Texte à méditer :  

VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

« Celui qui est convoqué n'a plus à se demander : ‘’Que voulait-on de moi, en m'appelant?' mais bien : ‘’Que veux-je, maintenant que je suis présent à l'appel ?’»   Max Stirner L'Unique et sa Propriété

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Prix Crétinerie d'Or

Prix Vote Blanc de la Crétinerie d'Or.
CONCOURS 2017

Le prix honore chaque année des personnalités qui, par la profondeur de leur pensée, la pertinence de leurs remarques, ont réussi à démontrer que le vote blanc n'a pas lieu d'être.
 Voir plus en détails les lauréats et les candidats


Candidats pour 2017

Béatrice Giblin : « Je suis très préoccupée par cet engouement pour le vote blanc. C'est pousser les gens à ne pas essayer de s'engager. C'est au fond une sorte de fuite de ses responsabilités. 'Y en a aucun qui me plait.' Bien sûr puisqu'on est 66 millions et on va avoir in fine à choisir entre deux. Donc on va choisir celui qui va sembler correspondre le plus à nos souhaits. Je suis très hostile à cet engouement sur le vote blanc qui me paraît un peu dangereux. »
François Bujon de L'Estang : « Je comprends et je sympathise. » 9 avril 2017, émission L'esprit public, France Culture.
Béatrice Giblin, géopoliticienne, François Etienne Vladimir Bujon de L'Estang, diplomate français. Deux bourgeois qui, en 1936, se seraient offusqués que les ouvriers aient des congés payés.

"Le risque est grand que, se parant, avec le vote blanc, des atours de la juste expression de la volonté populaire, le peuple soit nu." Anne Levade, juriste, L'Express (si vous avez 1 euro à dépenser), 6 avril 2017.

"Le vote blanc se présente comme un exutoire commode – il n’esquive pas le devoir du vote – à une indécision qui se diffuse. Indécision pour choisir, indécision pour participer." Anne Muxel, politologue du CEVIPOF, Le Monde, 5 avril 2017. Travail à charge. On attend autre chose des universitaires.

"Il revient donc à ceux qui s’abstiennent ou votent blanc pour contester le système, de redoubler d’efforts pour faire vivre la démocratie participative : en s’engageant, par exemple, dans un conseil de quartier ou une association." Jean-Luc Brunin, évêque du Havre, La Croix, 4 avril 2017
. Mélanger abstention et vote blanc n'est pas sérieux et qui dit que celui qui vote blanc n'est pas très engagé dans sa vie ordinaire ?

"Il y a d'abord le vote blanc rural, qui s'exprime dans les petites communes, où tout le monde se connaît et où il peut être mal perçu de ne pas aller voter. Il recèle donc de l'abstention cachée. Il y a ensuite le vote blanc urbain, dont les utilisateurs sont plus politisés, plus éduqués. Ils délivrent davantage un message politique."  Adélaïde Zulfikarpasic, directrice adjointe de l'institut BVA, L'Express, 29 mars 2017. 15 ans qu'elle répète le même cliché. Les campagnes ont bien changé ces 30 dernières années mais on en reste à une analyse du siècle de La Fontaine !!!

« Je suis toujours un peu sceptique sur ces gens qui estiment que l’offre du moment ne leur va pas. Je ne sais pas si c’est le problème de l’offre ou celui des gens en question." Michel Issindou, député PS, décembre 2016, France Inter .

"Contrairement aux Etats-Unis, la France affiche une volonté d'égalité absolue en matière d'élection. Le suffrage universel est censé y être encore plus pur que l'immaculée conception" Didier Maus, constitutionnaliste anti-vote blanc, 1er novembre 2016, Huffington Post. Quelle égalité absolue quand le principe 1 homme/ 1 voix est bafoué par la non reconnaissance du vote blanc !?

"A quoi servirait la liberté de penser s'il n'est de liberté de choisir. ? D'autant que chez nous, le vote blanc est possible." André Flahaut, ancien ministre PS de la Défense, ancien président de la Chambre, Le Soir, 15 novembre 2016. En Belgique, le bulletin blanc va directement de l'urne à la poubelle. C'est le vote blanc qui donne la liberté de choisir, pas le vote obligatoire.

Une proposition de loi sur le vote blanc en janvier 2016, une autre sur le vote obligatoire un an plus tard (!) - janvier 2017 - qui ne mentionne pas le vote blanc. Tromperie sur la marchandise, travail de sagouin. Stéphane Saint-André, député.

Edition 2016
(pas de prix décerné)

Edition 2015

Le vainqueur est:

LE GROUPE EELV A L'ASSEMBLEE


Même les écologistes, face à des intérêts à court terme -entrer au gouvernement - s'assoient sur leurs convictions:

AVANT: «Nous, élus écologistes, nous continuerons à œuvrer pour la reconnaissance pleine et entière du vote blanc, comme je l’ai déjà dit en commission. » Sergio Coronado (EELV), jeudi 28 novembre 2013, Assemblée nationale.

AUJOURD'HUI: « Certes, les bulletins blancs ne sont toujours pas intégrés aux suffrages exprimés, mais ils sont désormais comptabilisés et communiqués séparément des bulletins nuls lors de la proclamation des résultats.» Proposition de loi du groupe écologiste à l’Assemblée, mars 2015

La réforme électorale du 21 février 2014, jugée très insuffisante par les écologistes pendant les débats au parlement, est considérée suffisante aujourd'hui (!!!).
 

«Je vote blanc, je vote 'rien', je vote nul, je vote 'rien', je m'abstiens, je ne suis pas dans le coup.» François d'Orcival, président du comité éditorial de Valeurs actuelles. Europe 1, 5 mars 2015. L'éditorialiste met dans le même sac ces trois types de réponse à une élection (qui, selon nous ne sont que deux: abstention et vote blanc - bulletins blancs + bulletins nuls) et en conclue qu'il ne faut pas en favoriser une plus que l'autre. Comme le vote blanc a toujours été associé à une abstention, il n'est pas question aujourd'hui de réfléchir à corriger cette anomalie pour donner plus de subtilité à l'acte électoral. Regrettable pour quelqu'un qui se voudrait un 'phare' intellectuel de la presse.

« It would be too complex and feed an unachievable hunger for the perfect candidate.» Tim Sanders, président de la commission électorale pour l'état du Minnesota, février 2015 (cité dans le blog D.C. Clothesline)

 

VAINQUEUR 2014

«Si le menu de la cantine ne te plaît pas, passe de l’autre côté du zinc et cuisine toi-même! Et si tu ne veux pas accepter de prendre des responsabilités, milite pour le système politique le plus exigeant du monde: l’anarchie.» Charb, Charlie Hebdo, 13 décembre 2013.


Voir les autres candidats de l'édition 2014

Lauréat de l'édition 2013:

Pour la première fois, l'Association remet un prix à un collectif. L'UDI a amplement mérité le titre 2013 suite à sa magistrale initiative parlementaire, préparée de longue date et criante de cohérence. Lire le détail de cette candidature.

Lauréat de l'édition 2012: «En tout état de cause, même s'il y avait 40 millions  de votes blancs, il faudrait bien que quelqu'un soit élu.» Guy Carcassonne, constitutionnaliste vénéré, France-Info, 8 mai 2012. 39 999 999 bulletins blancs, un vote X: c'est X qui est élu !!!

Lauréat de l'édition 2011: «Ceux qui souhaitent comptabiliser les bulletins blancs ont une idée derrière la tête : démolir la république et l'Etat, mais sans dire au profit de qui ou de quoi.... » Michel Charasse, clown politique que l'on ne présente plus, La Montagne.fr, 19 août 2011.

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Le vote blanc en 2017

Présidentielle

1er tour: 0 944 733 (2,55%)

2nd tour: 4 085 724 (11,52%)


Législatives

1er tour: 11 juin
2nd tour: 18 juin
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

caillavet.jpg
 

Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
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Le vote blanc sur France Culture

« TROP DE DEMOCRATIE TUE LA DEMOCRATIE » ( !?)

 
 
Décidément, France-Culture s’abonne au vote blanc. Après une émission en août (voir plus bas), en voici une en septembre. Dans une semaine consacrée au ‘blanc’, la quotidienne ‘Les nouvelles vagues’ s’est penchée le lundi 29 septembre sur le vote blanc. Invitée, Anne Muxel, du CEVIPOF. Pas beaucoup d’audace, donc, dans la maison ronde. Au tout début de l’Association, nous étions partis, Michel Dion et moi, à la rencontre d’universitaires. Nous avions pris rendez-vous avec cette Anne Muxel. Elle avait l’air surprise que l’on s’adresse à elle, elle étudiait plus particulièrement le vote des femmes. Aujourd’hui, elle n’a pas décliné l’invitation de France-Culture et pourtant elle n’a pas accordé beaucoup plus de temps à la question du jour. Les chercheurs du CEVIPOF sont ainsi faits.
D’ailleurs, dès le début, elle reconnaît qu’il y a peu eu d’études sur le vote blanc. Les travaux se sont plutôt orientés vers l’abstention, la mobilité électorale ou l’indécision. Marginal dans les études, le vote blanc ne l’est pas dans les urnes, ajoute-t-elle, faisant allusion au score de la présidentielle de 2012.
 
A partir de là, Anne Muxel joue son rôle de CEVIPOF, soit être la voix du ministère de l’intérieur. Pour elle, voter blanc c’est le droit de ne pas choisir (contre le droit de ne pas voter pour l’abstention). Il exprime un malaise, un mécontentement. Ces deux mots peuvent être interprétés de deux façons opposées. Soit on considère que c’est sain, soit on y voit un danger. Anne Muxel se place dans la seconde catégorie. On le comprend déjà quand elle dit que plus il y a de diversité plus les citoyens disent ne pas se reconnaître dans le choix. On est dans la version de l’électeur contradictoire, enfant gâté. Anne Muxel n’évoque jamais l’hypothèse d’un vote blanc qui sanctionne son propre camp et non toute la représentation dans son ensemble ; ne pas choisir quand on a pléthore de candidats peut signifier que l’on n’accorde pas sa voix au premier gadget venu parce qu’on donne un sens à son vote.
 
La journaliste – plutôt pertinente dans ses interventions – relance d’ailleurs l’universitaire sur cet aspect de la question. Elle lui demande si la défiance signifie obligatoirement le fait de ne pas être concerné. Elle continue en ajoutant que l’on a peut-être des citoyens au contraire concernés par la vie politique qui, en votant blanc, disent que c’est parce que ça les intéresse qu’ils manifestent un mécontentement. Anne Muxel concède que la politisation augmente. Selon elle, les citoyens sont plus cyniques, plus méfiants mais ils s’intéressent et prennent parti.
 
La journaliste passe à la réforme électorale de février. Pour Anne Muxel, l’Etat, ainsi, reconnaît qu’il peut y avoir un mécontentement légitime. C’est positif en démocratie de l’admettre. Mais ça peut déboucher selon elle sur des blocages et les institutions n’y sont pas prêtes. Elle parle du Pérou où l’élection est à recommencer si le vote blanc atteint les 2/3 des électeurs ; pour elle, c’est comme un droit de véto. La journaliste insiste sur ce point en disant que ce véto peut être intéressant. Anne Muxel ne dit pas non, mais du bout des lèvres. On peut aller vers plus de démocratie représentative, de démocratie directe. On peut prendre ce risque, continue-t-elle, mais ça peut aboutir à des situations chaotiques. Elle craint même que la démocratie soit en péril et que ça prépare le retour de régimes autoritaires. Ni plus, ni moins. Attention défenseurs du vote blanc, vous faites le lit de la dictature (ceci, c’est moi qui le rajoute). Et c’est là qu’elle lâche la phrase qui j’espère fera tomber les bras à plus d’un : « TROP DE DEMOCRATIE TUE LA DEMOCRATIE ». Dommage que le prix ‘vote blanc’ de la Crétinerie d’Or 2014 ait déjà été décerné ; elle devenait une concurrente très sérieuse. Elle conforte ce propos qu’un ministre de l’intérieur n’oserait prononcer même s’il le pense très fort en disant qu’il faut plus de démocratie sans mettre en péril la démocratie. Il faut se demander jusqu’où on peut tolérer la remise en cause de la représentation démocratique.
 
La journaliste glisse que ça peut se faire sans vouloir faire exploser le système. Anne Muxel n’en disconvient pas mais, elle y tient, c’est un risque. Tout repose donc sur la confiance que l’on a des électeurs. Si ceux-ci se défient du personnel politique, ce dernier le lui rend au quintuple et est soutenu sans ambages par Anne Muxel. Elle approuve le fait que la réforme de février n’ait pas voulu mettre à disposition des votants des bulletins blancs officiels.
Pourtant, quand la journaliste lui demande si on a le profil de l’électeur ‘blanc’, Anne Muxel en fait un portrait plutôt flatteur. Il a un niveau d’éducation élevé et pour lui voter est un devoir de citoyen. Il se plie à la norme démocratique. Que craindre donc de telles personnes sommes-nous tentés de lui demander ? Surtout que c’est un vote intermittent et cet électeur à d’autres consultations vote pour un candidat.
Pour la répartition géographique, Anne Muxel dit qu’elle ne sait pas, parce que jusqu’à présent les ‘blancs’ étaient mélangés aux ‘nuls’ et donc il y avait confusion. [Voir plus haut le vote des grands électeurs] C’est plutôt que le CEVIPOF n’a jamais eu envie de creuser la question. Au moins, elle n’aura pas repris la version Lancelot/Perrineau de l’électeur ‘blanc’ rural cédant à la pression de son environnement.
 
La journaliste n’est toujours pas convaincue par le pessimisme de son invitée et avance que celui qui vote blanc peut ne pas vouloir attenter à la légitimité des représentants mais faire part de son désir profond d’un renouvellement des gens en place. C’est plus une projection vers l’avenir qu’une destruction des institutions. Anne Muxel dit que ce n’est pas un combat pour mettre en place d’autres personnes (sans dire sur quelle étude elle se base). Elle en reste à son incantation. La massification du vote blanc bousculerait beaucoup les institutions mais aussi les comportements, les représentations, les façons d’être. Selon elle, en bonne ministre de l’intérieur potentielle, si on faisait du vote blanc un suffrage exprimé, ce serait sur le pari que celui-ci resterait cantonné à un faible pourcentage. Dans cette hypothèse, il faudrait que par voie juridique et constitutionnelle des situations de contrôle soient mises en place pour éviter la prolifération du vote blanc.
 
L’électeur est donc un personnage foncièrement dangereux. Vive la démocratie !

Ecouter l'émission





 
Le vote blanc sur France Culture (suite)


Les clichés ont la vie dure

L'Atelier du politique

23.08.2014, par Thomas Wieder, Vincent Martigny, le samedi de 18h13 à 18h55

"L'important, c'est de participer" : abstention, vote blanc et participation politique

Emission très classique sur le vote blanc le samedi 23 août. Pas de représentant des défenseurs du vote blanc (nous ne sommes sûrement pas assez policés pour être dignes d'apporter notre contribution) et des invités* n'ayant pas particulièrement travaillé sur la question - où il y a longtemps - mais qui ont des choses à dire. On se serait cru sur les bancs du parlement lors de la navette de l'assemblée au sénat entre novembre 2012 et février 2014. Le vote blanc et l'électeur blanc sont présentés sous un jour favorable puis, quand on arrive à la question de la prise en compte comme suffrage exprimé, patatras ! le rideau se ferme, la réponse est catégorique et négative.

Voilà pourquoi nous avons mis en perspective ce discours de sciences humaines au ras des pâquerettes avec une autre émission de France Culture, qui avait eu lieu la veille (vendredi 22 août): Michel Onfray répondant à des questions à l'université populaire qu'il a créée. Il ne parle pas de vote blanc mais de démocratie représentative et des votations en Suisse. C'est nettement plus enrichissant que la resucée de l'argumentation du ministère de l'intérieur que nous a servie le samedi la station de Radio France.


* Céline Braconnier, politologue spécialiste de l'abstention des 'mal inscrits'; Adélaïde Zulfikarpasic,responsable de sondages et ayant écrit un article au début de ce siècle sur le vote blanc dans Revue française de science politique; Jean-Luc Laurent, député et président du MRC, micro-parti créé par Jean_Pierre Chevénement.
 



 
Aujourd'hui, il n'est plus de bon ton de porter un jugement négatif sur le vote blanc et sur l'électeur qui recourt à lui. Puisque pour mieux lui tordre le cou on veut lui faire croire qu'on le valorise en le séparant de l'immonde vote nul, il faut le louer. Alors que pendant longtemps le citoyen qui votait blanc était quelqu'un qui n'avait pas de courage, un indécis, un paysan craquant sous la pression de son entourage, voilà qu'il a gagné maintenant du galon.
Adélaïde Zulfikarpasic nous en brosse un portrait très flatteur:
"Il existe deux types d’abstention : l’abstention d’indifférence, de retrait par rapport à la vie politique d’un côté, la marque de la volonté de manifester quelque chose de l’autre. En ce sens, le vote blanc se rapproche de cette seconde forme d’abstention.  Quand on s’intéresse au profil des personnes qui votent blanc, et à celui des abstentionnistes ‘indifférents’, on constate qu’ils sont assez différents. Dans le cas de ceux qui votent blanc on a des personnes plus diplômées, plus intégrées socialement, qui s’intéressent plus à la vie politique et qui sont plus exigeants. De ce fait, ils éprouvent le besoin d’aller voter, d’exercer leur devoir et leur droit de vote mais par le vote blanc ils souhaitent exprimer quelque chose, un malaise, un mécontentement, une insatisfaction à l’égard de la vie politique." (On se demande du coup pourquoi Paris a toujours des pourcentages de bulletins blancs ridiculement bas. La réalité est plus complexe. Voir notre analyse).


De cette présentation on pourrait conclure que ce sont des gens responsables, réfléchis, à la saine colère. On se met à rêver que ce personnage positif puisse espérer obtenir une entière reconnaissance de son vote blanc quand la jeune sociologue Céline Braconnier taille un short à la réforme du Code électoral du 21 février qui officialise la séparation entre bulletins blancs et bulletins nuls tout en le laissant hors d'atteinte d'un vrai pouvoir d'expression (Lire ce que nous pensons de cette foutaise). Le journaliste lui demande si un mouvement de bascule de l’abstention vers le vote blanc est quelque chose d’envisageable. Elle répond:
"Je n’y crois pas un instant. Cette avancée ne me paraît pas en être une parce qu’elle revient par exemple à comptabiliser du côté du vote blanc une enveloppe vide ou une enveloppe avec un papier blanc alors qu’une enveloppe sur laquelle on aura écrit un message est un vote nul. C’est une forme d’interprétation imposée par une réforme qui ne change rien à la donne puisque le vote blanc n’est toujours pas comptabilisé comme un suffrage exprimé. Et on sait très bien que la sociologie de l’abstention n’est pas la même que la sociologie du vote blanc. Il n’y a pas eu une explosion du vote blanc aux élections européennes ni de baisse de l’abstention. On se stabilise à des niveaux très élevés d’abstention en France pour les Européennes et cette petite réformette n’a rien changé à la chose."
Nous-mêmes avons toujours dit que le vote blanc n'a pas vocation a faire baisser l'abstention ou le Front National, que ce soit aux européennes ou à des présidentielles. En accord avec l'universitaire, nous attendons qu'à la question sur l'admission dans la catégorie des suffrages exprimés nos experts se prononcent, même avec précaution, favorablement.

Et bien non. C'est Adélaïde Zulfikarpasic qui répond à cette question: "Si on pousse la logique jusqu’au bout et qu’on reconnaît le vote blanc comme un suffrage exprimé, on pourrait risquer une véritable remise en cause de nos institutions et de notre démocratie. Je prends un exemple concret: en 1995, au second tour de la présidentielle, il y a eu environ 6% de bulletins blancs. C’était assez considérable. Si on s’était amusé [sic!] à compter le vote blanc comme un suffrage exprimé, Jacques Chirac n’aurait pas atteint la majorité absolue. Ca questionne sur notre système électoral et sur la légitimité de l’acte de voter." Quel galimatias !
Quelle légitimité une majorité absolue mal acquise peut-elle apporter ? Celle de Jacques Chirac foirant sa dissolution deux ans après son élection suite à la paralysie du pays au moment de faire passer une réforme impopulaire ? Celle de François Hollande en 2012 descendant au troisième sous-sol de la popularité à mi-mandat ? Cela ne nous aurait pas gêné que soit organisé un troisième tour en 1995 et 2002. Le pays n'aurait pas été ruiné pour cela et aurait peut-être évité tous ces errements qui finalement lui coûtent cher. Quel sens donner aux dernières paroles prononcées ici par le produit du CEVIPOF ? " Quel questionnement sur notre 'système électoral', sur la 'légitimité de voter' est-il engagé ? Le vote blanc devenu suffrage exprimé mettrait en danger le système électoral et la légitimité de voter !!! Aussi spécieux que les chars soviétiques sur les Champs-Elysées en cas d'élection de François Mitterrand en 1981 !!!

A la recherche d'oxygène, nous nous sommes précipités sur la séance de réponse aux questions de Michel Onfray à l'université populaire d'Argentan retransmise sur le même France-Culture 24 heures plus tôt. Si la contrainte d'une majorité absolue pour être élu président de la république rend compliquée la victoire d'un candidat, à cause du vote blanc, autant supprimer cette contrainte que censurer ledit vote blanc. C'est là que Michel Onfray intervient:
"Le pouvoir n’est pas l’affaire d’un seul homme, c’est l’affaire de tous. Un seul homme peut représenter mais il n’a pas statut de Dieu sur terre. Représenter, ça veut dire ‘on te donne le pouvoir, tu es mandaté. Mais ce mandat, si tu ne le respectes pas, on te le reprend ; pas dans cinq ans mais immédiatement. Un autre va prendre ta place pour parler pour nous.’ (…) La crise de représentativité fait que notre démocratie est extrêmement chancelante et peut-être même effondrée parce qu’elle a été construite par des gens qui croyaient qu’il fallait faire, un peu à la Corneille, avec les hommes tels qu’ils devraient être alors qu’il aurait fallu être un peu plus Racinien en considérant qu’il fallait composer avec les hommes tels qu’ils étaient. Et se dire que la Vè République ça marche avec le général De Gaulle mais ça ne marche pas pour les autres." Nous, nous disons: il ne faut pas plier le peuple pour atteindre des objectifs irréels mais utiliser l'énergie du peuple au moment du vote, que cela plaise ou pas, pour donner une dynamique au pays.
Quand il parle de la pratique électorale en Suisse, Michel Onfray dit: "Nous on aime la démocratie, sauf quand c’est en Suisse. On aime le peuple, mais il faut qu’il pense comme on pense dans le Nouvel Obs, dans Télérama. Si le peuple pense bien, le peuple c’est bien mais si le peuple pense mal alors c’est pas bien, on change de peuple."

Michel Onfray fustige les professionnels de la politique. Un d'entre eux était présent au micro de France-Culture le 23 août: Jean-Luc Laurent, président du MRC (!), micro-parti qui avait appelé au non vote pour les élections européennes. Il est bien sûr contre l'accession du vote blanc à la catégorie des suffrages exprimés mais quand il veut dire pourquoi, il oublie la question et part dans un cri de victoire sur la stratégie de vote de sa formation et s'attribue le fort taux d'abstention: "La reconnaissance des votes blancs en les tenant à l’écart des suffrages exprimés est le bon équilibre. Ce qui compte, c’est le civisme. Les partis politiques ont pour vocation de présenter des candidats aux élections, à mobiliser leurs électeurs autour de projets. Or, le problème aujourd’hui c’est qu’on a une perte de sens. A l’élection européenne il y a eu une mascarade qui a fait croire aux citoyens qu’il allait y avoir un affrontement droite-gauche. Même le Front de Gauche y a participé avec le candidat à la présidence de l’Union. On a vu qu’à l’arrivée il y a une grande coalition européenne qui s’est constituée sur la base de ce qui se fait en Allemagne. Ca a été un grand mensonge et beaucoup d’électeurs n’ont pas été dupes." Hors-sujet révélateur, comme il y a des lapsus de la même catégorie. LE PEUPLE, ON S'EN FOUT ! Et le vote blanc c'est un truc qui nous emmerde, nous les professionnels de la politique. "Les élites n’aiment pas le peuple, les philosophes n’aiment pas le peuple, les politiciens professionnels n’aiment pas le peuple. Ils aiment le pouvoir qu’ils ont sur le peuple." dit Michel Onfray sur France-Culture le 22 août.

Pour nous, à l'Association pour la reconnaissance du vote blanc, le vote blanc peut être un moyen pour le citoyen de rappeler à notre élite le primat de l'électeur sur les appareils politiques. Il pourrait être - prenons le temps de rêver - un médiocricide*, un tueur de médiocrité, médiocrité des campagnes électorales sans convictions, tueur de candidats aux programmes vides et aux dents longues. On se rapprocherait de la tradition anglo-saxonne qui intime presque l'ordre aux sujets de chasser le dirigeant s'il devient un tyran. Le vote blanc comme vote de révocation le jour où ce serait nécessaire.


* Michel Onfray regrette les dissolutions conçues par le général De Gaulle qui devaient être "régicides" selon le philosophe normand. "c’était pour le peuple la possibilité d’être régicide, de faire tomber la tête du roi et évidemment le roi présentait sa démission. (…) A plusieurs reprises, les successeurs du général De Gaulle ont perdu les législatives mais ont dit : ‘Je perds, je reste.’ "
Contre-histoire de la philosophie - Saison 12 : La pensée post-nazie


 

 

Date de création : 25.08.2014 @ 00:24
Catégorie : Pour approfondir - Analyses et prises de position
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Approfondissement du domaine du vote
(De quoi s'agit-il ?)


Episode 6: Le vote, une prise de décision (Daniel Gaxie)
Episode 5: Le vote obligatoire, quel progrès ? (Gisèle Jourda, Georges-Louis Bouchez, Charles-Edouard Sénac)
Episode 4 : La légitimité de l'élu face au pouvoir à affirmer de l'électeur (Corinne Lepage, Alexandre Malafaye)
Episode 3: Mieux voter, c'est possible. (Michel Balinski, Irène Inchauspé)
Episode 2: Un autre électeur est-il envisageable pour le XXIè siècle ? (Alain Garrigou, Frédéric Lefebvre)
Episode 1: Vivre et voter sur un territoire (Jean Lassalle, Aurélia Troupel, Sylvain Manternach).

 
Le vote blanc en 2017

Présidentielle

1er tour: 0 944 733 (2,55%)

2nd tour: 4 085 724 (11,52%)


Législatives

1er tour: 11 juin
2nd tour: 18 juin
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Contre le vote obligatoire
« Lorsque les peuples, il y a cinquante ans, élevaient des barricades et renversaient les gouvernements pour obtenir le droit de suffrage, ils auraient cru à une plaisanterie si on leur avait dit que, par un retour imprévu des choses, les souverains voudraient à leur tour mettre à l’amende ou jeter en prison tous ceux qui n’useraient pas du droit conquis ». thèse signée de Francis Sauvage, intitulée De la nature du droit de vote et soutenue en 1903
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Version 'universitaires'
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Le livre défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Il démontre que cette évolution est indispensable dans une démocratie qui se veut moderne.
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Comme le volume 1, ce volume défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Notre république se dit laïque mais c’est une laïcité chrétienne. L’acte électoral est sacralisé et l’électeur profane ne peut y accéder qu’en respectant des formes précises. Le vote blanc qui est une tentative de certains électeurs de s’approprier ce moment démocratique est rejeté parce que sacrilège.
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Bulletins blancs

de Olivier Durand

206 pages
 

 Ce livre prend la suite de celui publié en 1999. Il défend la comptabilisation des bulletins blancs comme des suffrages exprimés. Il présente l'évolution politique en France et ce qui se passe à l'étranger. Présentation

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  A QUOI BON ALLER VOTER AUJOURD'HUI ?
Sous la direction de Olivier Durand     préface d'André Gerin

Questions contemporaines

ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE

Le vote utile est devenu une panacée pour les professionnels de la politique. Il faut à tout prix dégager un vainqueur. Et tant pis si l'électeur se sent floué. On commente énormément les résultats électoraux mais on étudie rarement le rôle et les motivations de l'électeur entré dans le bureau de vote. C'est tout l'objectif de ce livre : retrouver l'esprit de l'acte électoral

Préface du livre

Couvertures


 LE VOTE BLANC
Pour un suffrage vraiment universel

Olivier Durand
Préface d'Hervé De Charette

Questions contemporaines

Premier livre sur le vote blanc, cet ouvrage se veut avant tout une synthèse engagée. Il défend sans ambiguïté l'idée qu'il faut aujourd'hui donner plus de poids aux individus à l'occasion des consultations électorales en respectant scrupuleusement leur opinion, et donc en intégrant dans la catégorie des suffrages exprimés les bulletins blancs.

ISBN : 2-7384-7628-7 • 1999 • 240 pagesPrix éditeur : 19,85 €    


  La Lucidité

 de José Saramago

Le livre du Prix Nobel Saramago où le vote blanc est le héros.

Saramago, José : La Lucidité  (Livre) - Livres et BD d'occasion - Achat et vente

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   The probability broach

de L. Neil Smith

 The Probability Broach

Science fiction américaine publiée en 1980 dans un monde parallèle où le vote blanc (none of the above) va de soi.

Notre analyse du système démocratique présenté dans le roman:


Long résumé du roman: