Texte à méditer :  

VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

«Un vote blanc, pour moi, en tant que photographe, c'est dire noir sur blanc le refus d'être coincé par des choix imposés.   Il est indispensable que l'on mette à la disposition des électeurs des bulletins de vote blanc et essentiel que ces votes soient comptabilisés et non amalgamés aux votes nuls. Où en est-on avec la démocratie ?   Je souhaite que l'on explique pour quelles raisons l'idée du vote blanc est impraticable. »   Henri Cartier-Bresson Le Monde, 1995

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Prix Crétinerie d'Or

Prix Vote Blanc de la Crétinerie d'Or.
CONCOURS 2017

Le prix honore chaque année des personnalités qui, par la profondeur de leur pensée, la pertinence de leurs remarques, ont réussi à démontrer que le vote blanc n'a pas lieu d'être.
 Voir plus en détails les lauréats et les candidats


Candidats pour 2017

Béatrice Giblin : « Je suis très préoccupée par cet engouement pour le vote blanc. C'est pousser les gens à ne pas essayer de s'engager. C'est au fond une sorte de fuite de ses responsabilités. 'Y en a aucun qui me plait.' Bien sûr puisqu'on est 66 millions et on va avoir in fine à choisir entre deux. Donc on va choisir celui qui va sembler correspondre le plus à nos souhaits. Je suis très hostile à cet engouement sur le vote blanc qui me paraît un peu dangereux. »
François Bujon de L'Estang : « Je comprends et je sympathise. » 9 avril 2017, émission L'esprit public, France Culture.
Béatrice Giblin, géopoliticienne, François Etienne Vladimir Bujon de L'Estang, diplomate français. Deux bourgeois qui, en 1936, se seraient offusqués que les ouvriers aient des congés payés.

"Le risque est grand que, se parant, avec le vote blanc, des atours de la juste expression de la volonté populaire, le peuple soit nu." Anne Levade, juriste, L'Express (si vous avez 1 euro à dépenser), 6 avril 2017.

"Le vote blanc se présente comme un exutoire commode – il n’esquive pas le devoir du vote – à une indécision qui se diffuse. Indécision pour choisir, indécision pour participer." Anne Muxel, politologue du CEVIPOF, Le Monde, 5 avril 2017. Travail à charge. On attend autre chose des universitaires.

"Il revient donc à ceux qui s’abstiennent ou votent blanc pour contester le système, de redoubler d’efforts pour faire vivre la démocratie participative : en s’engageant, par exemple, dans un conseil de quartier ou une association." Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, La Croix, 4 avril 2017
. Mélanger abstention et vote blanc n'est pas sérieux et qui dit que celui qui vote blanc n'est pas très engagé dans sa vie ordinaire ?

"Il y a d'abord le vote blanc rural, qui s'exprime dans les petites communes, où tout le monde se connaît et où il peut être mal perçu de ne pas aller voter. Il recèle donc de l'abstention cachée. Il y a ensuite le vote blanc urbain, dont les utilisateurs sont plus politisés, plus éduqués. Ils délivrent davantage un message politique."  Adélaïde Zulfikarpasic, directrice adjointe de l'institut BVA, L'Express, 29 mars 2017. 15 ans qu'elle répète le même cliché. Les campagnes ont bien changé ces 30 dernières années mais on en reste à une analyse du siècle de La Fontaine !!!

« Je suis toujours un peu sceptique sur ces gens qui estiment que l’offre du moment ne leur va pas. Je ne sais pas si c’est le problème de l’offre ou celui des gens en question." Michel Issindou, député PS, décembre 2016, France Inter .

"Contrairement aux Etats-Unis, la France affiche une volonté d'égalité absolue en matière d'élection. Le suffrage universel est censé y être encore plus pur que l'immaculée conception" Didier Maus, constitutionnaliste anti-vote blanc, 1er novembre 2016, Huffington Post. Quelle égalité absolue quand le principe 1 homme/ 1 voix est bafoué par la non reconnaissance du vote blanc !?

"A quoi servirait la liberté de penser s'il n'est de liberté de choisir. ? D'autant que chez nous, le vote blanc est possible." André Flahaut, ancien ministre PS de la Défense, ancien président de la Chambre, Le Soir, 15 novembre 2016. En Belgique, le bulletin blanc va directement de l'urne à la poubelle. C'est le vote blanc qui donne la liberté de choisir, pas le vote obligatoire.

Une proposition de loi sur le vote blanc en janvier 2016, une autre sur le vote obligatoire un an plus tard (!) - janvier 2017 - qui ne mentionne pas le vote blanc. Tromperie sur la marchandise, travail de sagouin. Stéphane Saint-André, député.

Edition 2016
(pas de prix décerné)

Edition 2015

Le vainqueur est:

LE GROUPE EELV A L'ASSEMBLEE


Même les écologistes, face à des intérêts à court terme -entrer au gouvernement - s'assoient sur leurs convictions:

AVANT: «Nous, élus écologistes, nous continuerons à œuvrer pour la reconnaissance pleine et entière du vote blanc, comme je l’ai déjà dit en commission. » Sergio Coronado (EELV), jeudi 28 novembre 2013, Assemblée nationale.

AUJOURD'HUI: « Certes, les bulletins blancs ne sont toujours pas intégrés aux suffrages exprimés, mais ils sont désormais comptabilisés et communiqués séparément des bulletins nuls lors de la proclamation des résultats.» Proposition de loi du groupe écologiste à l’Assemblée, mars 2015

La réforme électorale du 21 février 2014, jugée très insuffisante par les écologistes pendant les débats au parlement, est considérée suffisante aujourd'hui (!!!).
 

«Je vote blanc, je vote 'rien', je vote nul, je vote 'rien', je m'abstiens, je ne suis pas dans le coup.» François d'Orcival, président du comité éditorial de Valeurs actuelles. Europe 1, 5 mars 2015. L'éditorialiste met dans le même sac ces trois types de réponse à une élection (qui, selon nous ne sont que deux: abstention et vote blanc - bulletins blancs + bulletins nuls) et en conclue qu'il ne faut pas en favoriser une plus que l'autre. Comme le vote blanc a toujours été associé à une abstention, il n'est pas question aujourd'hui de réfléchir à corriger cette anomalie pour donner plus de subtilité à l'acte électoral. Regrettable pour quelqu'un qui se voudrait un 'phare' intellectuel de la presse.

« It would be too complex and feed an unachievable hunger for the perfect candidate.» Tim Sanders, président de la commission électorale pour l'état du Minnesota, février 2015 (cité dans le blog D.C. Clothesline)

 

VAINQUEUR 2014

«Si le menu de la cantine ne te plaît pas, passe de l’autre côté du zinc et cuisine toi-même! Et si tu ne veux pas accepter de prendre des responsabilités, milite pour le système politique le plus exigeant du monde: l’anarchie.» Charb, Charlie Hebdo, 13 décembre 2013.


Voir les autres candidats de l'édition 2014

Lauréat de l'édition 2013:

Pour la première fois, l'Association remet un prix à un collectif. L'UDI a amplement mérité le titre 2013 suite à sa magistrale initiative parlementaire, préparée de longue date et criante de cohérence. Lire le détail de cette candidature.

Lauréat de l'édition 2012: «En tout état de cause, même s'il y avait 40 millions  de votes blancs, il faudrait bien que quelqu'un soit élu.» Guy Carcassonne, constitutionnaliste vénéré, France-Info, 8 mai 2012. 39 999 999 bulletins blancs, un vote X: c'est X qui est élu !!!

Lauréat de l'édition 2011: «Ceux qui souhaitent comptabiliser les bulletins blancs ont une idée derrière la tête : démolir la république et l'Etat, mais sans dire au profit de qui ou de quoi.... » Michel Charasse, clown politique que l'on ne présente plus, La Montagne.fr, 19 août 2011.

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SAUVÉS DE L'OUBLI !

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Le vote blanc en 2017

Présidentielle

1er tour: 0 944 733 (2,55%)

2nd tour: 4 085 724 (11,52%)


Législatives

1er tour: 11 juin
2nd tour: 18 juin
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

caillavet.jpg
 

Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
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Discussion en commission (20 novembre 2013)

 

 

ENVELOPPE VIDE OR NOT ENVELOPPE VIDE ?

Le vote blanc crée la confusion sur les bancs de l’assemblée nationale. Gauche et droite se mélangent. Au mois de février, c’est le secrétaire d’Etat aux relations avec le parlement, Alain Vidalies, qui indiquait qu’il souhaitait que cette mesure soit effective pour les élections municipales. Neuf mois plus tard, les socialistes du palais Bourbon ne semblent pas préoccupés par cette échéance. C’est le centre et l’UMP qui volent à son secours pour une mise en pratique rapide. C’est en effet l’adversaire de droite, François Sauvadet, rapporteur UDI du texte, qui tire la sonnette d’alarme en introduction. Comme le gouvernement a laissé à la formation qu’il représente le soin de recourir à une ‘niche’ parlementaire au lieu de fixer lui-même à l’ordre du jour des débats le texte, on est à une centaine de jours des municipales et on chipote sur des détails. François Sauvadet exprime son désarroi à l’idée de voir ‘sa’ mesure repoussée après le mois de mars et il rejoint en cela le socialiste Alain Vidalies. Il est même prêt à sacrifier l’idée de son ‘regretté’ Guy Carcassonne – l’enveloppe vide comptée comme un bulletin blanc - pour ne pas toucher aux modifications du sénat et faire adopter dès le 28 novembre son texte : « Je préfère une œuvre imparfaite mais qui peut s’appliquer dès l’année prochaine. Personne ne comprendrait, moi le premier, qu’on reporte après les élections, dans la période de tension que nous connaissons, l’expression du vote blanc. » Les socialistes de la commission des lois, eux, sont plus fatalistes. L’ancien ministre de l’intérieur, Daniel Vaillant, dit même que c’est d’ores et déjà cuit parce que les documents pour le dépouillement sont déjà imprimés. Et c’est le politique de droite, l’UMP Guy Geoffroy, qui s’indigne que l’on puisse faire passer le texte en prévoyant la mise en application au 1er avril, ce qui pour lui serait un camouflet adressé aux électeurs ; François Sauvadet avait lui-même insisté sur l’attente fiévreuse des Français pour cette avancée. Guy Geoffroy préfèrerait que la date affichée soit le premier juin, au cas où il y aurait d’autres élections avant (espère-t-il une dissolution ?).

Le président PS de la commission, Jean-Jacques Urvoas, n’abonde pas dans le sens du rapporteur et insiste pour que la question de l’enveloppe vide soit maintenue quitte à une nouvelle lecture au sénat. Il se livre à l’occasion à une vibrante critique de la seconde chambre (voir plus loin). Si le texte ainsi remodifié devait  attendre que l’UDI utilise sa ‘niche’ pour le faire discuter au palais du Luxembourg, il faudrait attendre, selon les dires de F. Sauvadet, aux alentours du 22 février. Le PS semble, avant tout, peu préoccupé qu’une nouvelle forme de protestation (rendue encore plus eunuque qu’avant selon nous et donc inoffensive) puisse être accordée aux électeurs très rapidement. Le socialiste Pascal Popelin ne veut quand même pas trop faire durer la navette et propose que le gouvernement prenne ses responsabilités et n’attendent pas la ‘niche’ parlementaire UDI. Toutefois, commencer aux Européennes lui paraît plus raisonnable (il faudrait donc que ce soit prêt au 1er mai).

 

 

Trois députés UMP disent ce que nous pensons

ON PISSE DANS UN VIOLON ET ON SE MOQUE DE L’ELECTEUR

 

Voici gaillardement résumée la position de quelques représentants de l’UMP lors de cet échange. Le premier, Jean-Frédéric Poisson, est clairement contre le vote blanc. Pour lui, c’est une aberration. Il se contentait  très nettement de la situation actuelle et ne comprend pas que l’on se complique la vie sur des détails qui ne changent rien. Sur ce dernier point, nous l’applaudissons sans réserve : « Faut-il distinguer dans les comptes les bulletins blancs des bulletins nuls ? Pourquoi pas ? J’ai l’impression qu’on est en train d’inventer un système compliqué pour des choses qui ont, à mon avis, un impact démocratique fort limité. Je n’ai pas de position très arrêtée sur ce sujet. A partir du moment où le vote blanc ne remet pas en cause la majorité du suffrage exprimé dans le décompte, on peut faire n’importe comment. Puisque ça ne change pas grand-chose à la pratique de nos institutions, puisqu’elle ne consiste qu’à avoir un décompte plus fin sur l’origine de ces bulletins et leur signification et dans la mesure où ça ne bouleverse en rien nos pratiques, je ne vois pas ce qui peut empêcher la mise en place de ce dispositif avant les municipales. » Son collègue Philippe Houillon, qui n’est peut-être pas contre le vote blanc comme suffrage exprimé, surenchérit : « Je voulais dire mon admiration ébahie face à des tels déploiements de talents et de raisonnements sur un texte qui ne me paraît n’avoir strictement aucun intérêt. Le sujet est : est-ce que les votes blancs sont pris en compte comme des suffrages exprimés ? On ne fait pas ce genre de texte qui est particulièrement hypocrite et qui va être ressenti comme une insulte par ceux qui votent blanc parce que c’est vraiment totalement inutile. »

L’autre UMP a une position plus subtile et plus intéressante pour nous. Guy Geoffroy considère lui aussi qu’on ne change pas grand-chose mais pour regretter que l’on

« Ma première remarque porte sur la portée de la  question. Tout ceci se réduit comme une peau de chagrin et  c’est dommage. Le sujet est : Est-ce que nos concitoyens souhaitent que soit reconnu en tant que tel leur refus de se prononcer en faveur d’un candidat au premier tour ou leur refus de choisir entre deux ou plusieurs candidats au second. Aujourd’hui, on utilise une formule qui est celle des suffrages valablement exprimés. Cela signifie que ceux qui ont mis un bulletins blanc ou un bulletin nul ou qui n’ont pas mis de bulletin sont considérés comme ne s’étant pas valablement exprimés. C’est la formule officielle. C’est un problème. Je suis assez surpris qu’on en arrive à dire : « Le bulletin blanc, c’est le bulletin blanc, il a de la valeur parce qu’il est blanc ; le bulletin – par exemple les deux bulletins des candidats opposés au second tour que l’on met dans l’enveloppe parce qu’on ne veut pas d’eux – ça c’est moins pur », ça me gène mais ce n’est plus le sujet parce qu’on a rétréci la voilure. 

(…) Si au premier tour quelqu’un à 50,01% des suffrages exprimés mais que l’on n’a pas considéré comme suffrages exprimés des votes correspondant à un déplacement d’un électeur –le fait qu’un électeur se déplace aujourd’hui commence à devenir un exploit. Dire à l’électeur qui se déplace que s’il n’a pas le bon goût de mettre dans l’enveloppe le bulletin d’un des candidats qu’il ne s’exprime pas valablement, c’est un peu gênant. Par contre, que cet électeur sache qu’avec 50,01% des suffrages qui aujourd’hui sont considérés comme valablement exprimés on n’a que 49,8% des suffrages qui se sont exprimés y compris par un bulletin ne correspondant à aucun candidat, ça a une autre gueule, excusez-moi l’expression.

 

 

L'ARROSEUR ARROSE

François Sauvadet, encore plus que l'UDI, va sortir avec la gueule de bois de la séance publique du 28 novembre. Il avait déposé en juillet 2012 une proposition de loi réclamant que les bulletins blancs soient des suffrages exprimés. Il avait d'abord dû accepter et prendre à son compte la ruse de sioux de son nouveau chef, Jean-Louis Borloo, c'est à dire se limiter à simplement séparer les bulletins blancs des bulletins nuls, laissant le tout hors de la catégorie des suffrages exprimés. Il parlait avec fierté de cette tactique des petits pas, obtenir un gain limité pour ensuite, d'étapes modestes en étapes raisonnables, arriver au Graal. Mais le PS l'a pris à son propre jeu et le fait tourner en bourrique. En février déjà, la majorité sénatoriale encouragée par le représentant du gouvernement avait retoqué l'idée carcassonnienne qui avait tant plu à François Sauvadet, celle des enveloppes vides comptées comme des bulletins blancs. Le gouvernement laissant l'UDI se débrouiller avec sa niche parlementaire, cette modification ne put revenir devant les députés que ce 28 novembre, moins de trois mois avant les municipales. D'où la panique de François Sauvadet et la colère de l'UDI, voyant leur mesure perdre toute chance de jouer un rôle (!?) dès la prochaine consultation. L'ancien ministre est donc prêt à faire un pas encore plus petit que prévu pour que sa réforme bienfaitrice soit effective dès le 1er mars. Il sacrifie sa chère 'enveloppe vide'. Mais voilà que les députés socialistes lui douchent ses espérances. Ils veulent une petite avancée et non une avancée lilliputienne. Ils vont donc insister sur l'enveloppe vide, voter cet amendement en séance publique le 28 et plonger dans le désarroi leur collègue Sauvadet, et dans l'extrême courroux l'UDI. F. Sauvadet tente le tout pour le tout en commission. Il se tourne vers le président PS Urvoas et avoue qu'il a sacrifié, pour le séduire, l'idée d'un vote blanc devenant suffrage exprimé et qu'en retour il attend de lui un geste, celui de renoncer à cet amendement perfectionniste. Les députés socialistes lui réserveront le 28 le même retour d'ascenseur que celui auquel eut droit François Bayrou aux législatives de 2012.

Est pris qui croyait prendre.

 

 

ON REPARLE DE LEGITIMITE PRESIDENTIELLE

 

La proposition néfaste de l'UDI/PS repassait en commission des lois ce mercredi apès-midi. Les députés ne sont pas contents que les sénateurs n'aient pas accepté que les enveloppes vides soient comptées comme des bulletins blancs. Ils vont sans doute insister sur ce point et renvoyer le texte au sénat ce qui remet en cause la mise en pratique de la mauvaise mesure pour les municipales.

Le débat a prévalu par d'autres considérations. Le député UMP Guy Geoffroy a regretté une avancée qui ne va pas assez loin. Il a même ressorti un fait qui irrite pas mal de monde:

"On peut s'interroger, et certains l'ont fait pour une récente élection présidentielle, sur le fait que l'élu légitime et incontestable du suffrage universel n'a peut-être pas eu la majorité absolue de l'ensemble des suffrages qui se sont exprimés d'une manière ou d'une autre. Ce qui ne pose aucun problème de légalité mais ce qui peut peut-être poser un problème de légitimité. Je ne dis pas ça pour moi, mais c'est dans l'esprit de cartains. Si demain on a un président de la République qui est élu au second tour parce qu'on n'a que deux candidats alors que par rapport à tous les suffrages qui auront été considérés comme exprimés il n'a pas 50%, je pense que les appréciations poseront un certain nombre de difficultés qui aujourd'hui ne sont pas posées."

En effet, François Hollande n'aurait eu que 48,63% des voix si on avait pris en compte les bulletins blancs ou nuls. Comme Jacques Chirac en 1995, il ne décrochait pas la majorité absolue. Le parallèle peut-être utile. Dans les deux cas, on se trouve face à des exécutifs bloqués dès les deux premières années du mandat. Organiser un 3è tour les deux fois aurait-il été plus coûteux pour le pays que des années d'immobilisme ? Que ceux qui ont envie de réfléchir au lieu d'en rester à des réponses sur le vote blanc toutes faites et primaires se donnent la peine de creuser la question.

 

 

LE PRESIDENT DE LA COMMISSION DES LOIS TACLE LE SENAT

 

Pourtant, le sénat a basculé à gauche. Mais aux yeux de Jean-Jacques Urvoas, le fonctionnement de la seconde chambre reste discutable:

"Le texte qui vient du sénat me paraît compliqué. Il va à l'inverse de ce message que nous voulons envoyer. Je connais comme vous la complexité de la composition sénatoriale, je sais que les recherches de compromis sont une oeuvre difficile et que la stabilité sénatoriale s'apparente à la nitroglycérine. Une fois qu'ils arrivent à trouver une position, on considère que plus personne ne doit bouger. C'est donc une nouvelle acceptation de ce que l'on appelle 'la sagesse du sénat'. J'espère que chacun d'entre nous a bien compris ce que les sénateurs veulent nous faire faire. 'Vous voulez voter blanc ? Il faut que vous preniez chez vous un papier blanc, que vous l'ameniez et que vous le mettiez dans l'enveloppe. Sivous mettez une enveloppe vide, c'est un bulletin nul.' "


Date de création : 22.11.2013 @ 00:24
Dernière modification : 25.11.2013 @ 08:23
Catégorie : Pour approfondir - Le monde politique et le vote blanc
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Episode 5: Le vote obligatoire, quel progrès ? (Gisèle Jourda, Georges-Louis Bouchez, Charles-Edouard Sénac)
Episode 4 : La légitimité de l'élu face au pouvoir à affirmer de l'électeur (Corinne Lepage, Alexandre Malafaye)
Episode 3: Mieux voter, c'est possible. (Michel Balinski, Irène Inchauspé)
Episode 2: Un autre électeur est-il envisageable pour le XXIè siècle ? (Alain Garrigou, Frédéric Lefebvre)
Episode 1: Vivre et voter sur un territoire (Jean Lassalle, Aurélia Troupel, Sylvain Manternach).

 
Le vote blanc en 2017

Présidentielle

1er tour: 0 944 733 (2,55%)

2nd tour: 4 085 724 (11,52%)


Législatives

1er tour: 11 juin
2nd tour: 18 juin
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Contre le vote obligatoire
« Lorsque les peuples, il y a cinquante ans, élevaient des barricades et renversaient les gouvernements pour obtenir le droit de suffrage, ils auraient cru à une plaisanterie si on leur avait dit que, par un retour imprévu des choses, les souverains voudraient à leur tour mettre à l’amende ou jeter en prison tous ceux qui n’useraient pas du droit conquis ». thèse signée de Francis Sauvage, intitulée De la nature du droit de vote et soutenue en 1903
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Le livre défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Il démontre que cette évolution est indispensable dans une démocratie qui se veut moderne.
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Comme le volume 1, ce volume défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Notre république se dit laïque mais c’est une laïcité chrétienne. L’acte électoral est sacralisé et l’électeur profane ne peut y accéder qu’en respectant des formes précises. Le vote blanc qui est une tentative de certains électeurs de s’approprier ce moment démocratique est rejeté parce que sacrilège.
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Bulletins blancs

de Olivier Durand

206 pages
 

 Ce livre prend la suite de celui publié en 1999. Il défend la comptabilisation des bulletins blancs comme des suffrages exprimés. Il présente l'évolution politique en France et ce qui se passe à l'étranger. Présentation

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  A QUOI BON ALLER VOTER AUJOURD'HUI ?
Sous la direction de Olivier Durand     préface d'André Gerin

Questions contemporaines

ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE

Le vote utile est devenu une panacée pour les professionnels de la politique. Il faut à tout prix dégager un vainqueur. Et tant pis si l'électeur se sent floué. On commente énormément les résultats électoraux mais on étudie rarement le rôle et les motivations de l'électeur entré dans le bureau de vote. C'est tout l'objectif de ce livre : retrouver l'esprit de l'acte électoral

Préface du livre

Couvertures


 LE VOTE BLANC
Pour un suffrage vraiment universel

Olivier Durand
Préface d'Hervé De Charette

Questions contemporaines

Premier livre sur le vote blanc, cet ouvrage se veut avant tout une synthèse engagée. Il défend sans ambiguïté l'idée qu'il faut aujourd'hui donner plus de poids aux individus à l'occasion des consultations électorales en respectant scrupuleusement leur opinion, et donc en intégrant dans la catégorie des suffrages exprimés les bulletins blancs.

ISBN : 2-7384-7628-7 • 1999 • 240 pagesPrix éditeur : 19,85 €    


  La Lucidité

 de José Saramago

Le livre du Prix Nobel Saramago où le vote blanc est le héros.

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   The probability broach

de L. Neil Smith

 The Probability Broach

Science fiction américaine publiée en 1980 dans un monde parallèle où le vote blanc (none of the above) va de soi.

Notre analyse du système démocratique présenté dans le roman:


Long résumé du roman: