plus en plus basse et donc d'une légitimité des gouvernants qui repose sur une base étroite au moment où les besoins de redressement du pays et les réformes indispensables nécessitent, au contraire, une assise la plus large possible. Mais devant des comportements électoraux aussi répétitifs et massifs, il convient de s'interroger sur les raisons profondes de cette nouvelle volatilité électorale.»

« S'il y a tant d'abstentionnistes, ce n'est pas parce que la passivité démocratique gagne du terrain, mais parce que la colère se fait sourde faute de répondants, martèle Mandon. Ceux qui s'abstiennent, et c'est particulièrement le cas lors de ce premier tour des élections municipales, adressent à tous les élus une pétition silencieuse à ceux qui, à leurs yeux, les ont abandonnés à leurs difficultés. Ils soulignent ainsi les insuffisances de notre vie démocratique qui s'adresse plus à des catégories sociales éduquées et disponibles qu'à eux-mêmes. Dans cette démocratie réduite aux acquêts, ces invisibles ne doivent pas être convoqués mais reconquis. Une démocratie qui renoncerait à le faire s'amputerait elle-même. Contraindre à voter c'est renoncer à convaincre. »

 

« Un problème d'offre politique »

Dans leurs livres, « le Président des riches » et « la Violence des riches », les sociologues Michel et Monique Pinçon-Charlot plaident inlassablement pour le vote obligatoire, couplé au décompte des votes blancs dans les suffrages exprimés (ce qui n'est pas le cas dans la reconnaissance actuelle du vote blanc). A leurs yeux, ces deux changements vont de pair et revaloriseraient profondément notre système démocratique. « Les catégories les plus modestes participent de moins en moins aux élections, explique Monique Pinçon-Charlot. La diversité sociologique n'est quasiment plus représentée dans les deux assemblées parlementaires : 81 % des députés sont issus des catégories socioprofessionnelles supérieures alors que celles-ci ne représentent que 13 % de la population active. Les lois sont faites par des favorisés pour des favorisés. Les classes populaires sont devenues invisibles dans la représentation nationale. Leurs intérêts n'étant plus pris en compte, elles ne votent plus. »

 – Dans les pays où le vote est obligatoire, comme la Belgique, l'abstention est passible d'amendes (rarement appliquées), mais la sociologue n'est pas favorable à une sanction pécuniaire contre les non-votants. « Ce serait inutile, car cette réforme a en soi un potentiel révolutionnaire qui peut changer en profondeur le sens de l'abstention, estime Monique Pinçon-Charlot. L'abstention est un problème d'offre politique dans laquelle on ne se reconnaît pas et elle n'aurait plus de sens si les votes blancs étaient comptés comme suffrages exprimés. Ce serait aussi le meilleur moyen de dégonfler les scores du FN. Celui-ci ne serait plus le réceptacle du vote protestataire. Un vote blanc suffisant à exprimer l'idée que l'offre politique ne convient pas. »

Certes, coupler vote obligatoire et comptage des votes blancs dans les suffrages exprimés supposerait une révision constitutionnelle et l'inscription automatique de tout citoyen sur les listes électorales. « Notre Constitution a déjà été révisée à de nombreuses reprises sous la V e République », plaide la sociologue, qui rappelle que Laurent Fabius lui-même avait déposé, en janvier 2003, une proposition de loi pour rendre le vote obligatoire et reconnaître simultanément le vote blanc. Le texte n'a jamais été mis à l'ordre du jour de l'Assemblée.



 

Monsieur François Bayrou,

 

Je me souviens l’hiver 2003; (Voir l’article sur la proposition du groupe UDF le 30 janvier 2003) le groupe UDF à l’Assemblée nationale dépose une proposition de loi afin d’obtenir l’intégration des bulletins blancs dans les suffrages exprimés. En cette occasion, le député Vignoble, rapporteur, reprend la question que Cartier-Bresson, par l’intermédiaire du Monde, lançait à tout citoyen épris d’indépendance : ‘Où en est-on avec la démocratie ? Je souhaite que l’on explique pour quelles raisons l’idée du vote blanc est impraticable.’ L’UDF, en cet hiver 2003, se voit dépossédée de son initiative mais a ouvert une brèche.

Le fardeau était peut-être trop lourd pour l’UDF, redonner toute sa place à l’électeur. Plus de trois ans après, voilà que votre formation se lance dans la ‘révolution civique’. Et que sort-il de ce chapeau ? Le vote obligatoire !!! L’antithèse du vote blanc. Qu’est-ce qui fait la légitimité du vote blanc ? Le fait que la personne n’était pas obligée de venir dans le bureau de vote et que si elle l’a fait c’est pour montrer que l’enjeu lui tient à coeur mais que les candidats en lice n’en sont pas à la hauteur. Si le vote blanc devient obligatoire, les bulletins blancs seront interprétés comme des ‘votes débarras’ déposés par ceux venus pour ne pas payer l’amende. Finie la possibilité de marquer son attachement au débat de qualité quand cette condition n’est pas respectée lors d’une campagne. Nous préférons la situation actuelle pour le vote blanc à ce vote obligatoire que vous venez de découvrir. Si le vote devient obligatoire, je n’irai plus voter. Et ces jeunes des banlieues que l’on a poussé vers les listes électorales ? C’est le vote encadré par des policiers que vous leur proposez.

‘Un vote blanc, pour moi en tant que photographe, c’est dire noir sur blanc le refus d’être coincé par des choix imposés.’ Cartier-Bresson aurait été triste de lire l’article du journal La Croix le 12 juin annonçant votre combat pour un vote ‘imposé’. Nous sommes tristes à l’Association. Je suis triste. Mais nous ne sommes que des citoyens de base, notre avis ne vous intéresse pas.

Ce que la population rejette, ce sont les hommes politiques qui n’ont pas la force d’être constants dans leurs convictions. M. Bayrou, où en êtes-vous avec la démocratie ? »



 

Vote obligatoire 2014

C'est encore non pour le ministère de l'intérieur
(jusqu'à quand?)
 
La réponse du ministère de l'intérieur à la sénatrice Françoise Laborde (Lire plus bas sa demande) le 25 septembre 2014 est toujours catégorique: il n'est pas question de rendre le vote obligatoire. L'Association pour la reconnaissance du vote blanc est elle-aussi opposée à cette mesure. Mais nous craignons que cette tentation ne séduise finalement le personnel politique en difficulté à cause des mauvaises habitudes prises depuis très longtemps. Le vote obligatoire est une facilité, le vote blanc un effort sur soi-même pour les professionnels de la politique; le premier une sanction vis-à-vis des citoyens, le second une vision ambitieuse de ce que pourrait être la démocratie électorale.
Pour l'instant, voici la réponse du ministère:

"
Le débat sur le vote obligatoire est récurrent, une proposition de loi visant à rendre obligatoire l'exercice du droit de vote ayant en dernier lieu été déposée en ce sens à la présidence du Sénat le 6 juin 2014. À l'exception des élections sénatoriales, le suffrage n'est pas obligatoire en France. Seul son caractère toujours universel, égal et secret est affirmé par l'article 3 de la Constitution. L'exercice du droit de vote est une faculté laissée à l'appréciation des citoyens. Il s'agit d'une tradition républicaine et démocratique française qu'il n'est pas envisagé de remettre en question. En effet, les citoyens ne disposent pas seulement du droit de vote, ils disposent de son corollaire, le droit de s'abstenir de voter, qui constitue une forme de liberté d'expression. Par ailleurs, si certains pays comme la Belgique l'ont adopté, l'instauration du suffrage obligatoire en France soulèverait des difficultés particulières, dans son principe comme pour son application. Les sanctions dont il serait assorti, bien souvent pécuniaires comme prévues par la proposition de loi susvisée, seraient probablement rarement mises en œuvre. Il en va ainsi en Belgique où aucun parquet ne poursuit les citoyens qui n'accomplissent pas leur devoir d'électeur, en raison notamment de l'encombrement des tribunaux. De plus, il apparaît que, dans les pays où le vote est obligatoire, une proportion importante d'électeurs persiste à s'abstenir de voter. Le vote obligatoire ne permet donc pas de résoudre le problème de la non-participation de nombreux citoyens à la vie politique, ce qui conduit certains pays à se poser la question de son maintien (c'est le cas de la Belgique) et d'autres à en décider la suppression (Italie). "

Date de création : 06.08.2006 @ 13:11
Dernière modification : 13.04.2014 @ 12:05
Catégorie : Pour approfondir - Analyses et prises de position
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Approfondissement du domaine du vote
(De quoi s'agit-il ?)


Episode 6: Le vote, une prise de décision (Daniel Gaxie)
Episode 5: Le vote obligatoire, quel progrès ? (Gisèle Jourda, Georges-Louis Bouchez, Charles-Edouard Sénac)
Episode 4 : La légitimité de l'élu face au pouvoir à affirmer de l'électeur (Corinne Lepage, Alexandre Malafaye)
Episode 3: Mieux voter, c'est possible. (Michel Balinski, Irène Inchauspé)
Episode 2: Un autre électeur est-il envisageable pour le XXIè siècle ? (Alain Garrigou, Frédéric Lefebvre)
Episode 1: Vivre et voter sur un territoire (Jean Lassalle, Aurélia Troupel, Sylvain Manternach).

 
Le vote blanc en 2017

Présidentielle

1er tour: 0 944 733 (2,55%)

2nd tour: 4 085 724 (11,52%)


Législatives

1er tour: 11 juin
2nd tour: 18 juin
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Contre le vote obligatoire
« Lorsque les peuples, il y a cinquante ans, élevaient des barricades et renversaient les gouvernements pour obtenir le droit de suffrage, ils auraient cru à une plaisanterie si on leur avait dit que, par un retour imprévu des choses, les souverains voudraient à leur tour mettre à l’amende ou jeter en prison tous ceux qui n’useraient pas du droit conquis ». thèse signée de Francis Sauvage, intitulée De la nature du droit de vote et soutenue en 1903
Version 'personnel politique'
Version 'universitaires'
Notre bibliothèque


Le livre défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Il démontre que cette évolution est indispensable dans une démocratie qui se veut moderne.
Pour l'acheter


Comme le volume 1, ce volume défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Notre république se dit laïque mais c’est une laïcité chrétienne. L’acte électoral est sacralisé et l’électeur profane ne peut y accéder qu’en respectant des formes précises. Le vote blanc qui est une tentative de certains électeurs de s’approprier ce moment démocratique est rejeté parce que sacrilège.
Pour l'acheter

Bulletins blancs

de Olivier Durand

206 pages
 

 Ce livre prend la suite de celui publié en 1999. Il défend la comptabilisation des bulletins blancs comme des suffrages exprimés. Il présente l'évolution politique en France et ce qui se passe à l'étranger. Présentation

Pour l'acheter


  A QUOI BON ALLER VOTER AUJOURD'HUI ?
Sous la direction de Olivier Durand     préface d'André Gerin

Questions contemporaines

ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE

Le vote utile est devenu une panacée pour les professionnels de la politique. Il faut à tout prix dégager un vainqueur. Et tant pis si l'électeur se sent floué. On commente énormément les résultats électoraux mais on étudie rarement le rôle et les motivations de l'électeur entré dans le bureau de vote. C'est tout l'objectif de ce livre : retrouver l'esprit de l'acte électoral

Préface du livre

Couvertures


 LE VOTE BLANC
Pour un suffrage vraiment universel

Olivier Durand
Préface d'Hervé De Charette

Questions contemporaines

Premier livre sur le vote blanc, cet ouvrage se veut avant tout une synthèse engagée. Il défend sans ambiguïté l'idée qu'il faut aujourd'hui donner plus de poids aux individus à l'occasion des consultations électorales en respectant scrupuleusement leur opinion, et donc en intégrant dans la catégorie des suffrages exprimés les bulletins blancs.

ISBN : 2-7384-7628-7 • 1999 • 240 pagesPrix éditeur : 19,85 €    


  La Lucidité

 de José Saramago

Le livre du Prix Nobel Saramago où le vote blanc est le héros.

Saramago, José : La Lucidité  (Livre) - Livres et BD d'occasion - Achat et vente

Lire notre commentaire du livre


   The probability broach

de L. Neil Smith

 The Probability Broach

Science fiction américaine publiée en 1980 dans un monde parallèle où le vote blanc (none of the above) va de soi.

Notre analyse du système démocratique présenté dans le roman:


Long résumé du roman: