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Texte à méditer :  

VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

« Un homme, une voix. L’équation simple s’impose à nous avec la force de l’évidence. L’égalité devant l’urne électorale est pour nous la condition première de la démocratie, la forme la plus élémentaire de l’égalité, la base la plus indiscutable du droit. »   Pierre Rosanvallon (Le sacre du citoyen)


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Prix Crétinerie d'Or

Prix Vote Blanc de la Crétinerie d'Or.


Le prix honore chaque année des personnalités qui, par la profondeur de leur pensée, la pertinence de leurs remarques, ont réussi à démontrer que le vote blanc n'a pas lieu d'être.
 Voir plus en détails les lauréats et les candidats


EDITION 2019

Premier candidat: Laurent Joffrin. " Que veulent-ils ? Dans quel sens amender l’action gouvernementale pour les écouter ? Mystère. Un bulletin blanc est un bulletin muet. Quand on ne dit rien, peut-on obtenir quelque chose ? " Libération 10 janvier 2019
Deuxième candidat: Jean-Louis Bourlanges, député MoDem: "La popularité croissante du vote blanc est significative de la puissance grandissante de deux pulsions psychosociales à l'oeuvre dans notre pays: l'égocentrisme et le négativisme" L'Obs, 17 janvier 2019.
Troisième candidate, une candidate ! Julia de Funes (philosophe): « Descartes se trompait en disant "Cogito ergo sum " En France, c’est " Deploro ergo sum " ». FigaroLive, 12 février 2019.
Quatrième candidat. Olivier Duhamel (politologue): Les bulletins nuls sont le vote des "alcooliques graves". FigaroLive, 12 février 2019.
Cinquième candidat. Philippe Moreau-Chevrolet (communicant): " Institutionnaliser le vote blanc revient à dire que l'on va voter pour ce que l'on croit vraiment, c'est-à-dire pour rien." RTL, 3 mars 2019
Sixième candidat: Eric Ciotti, député LR. Le vote blanc, "est-ce que ça va apporter du pouvoir d'achat à ceux qui en manquent ?", RTL 10 mars 2019. Est-ce que le droit de voter accordé aux femmes a-t-il augmenté le pouvoir d'achat de qui que ce soit. Les "Gilets jaunes" n'ont pas simplement demandé plus de pouvoir d'achat mais aussi d'être entendus.


EDITION 2018

Lauréat: Richard Ferrand. "Le vote blanc pourrait être un mouvement de dévoiement de la démocratie où tous les ronchons de la terre pourraient venir tout simplement s'opposer à tout et faire vivre leur insatisfaction perpétuelle. Ne souhaitons pas cela à notre démocratie et à nos citoyens. Ne les incitons pas démissionner ou à nier au fond la capacité à choisir, faisons-en plutôt des candidats." Les électeurs  sont, pour celui qui depuis est devenu président de l'Assemblée, de mauvais citoyens, des aigris, des déserteurs, des frustrés qu'il faut éduquer.
 

Edition 2017

Lauréat collectif. C'est le slogan "Voter blanc, c'est voter Le Pen" de l'entre-deux-tours de la présidentielle.

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« S’abstenir ou voter blanc, c’est voter pour Marine Le Pen » Manuel Valls BFM.TV 27 avril 2017
« C'est très grave de voter blanc. » Jean-Pierre Raffarin BFM TV
« S’abstenir ou voter blanc, c’est voter le Pen. » François Bayrou BFM TV 24 avril 2017
« L'abstention ou le vote blanc, c'est un coup de pouce à Mme (Marine) Le Pen », Alain Juppé sur son blog intitulé "Non!".
« Voter ni Macron, ni Le Pen, c’est voter Le Pen » Jean-Christophe Cambadelis 27 avril 2017

Non Messieurs, voter blanc, c'est voter en conscience, pour des convictions, ici contraires autant à celles de Marine Le Pen qu'à celles d'Emmanuel Macron. Pointer du doigt des électeurs en caricaturant leur vote c'est rendre un mauvais service et accélérer le processus que l'on dit combattre.

 

Edition 2016
(pas de prix décerné)

Edition 2015

Le vainqueur est:

LE GROUPE EELV A L'ASSEMBLEE


Même les écologistes, face à des intérêts à court terme -entrer au gouvernement - s'assoient sur leurs convictions:

AVANT: «Nous, élus écologistes, nous continuerons à œuvrer pour la reconnaissance pleine et entière du vote blanc, comme je l’ai déjà dit en commission. » Sergio Coronado (EELV), jeudi 28 novembre 2013, Assemblée nationale.

AUJOURD'HUI: « Certes, les bulletins blancs ne sont toujours pas intégrés aux suffrages exprimés, mais ils sont désormais comptabilisés et communiqués séparément des bulletins nuls lors de la proclamation des résultats.» Proposition de loi du groupe écologiste à l’Assemblée, mars 2015

La réforme électorale du 21 février 2014, jugée très insuffisante par les écologistes pendant les débats au parlement, est considérée suffisante aujourd'hui (!!!).

 

VAINQUEUR 2014

«Si le menu de la cantine ne te plaît pas, passe de l’autre côté du zinc et cuisine toi-même! Et si tu ne veux pas accepter de prendre des responsabilités, milite pour le système politique le plus exigeant du monde: l’anarchie.» Charb, Charlie Hebdo, 13 décembre 2013.


Voir les autres candidats de l'édition 2014

Lauréat de l'édition 2013:

Pour la première fois, l'Association remet un prix à un collectif. L'UDI a amplement mérité le titre 2013 suite à sa magistrale initiative parlementaire, préparée de longue date et criante de cohérence. Lire le détail de cette candidature.

Lauréat de l'édition 2012: «En tout état de cause, même s'il y avait 40 millions  de votes blancs, il faudrait bien que quelqu'un soit élu.» Guy Carcassonne, constitutionnaliste vénéré, France-Info, 8 mai 2012. 39 999 999 bulletins blancs, un vote X: c'est X qui est élu !!!

Lauréat de l'édition 2011: «Ceux qui souhaitent comptabiliser les bulletins blancs ont une idée derrière la tête : démolir la république et l'Etat, mais sans dire au profit de qui ou de quoi.... » Michel Charasse, clown politique que l'on ne présente plus, La Montagne.fr, 19 août 2011.

Le vote blanc en 2019

Européenne

26 mai: 1 076 833 (4,5%)

Rappel

Européennes 2014
792 132 blancs et nuls (4,1%)
Présidentielle 2017

1er tour: 0 944 733 (2,55%)
2nd tour: 4 085 724 (11,52%)

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

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Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
Lire les propositions de loi

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Episode 1 de la collection sonore « Expression, vote blanc ».

DEFENDRE LE VOTE BLANC DANS L’OPPOSITION





Le 27 mars 2018 : Xavier Breton, député LR de l’Ain

Olivier Durand. « Expression, vote blanc », c’est la nouvelle série d’enregistrements que nous réalisons avec le think tank Synopia autour de la question de la modernisation de la vie électorale vue sous l’angle du vote blanc. Nous commençons avec le député Xavier Breton du parti Les Républicains qui est, depuis le mois de juillet 2017, le plus engagé à l’Assemblée pour porter la question du vote blanc. C’est l’occasion de voir avec lui ce que sous-tendent ses initiatives et comment on peut agir quand on est dans l’opposition pour faire avancer cette question.

Xavier Breton, je commence tout de suite par votre action du mois de juillet, dès le premier projet de loi présenté à l’Assemblée, intitulé « Retrouver la confiance en l’action publique ». Il s’agissait de trouver des mesures en faveur du statut de l’électeur. Vous avez été nombreux, dans les différents partis d’opposition, à proposer des amendements autour du question du vote blanc. Pour votre part, vous déposiez un amendement, avec le député LR Patrick Hetzel, sur le fait d’intégrer le vote blanc lors du calcul du seuil à atteindre pour obtenir le remboursement des frais de campagne. Pendant ce temps, d’autres de vos collègues LR, emmenés par Damien Abad, présentaient un amendement pour le vote obligatoire et le vote blanc reconnu comme un suffrage exprimé et demandant que des études soient réalisées sur le vote blanc. Enfin, toujours en ce mois de juillet, des Républicains ‘Constructifs’, sous l’impulsion de Philippe Vigier, déposaient un amendement concentré uniquement sur la reconnaissance dans la rubrique des suffrages exprimés du vote blanc qui pourrait entraîner un nouveau tour d’élection s’il dépassait la moitié des suffrages.
Pouvez-vous nous retracer ce mois de juillet foisonnant autour du vote blanc et préciser votre position par rapport à vos collègues de la même mouvance ?

Xavier Breton. Effectivement, le premier texte de cette nouvelle législature portait à l’origine sur la moralisation de la vie politique puis cela s’est transformé en « confiance », ce qui correspondait mieux à l’esprit du texte. Nous sommes un certain nombre à penser que le vote blanc est un des vecteurs qui permettraient de rapprocher nos concitoyens des élus et du fonctionnement de notre démocratie en redonnant de la confiance. Vous faisiez référence aux groupes parlementaires. Je ne pense pas que ce soit un sujet qui puisse être approprié, revendiqué par un seul groupe. A l’intérieur des groupes, on trouve des opinions très différentes. Ca ne révèle pas un clivage droite-gauche ou conservateur-progressiste comme on pourrait l’avoir sur d’autres sujets. Il y a des sensibilités différentes.

Vous faisiez référence à juste titre à différents amendements présentés, parce que, lorsqu’arrive un texte, on cherche tous les moyens pour pouvoir ouvrir un débat quand on souhaite en lancer un. Toutes les opportunités sont à saisir. On peut intégrer le vote blanc au calcul des dotations à donner aux partis politiques. Ca peut être une fenêtre de tir parce que c’est tout un mécanisme qui se déclenche à partir des résultats d’une élection, il faut que les bulletins blancs fassent aussi partie de la base de ce calcul. On ne peut pas les évacuer comme ça. D’autres collègues avaient choisi d’autres moyens. Il n’y en a pas un qui serait privilégié. La preuve, c’est que pour tous ces amendements on se retrouve avec un avis défavorable du gouvernement, des gouvernements successifs, même. On voit bien que c’est une position qui est fermement maintenue par les différents ministères qui sont concernés par ce sujet.
Ce que nous cherchons à faire, c’est à ouvrir le débat chaque fois que c’est possible, de telle façon que cette question du vote blanc ne soit pas oubliée et reste toujours au cœur de la réflexion sur le fonctionnement de notre démocratie.


Olivier Durand. Si je faisais preuve d’un peu de mauvais esprit, je rappellerais l’impression que j’avais eu au mois de juillet, celle d’une opposition qui est juste dans son rôle traditionnel de mettre mal à l’aise la nouvelle majorité qui débute, qui n’est pas encore trop bien en place, en lui soumettant des sujets sur lesquels elle n’a pas réfléchi parce qu’ils sont tout frais. On est à ce moment dans un débat sur le statut de l’élu alors que, pour nous, à l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, le vote blanc oblige à une réflexion sur le statut de l’électeur. Et cela fait très longtemps que personne l’on n’y a plus réfléchi. On s’attendait à ce que la majorité vous renvoie en touche – et elle aurait eu raison de le faire – comme cela l’avait été au Sénat par des gens plus avertis, quand la commission des lois avait qualifié l’amendement d’un sénateur écologiste de cavalier législatif, c’est-à-dire hors sujet. On avait l’impression que l’opposition s’amusait à mettre inutilement sur le grill la majorité.

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Xavier Breton. Il faut être bien clair. Sur un sujet comme celui-là, il n’y a pas d’intentions malignes au sens de vouloir tendre un piège. Le but était simplement d’ouvrir le débat. La preuve, c’est que lorsque j’ai défendu l’amendement en séance, une ouverture a été faite par la rapporteure qui dit que l’on pourrait travailler au sein de la commission des lois avec une mission d’information sur le vote blanc. Membre moi-même de cette commission, j’ai fait par la suite cette demande en vue de la révision de la constitution à venir. La vraie échéance est celle de la révision institutionnelle qui s’annonce. La question du vote blanc doit être complètement liée à la question de la représentation à la proportionnelle, de la diminution du nombre de parlementaires… Dans ce cadre, c’était des amendements d’appel pour dire « Ouvrons le débat, soyez prévenus que cela va être un des sujets importants. »

Sur les questions de tactique politicienne, la seule chose qui change entre l’opposition et la majorité, c’est le moment du vote. Dans la majorité, pour ne pas mettre en difficulté son groupe parlementaire, le gouvernement, on retire l’amendement. L’opposition, elle, va jusqu’au bout pour obliger la majorité à voter contre. Si cet aspect-là relève de la tactique, par contre, sur la présentation même de l’amendement, on est sur un positionnement de fond. Pour être honnête, il faut que je dise que j’ai évolué sur la question du vote blanc. Je l’ai fait en deux étapes : la première a été lors d’une mission d’information faite autour du président de l’Assemblée nationale de la précédente magistrature, Claude Bartolone, suite aux attentats. Le Président de la République et le Premier ministre de l’époque avaient chargé les présidents des Chambres une réflexion sur l’appartenance républicaine. Dans le cadre de cette mission, Claude Bartolone avait souhaité soumettre l’idée du vote obligatoire, appelant implicitement la reconnaissance du vote blanc. On avait eu des débats qui m’avaient éclairé sur ce lien citoyen qui peut exister dans le vote blanc, sur cette démarche citoyenne qu’il suppose, contrairement à ce qui peut être dit. La seconde étape a été franchie en voyant l’évolution de l’offre politique, en 2017 mais aussi avant, qui montre qu’il y a un problème politique dans notre pays et que le vote blanc est une manière concrète de participer à la vie du pays en ne se reconnaissant pas dans l’offre politique et en se mettant en dehors. J’ai pu voir autour de moi des témoignages qui m’ont aidé à cheminer sur ce sujet-là.


Olivier Durand. Vous avez insisté par la suite puisqu’en février 2018 vous avez à nouveau déposé un amendement à l’occasion d’un projet de loi portant sur l’élection des représentants au parlement européen et cette fois-ci, dans l’exposé des motifs, vous insistez sur les scores élevés de l’abstention. Cela rejoint les préoccupations du groupe de travail Bartolone qui, dans son rapport final, se tourne vers le vote obligatoire. On a dit que Damien Abad, de votre groupe parlementaire est lui aussi favorable au vote obligatoire. Vous parlez donc de votre inquiétude face à l’abstention qui régulièrement augmente, vous dites qu’il faudrait y répondre par un vote blanc reconnu comme un vrai suffrage exprimé, mais vous ne vous portez pas vers le vote obligatoire. Pour notre part, à l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, on ne considère pas que le vote blanc fera baisser l’abstention. Il s’agit plus de permettre à l’électeur de pouvoir voter en conscience et de ne pas l’obliger à un choix forcé. Et on est contre le vote obligatoire parce que celui-ci rendrait complètement insipide le vote blanc puisqu’il serait toujours facile pour ses détracteurs de dire que ceux qui ont voté blanc sont ceux qui ne seraient pas venus s’ils n’avaient pas eu la peur de la sanction. Il perdrait toute signification autonome. Comment vous placez-vous finalement ?

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Xavier Breton. J’ai, tout d’abord, comme je l’ai expliqué précédemment, profité de l’opportunité qu’offrait le projet de loi sur le changement de scrutin pour les élections européennes pour remettre sur la table la question du vote blanc, dans l’attente de la révision institutionnelle.

Sur le lien entre vote blanc et vote obligatoire à présent : ceux qui défendent le vote obligatoire sont le plus souvent, de manière automatique, favorables à la reconnaissance du vote blanc. Il est très difficile d’être d’un côté pour le vote obligatoire et, d’un autre, dire que l’on ne veut pas du vote blanc. Cela obligerait les citoyens à choisir un candidat. Pour ma part - et je ne dis pas cela pour vous faire plaisir - je suis contre le vote obligatoire. Je réfléchis sur le sujet parce que l’on ne peut pas se satisfaire de l’évolution de l’abstention et je pense qu’il faut rappeler que voter est un droit mais aussi surtout un devoir. Il y a bien les deux et ce sont des droits pour lesquels des générations se sont battues et, dans d’autres pays, des citoyens se battent encore pour cela. Quand un droit est reconnu, cela devient un devoir de l’exercer. J’entends ceux qui défendent le vote obligatoire mais je n’y suis pas favorable. Je crois encore dans la possibilité pour notre démocratie de rebondir et de ramener à elle les électeurs. C’est vrai que dans la présentation de l’amendement pour les élections au parlement européen l’argumentation sur l’abstention avait pour objectif de contextualiser le problème de cette consultation électorale. Très clairement, l’offre politique ne convient pas et il faut donc offrir à ceux qui veulent faire la démarche citoyenne de vote, de manière volontaire, la possibilité de dire qu’ils ne se reconnaissent pas dans les différentes listes. Mais je suis d’accord avec vous pour dire que l’on ne peut pas résumer l’intérêt de défendre le vote blanc à la volonté de faire baisser l’abstention.


Olivier Durand. Vous avez aussi posé une question au ministère de l’Intérieur. Vous avez reçu la réponse que nous avions obtenue quelques mois plus tôt. On constate que le ministère, depuis plusieurs gouvernements, devient de plus en plus technique dans ses réponses alors qu’auparavant – disons dans les années 1990 – on avait aussi des réflexions sur le sens du vote. Cela a disparu. Pour résumer la réponse du ministère à la question, je citerai : en cas de « scrutin à la proportionnelle (sic !) le vote blanc rendrait plus difficile l’accès à la répartition des sièges lorsqu’un seuil de représentativité existe », « la qualification des candidats pour le second tour serait plus difficile » - alors que dans le cadre des élections législatives le seuil fixé est établi à partir du nombre d’inscrits. Par ailleurs, à la présidentielle « aucun candidat ne pourrait atteindre la majorité absolue au second tour » - comme en 1995 et 2012. Le dernier point concerne encore un seuil : celui permettant d’établir le remboursement des financements. Qu’auriez-vous aimé répondre au ministère si vous l’aviez pu ?


Xavier Breton. C’est une réponse administrative, j’allais dire technocratique. Le poids de l’administration dans nos institutions a toujours été très présent, mais jamais à ce point-là, tout le monde en convient.
Le vote blanc est un débat politique et s’abriter derrière des considérations techniques pour répondre à cette sollicitation n’est pas à la hauteur de l’attente. A la rigueur, ça peut passer dans le cadre d’une question écrite parce que le jeu veut qu’elle soit déposée, enregistrée, il y a des délais pour répondre et on ne se retrouve donc pas dans le cadre d’un débat animé.
Il faut malgré tout agir. S’il y avait vingt ou trente députés qui posaient une question comme celle-là, ce serait un indicateur qui montrerait qu’il se passe quelque chose au sein de la représentation nationale. Les ministères sont très attentifs à ces questions écrites, comme nous, parlementaires, quand nous recevons des courriers identiques sur un sujet.

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Un autre point sur lequel je voudrais rebondir - parce qu’il m’a un temps bloqué dans ma réflexion sur le vote blanc – c’est la question de la majorité absolue au second tour d’une présidentielle. C’est, à 20 heures, l’apparition sur les écrans de télévision du visage du nouveau président de la République avec un score à plus de 50% qui va lui servir à asseoir son autorité pendant tout son quinquennat. Aujourd’hui, j’ai basculé, non pas d’un point de vue théorique mais d’un point de vue pratique. Je crois que la légitimité du président de la République, vu le niveau des taux d’abstention, vu les conditions du débat actuel, est largement entamée et ce n’est  pas parce que l’on verrait apparaître un président de la République avec 48,4 au lieu de 51,2% des suffrages que cela changerait quelque chose à sa légitimité. La toile de fond de l’abstention est si forte que cela ôte du poids à cette reconnaissance de la majorité absolue qui, aujourd’hui, les gens le sentent bien, est un leurre. A fortiori lors de l’élection de 2017 où l’on a vu un premier tour avec des candidats qui ne dépassaient pas les 25% de suffrages. C’était également le cas en 2002. Cela devient artificiel de vouloir afficher un chiffre supérieur à 50% sur TF1 ou France 2 au soir du second tour.

Une démocratie, c’est fragile. Il faut faire très attention dans l’évolution de nos institutions. Mais, en même temps, une démocratie doit vivre. Il faut constamment s’interroger sur ce que l’on peut faire pour maintenir, conserver précieusement, ou au contraire faire évoluer. Aujourd’hui, je considère que la reconnaissance du vote blanc peut être un facteur vivifiant de notre démocratie.  

Pour en revenir à votre question, ce qui n’est pas acceptable, ce sont ces arguments techniques, comme celui des seuils pour le financement des partis. Jamais cela ne se résout. On arrive à faire passer le prélèvement des impôts à la source en quelques mois et on n’arriverait pas, techniquement, à calculer un seuil pour établir le remboursement des frais de campagne ! Quand l’administration veut imposer des contraintes, elle sait le faire, donc pour moi ce n’est pas un argument recevable. 


Olivier Durand. Si en 2017 le vote blanc avait été pris en compte comme suffrage exprimé, auriez-vous trouvé concevable, dans le contexte du second tour, que l’on puisse appeler à voter blanc ? Pendant l’entre-deux-tours, nous, à l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, avons affirmé qu’il était tout à fait normal – et même plus sain – que quelqu’un qui ne se reconnaissait pas dans les deux candidats pût voter blanc, en conscience. Auriez-vous condamné les personnes qui auraient choisi le vote blanc ?


Xavier Breton. On a toujours cet épouvantail des extrêmes qui empêche de débattre de manière démocratique. Cela oblige à des raisonnements qui ensuite empêchent notre démocratie de vivre. On a très bien vu en 2002, quand Jacques Chirac et Jean-Marie Le Pen se sont retrouvés au second tour, que la position de Jacques Chirac a bloqué par la suite la vie démocratique. En 2017, il n’y avait pas le risque de l’élection de Marine Le Pen. Tous les arguments théoriques qui auraient pu exister à ce sujet-là sont tombés. Si on avait eu la reconnaissance du vote blanc, ceux qui auraient dit clairement qu’ils allaient voter blanc n’auraient pas, à mes yeux, commis une faute politique, notamment suite à l’émission politique entre Emmanuel Macron et Marine Le Pen – où on voyait que cette dernière ne serait jamais en position de gagner. Si on crie au loup constamment, le jour où le loup est vraiment là, les arguments ne sont plus bons. Mais s’il y avait un réel risque de victoire d’un parti extrême, on devrait retrouver cette mobilisation consistant entre autres à dire que le vote blanc pourrait amener l’élection d’un extrême.

Ce qui compte, c’est d’avoir une démocratie qui vit, sans a priori qui empêche le débat.


Olivier Durand. C’est considérer l’électeur comme quelqu’un de responsable qui, le jour du vote, décidera s’il met ou non ce bulletin blanc dans l’urne.


Date de création : 01.05.2018 @ 21:02
Catégorie : -
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Européennes 2014
792 132 blancs et nuls (4,1%)
Présidentielle 2017

1er tour: 0 944 733 (2,55%)
2nd tour: 4 085 724 (11,52%)

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Collection n° 2 - Expression, vote blanc (2018)
(De quoi s'agit-il ?)




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(De quoi s'agit-il ?)



 
Contre le vote obligatoire
« Lorsque les peuples, il y a cinquante ans, élevaient des barricades et renversaient les gouvernements pour obtenir le droit de suffrage, ils auraient cru à une plaisanterie si on leur avait dit que, par un retour imprévu des choses, les souverains voudraient à leur tour mettre à l’amende ou jeter en prison tous ceux qui n’useraient pas du droit conquis ». thèse signée de Francis Sauvage, intitulée De la nature du droit de vote et soutenue en 1903
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Bulletins blancs

de Olivier Durand

206 pages
 

 Ce livre prend la suite de celui publié en 1999. Il défend la comptabilisation des bulletins blancs comme des suffrages exprimés. Il présente l'évolution politique en France et ce qui se passe à l'étranger. Présentation

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  A QUOI BON ALLER VOTER AUJOURD'HUI ?
Sous la direction de Olivier Durand     préface d'André Gerin

Questions contemporaines

ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE

Le vote utile est devenu une panacée pour les professionnels de la politique. Il faut à tout prix dégager un vainqueur. Et tant pis si l'électeur se sent floué. On commente énormément les résultats électoraux mais on étudie rarement le rôle et les motivations de l'électeur entré dans le bureau de vote. C'est tout l'objectif de ce livre : retrouver l'esprit de l'acte électoral

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 LE VOTE BLANC
Pour un suffrage vraiment universel

Olivier Durand
Préface d'Hervé De Charette

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Premier livre sur le vote blanc, cet ouvrage se veut avant tout une synthèse engagée. Il défend sans ambiguïté l'idée qu'il faut aujourd'hui donner plus de poids aux individus à l'occasion des consultations électorales en respectant scrupuleusement leur opinion, et donc en intégrant dans la catégorie des suffrages exprimés les bulletins blancs.

ISBN : 2-7384-7628-7 • 1999 • 240 pagesPrix éditeur : 19,85 €    


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   The probability broach

de L. Neil Smith

 The Probability Broach.jpg

Science fiction américaine publiée en 1980 dans un monde parallèle où le vote blanc (none of the above) va de soi.

Notre analyse du système démocratique présenté dans le roman:


Long résumé du roman: