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Texte à méditer :  

VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

« Un homme, une voix. L’équation simple s’impose à nous avec la force de l’évidence. L’égalité devant l’urne électorale est pour nous la condition première de la démocratie, la forme la plus élémentaire de l’égalité, la base la plus indiscutable du droit. »   Pierre Rosanvallon (Le sacre du citoyen)


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Prix Crétinerie d'Or

Prix Vote Blanc de la Crétinerie d'Or.


Le prix honore chaque année des personnalités qui, par la profondeur de leur pensée, la pertinence de leurs remarques, ont réussi à démontrer que le vote blanc n'a pas lieu d'être.
 Voir plus en détails les lauréats et les candidats


EDITION 2019

Premier candidat: Laurent Joffrin. " Que veulent-ils ? Dans quel sens amender l’action gouvernementale pour les écouter ? Mystère. Un bulletin blanc est un bulletin muet. Quand on ne dit rien, peut-on obtenir quelque chose ? " Libération 10 janvier 2019
Deuxième candidat: Jean-Louis Bourlanges, député MoDem: "La popularité croissante du vote blanc est significative de la puissance grandissante de deux pulsions psychosociales à l'oeuvre dans notre pays: l'égocentrisme et le négativisme" L'Obs, 17 janvier 2019.
Troisième candidate, une candidate ! Julia de Funes (philosophe): « Descartes se trompait en disant "Cogito ergo sum " En France, c’est " Deploro ergo sum " ». FigaroLive, 12 février 2019.
Quatrième candidat. Olivier Duhamel (politologue): Les bulletins nuls sont le vote des "alcooliques graves". FigaroLive, 12 février 2019.
Cinquième candidat. Philippe Moreau-Chevrolet (communicant): " Institutionnaliser le vote blanc revient à dire que l'on va voter pour ce que l'on croit vraiment, c'est-à-dire pour rien." RTL, 3 mars 2019
Sixième candidat: Eric Ciotti, député LR. Le vote blanc, "est-ce que ça va apporter du pouvoir d'achat à ceux qui en manquent ?", RTL 10 mars 2019. Est-ce que le droit de voter accordé aux femmes a-t-il augmenté le pouvoir d'achat de qui que ce soit. Les "Gilets jaunes" n'ont pas simplement demandé plus de pouvoir d'achat mais aussi d'être entendus.


EDITION 2018

Lauréat: Richard Ferrand. "Le vote blanc pourrait être un mouvement de dévoiement de la démocratie où tous les ronchons de la terre pourraient venir tout simplement s'opposer à tout et faire vivre leur insatisfaction perpétuelle. Ne souhaitons pas cela à notre démocratie et à nos citoyens. Ne les incitons pas démissionner ou à nier au fond la capacité à choisir, faisons-en plutôt des candidats." Les électeurs  sont, pour celui qui depuis est devenu président de l'Assemblée, de mauvais citoyens, des aigris, des déserteurs, des frustrés qu'il faut éduquer.
 

Edition 2017

Lauréat collectif. C'est le slogan "Voter blanc, c'est voter Le Pen" de l'entre-deux-tours de la présidentielle.

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« S’abstenir ou voter blanc, c’est voter pour Marine Le Pen » Manuel Valls BFM.TV 27 avril 2017
« C'est très grave de voter blanc. » Jean-Pierre Raffarin BFM TV
« S’abstenir ou voter blanc, c’est voter le Pen. » François Bayrou BFM TV 24 avril 2017
« L'abstention ou le vote blanc, c'est un coup de pouce à Mme (Marine) Le Pen », Alain Juppé sur son blog intitulé "Non!".
« Voter ni Macron, ni Le Pen, c’est voter Le Pen » Jean-Christophe Cambadelis 27 avril 2017

Non Messieurs, voter blanc, c'est voter en conscience, pour des convictions, ici contraires autant à celles de Marine Le Pen qu'à celles d'Emmanuel Macron. Pointer du doigt des électeurs en caricaturant leur vote c'est rendre un mauvais service et accélérer le processus que l'on dit combattre.

 

Edition 2016
(pas de prix décerné)

Edition 2015

Le vainqueur est:

LE GROUPE EELV A L'ASSEMBLEE


Même les écologistes, face à des intérêts à court terme -entrer au gouvernement - s'assoient sur leurs convictions:

AVANT: «Nous, élus écologistes, nous continuerons à œuvrer pour la reconnaissance pleine et entière du vote blanc, comme je l’ai déjà dit en commission. » Sergio Coronado (EELV), jeudi 28 novembre 2013, Assemblée nationale.

AUJOURD'HUI: « Certes, les bulletins blancs ne sont toujours pas intégrés aux suffrages exprimés, mais ils sont désormais comptabilisés et communiqués séparément des bulletins nuls lors de la proclamation des résultats.» Proposition de loi du groupe écologiste à l’Assemblée, mars 2015

La réforme électorale du 21 février 2014, jugée très insuffisante par les écologistes pendant les débats au parlement, est considérée suffisante aujourd'hui (!!!).

 

VAINQUEUR 2014

«Si le menu de la cantine ne te plaît pas, passe de l’autre côté du zinc et cuisine toi-même! Et si tu ne veux pas accepter de prendre des responsabilités, milite pour le système politique le plus exigeant du monde: l’anarchie.» Charb, Charlie Hebdo, 13 décembre 2013.


Voir les autres candidats de l'édition 2014

Lauréat de l'édition 2013:

Pour la première fois, l'Association remet un prix à un collectif. L'UDI a amplement mérité le titre 2013 suite à sa magistrale initiative parlementaire, préparée de longue date et criante de cohérence. Lire le détail de cette candidature.

Lauréat de l'édition 2012: «En tout état de cause, même s'il y avait 40 millions  de votes blancs, il faudrait bien que quelqu'un soit élu.» Guy Carcassonne, constitutionnaliste vénéré, France-Info, 8 mai 2012. 39 999 999 bulletins blancs, un vote X: c'est X qui est élu !!!

Lauréat de l'édition 2011: «Ceux qui souhaitent comptabiliser les bulletins blancs ont une idée derrière la tête : démolir la république et l'Etat, mais sans dire au profit de qui ou de quoi.... » Michel Charasse, clown politique que l'on ne présente plus, La Montagne.fr, 19 août 2011.

Le vote blanc en 2019

Européenne

26 mai: 1 076 833 (4,5%)

Rappel

Européennes 2014
792 132 blancs et nuls (4,1%)
Présidentielle 2017

1er tour: 0 944 733 (2,55%)
2nd tour: 4 085 724 (11,52%)

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Bons conseils

SAUVÉS DE L'OUBLI !

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Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

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Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
Lire les propositions de loi

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Episode 4 de la collection sonore « Expression, vote blanc »

LE VOTE BLANC FACE A LA VACUITE DES MEDIAS

Le 26 juin 2018 : Jacky Isabello, cofondateur de la société Coriolink

 

Olivier Durand. « Expression, vote blanc », c’est la nouvelle collection sonore de l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, en partenariat avec Synopia. Dans cette nouvelle saison, nous réfléchissons à ce que pourrait devenir la démocratie représentative en France et, plus particulièrement, l’acte électoral.
Aujourd’hui, nous sommes avec Jacky Isabello, professionnel de la communication, qui nous dira de quelle manière il peut être en contact avec des médias. Nous souhaitions développer avec lui un thème qui nous irrite plutôt à l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, celui de la relation avec les médias. Pour nous, c’est remonté à la surface voici deux mois. Nous sommes le 26 juin et, le 26 avril dernier, l’ONG « Reporters sans frontières » déposait un rapport sur la situation de la presse dans le monde et en France, où il était dit que même si cette dernière remontait dans le classement, il y avait lieu pour l’ONG de s’inquiéter parce que les politiques ont de plus en plus tendance à dénigrer le fonctionnement des journaux, à les contester, à avoir des mots très durs à leur égard. « Reporters sans frontières » employait même le terme de media bashing . On a fait notre autocritique et on a dû constater que nous aussi nous avons tendance à critiquer les médias. On s’est demandé si c’est nous qui avons un peu tort parce que nous ne sommes pas capables de faire la part des choses - les médias faisant bien leur travail, c’est à nous d’en accepter le contenu - ou bien s’il n’y a tout de même pas chez ces médias une frilosité certaine, un parti pris flagrant, rendant les critiques fondées.

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Jacky Isabello. Je suis le dirigeant d’une société qui s’appelle CorioLink, qui gère en partie des campagnes de relation avec des médias et déploie toute une série d’autres outils de communication pour ses clients. Sur la question du media bashing, qui aime bien media bashise bien. Les médias font partie du quotidien des Français, c’est une banalité, mais depuis que le numérique a déployé des outils que l’on qualifie de réseaux sociaux, la dimension médiatique qui appartient à chaque citoyen s’est multipliée par dix ou quinze, si on prend comme critère le volume d’information auquel on est confronté.
Auparavant, on descendait au kiosque le matin, on achetait son quotidien, voire deux. Désormais, à partir de onze heures une information est déjà obsolète, on s’est déjà connecté quinze fois le matin avant de partir au boulot, quarante fois avant d’avoir pris le métro. Des réseaux sociaux aux alertes qui s’affichent sur nos portables, on est irrigués d’informations. Pour vous donner un ordre de grandeur, un Français est mis en contact avec cinq mille messages à caractère informationnel, que ce soit de la part des médias ou des outils publicitaires déployés par ces derniers. A partir du moment où ces gens-là et ces outils-là sont plus que notre quotidien, évidemment, de la même manière qu’on est tous un peu sélectionneurs de l’équipe de France, nous avons un avis sur leur travail et, comme on est en France, nous avons tous, en tant qu’enfants d’un processus révolutionnaire, un avis critique et nous avons le droit de le faire.
Dans la critique, il y a le positif et le négatif, et ce qu’il faut mesurer, c’est la confiance dans les médias. Quand on interroge les Français, ils sont capables de dire qu’ils n’ont pas confiance dans les médias. Il n’empêche qu’ils ne se déportent pas des médias pour construire eux-mêmes leur savoir faire informationnel. Ils ont une relation très critique, comme avec les responsables politiques, toutefois il faut le relativiser parce que je pense que dans leur for intérieur ils se disent que si les médias sont imparfaits, ils sont consubstantiels à l’expression de leur citoyenneté. Il ne faut pas voir dans le media bashing la résurgence de quelque chose qui tendrait à installer ou à nous avertir de l’avènement d’une société post-démocratique ou à tendance autoritaire.

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Il faut faire très attention et avertir les gens sur la dimension parfois violente que le langage peut revêtir dès lors que l’on qualifie les médias. Vous avez vu que pendant la campagne électorale il y a eu des actes de violence verbale, voire de violence physique qui se sont exprimés. On a même empêché des journalistes d’accéder à des candidats. A partir du moment où on passe de la critique qui me semble légitime à une position beaucoup plus violente dans le langage puis dans les actes, là on franchit une limite qui est assez intolérable.

OD. On peut se dire que c’est au moment où ces médias traditionnels – journaux papier, radios et même télévisions – sont en train de perdre de l’importance dans la fabrication de la pensée qu’on leur fait le plus de reproches. « Reporters sans frontières » relève dans son rapport des propos de Jean-Luc Mélenchon qui va forcément penser que les médias sont du côté de la pensée bourgeoise et ne veulent pas transmettre les idées que lui porte et il déclarait : « La haine des médias et de ceux qui les animent est juste et saine ». A l’oppsoé, on a le président de la République qui peut considérer que les mêmes médias sont des empêcheurs de tourner en rond, qu’il a une politique à mener et qu’il doit pouvoir le faire sans avoir des journalistes qui viennent soulever des problèmes. Des deux côtés du spectre on a un comportement très dur vis-à-vis des médias, à un moment où ceux qui font l’opinion dans ces médias, comme les éditorialistes, sont de moins en moins entendus parce que leur support s’essouffle.

JI. Avec le numérique, on doit se poser la question. L’hégémonie qui était celle des médias mainstream et traditionnels s’est effritée avec son avènement. Je voudrais juste revenir sur ce que vous avez exprimé à propos de Jean-Luc Mélenchon et de certains candidats à la présidentielle. Selon le principe de la physique quantique, dès qu’on observe le phénomène on le déforme. Les médias ne sont plus ces tiers intermédiaires indépendants qui, auparavant, financés par l’Etat, avaient pour mission de faire passer des idées d’un point A vers un point B. Aujourd’hui ils sont partie prenante, et de plus en plus partie prenante parce qu’ils se trouvent dans un univers concurrentiel : ils se différencient par leur ligne éditoriale, leur capacité à créer de l’engagement avec un auditoire. Cette ligne éditoriale a forcément une vision subjective des choses. De transmetteurs, ils ont été transformés à leur corps défendant en acteurs.
Jean-Luc Mélenchon et d’autres – François Fillon l’a fait aussi – instrumentalisent, ne serait-ce que dans leur « telling story », la manière d’expliquer aux gens ce qu’ils sont, leurs spécificités et pourquoi il faut adhérer à leur message politique, la détestation du média dont on nous dit qu’il est au service d’un pouvoir que j’aimerais un peu mieux pouvoir qualifier. Cette détestation-là fait partie du corpus idéologique de Jean-Luc Mélenchon. Comme le média sait qu’en face de lui il a une bête qui n’est ni pour ni contre mais qui se nourrit d’une histoire, il accepte toutes les critiques parce qu’elles ne sont ni plus ni moins qu’indispensables à un point essentiel : une histoire pour faire vivre des médias. Il faut expliquer aux gens où est le pantomime, quand est-ce qu’on franchit le rideau de fond de scène. 

OD. Si je vous suis bien, on pourrait dire que les médias et le personnel politique sont plus complices qu’opposés, que Jean-Luc Mélenchon est complice de ces médias qui lui permettent de se poser en victime tandis que les médias se nourrissent de toutes les phrases qu’il va prononcer et des injonctions qu’il va lancer à tort et à travers, de la même manière que le président américain plaît beaucoup aux médias même ceux qui ne partagent pas ses idées. Les médias seraient devenus factuels. Si on regarde à présent l’arrivée prochaine de ce projet de loi de révision institutionnelle* qui doit modifier la façon de vivre la politique dans notre pays, on se dit que les médias attendent que le gouvernement arrive avec son texte et qu’il propose des faits. Des médias écrivent que ce sera un pot-pourri, qu’il y aura un peu de tout et de rien et on débattra sur certains, comme la diminution du nombre de parlementaires, la limitation du droit d’amendement, la dose de proportionnelle… Mais je n’ai pas l’impression que le gouvernement aura pu lire ou entendre dans les médias des tentatives de proposition d’idées nouvelles, de réflexions plus générales sur la démocratie représentative. On n’a pas l’impression que le gouvernement ait un cap et il n’aura pas été vraiment bousculé par les médias sur ce point.

JI. Dans l’histoire des médias, il y a une période qui est intéressante à analyser, c’est ce qui s’est passé dans les années 1990 quand on a accusé TF1 d’être le concepteur de la politique gouvernementale. Si vous vous souvenez, on a même taxé le directeur de la rédaction de l’époque – Gérard Carreyrou – d’être celui qui aurait soufflé dans l’oreille du premier ministre Balladur ce fameux amendement Balladur qui consiste aujourd’hui de dire à un ministre : « à partir du moment où vous êtes mis en examen, il vous faut démissionner. » Ce n’était pas une coutume auparavant.
Aujourd’hui, les médias font très attention parce qu’ils ont été accusés – et à l’époque il y a eu beaucoup de pièces à charge – de ne pas être les producteurs d’une politique. Dans le domaine institutionnel, ce n’est pas le boulot du Figaro ou de Libération d’aller proposer des éléments qui pourraient amender les différents projets de loi qui vont être proposés. Ce sont aussi des choses qui sont extrêmement techniques et le boulot des journalistes et des médias, c’est de faire tourner l’histoire. On parle de spin doctor en communication pour celui qui va faire tourner l’histoire ; l’histoire ne peut pas rester figée, elle est obligée d’avancer et, à partir du moment où elle avance, elle se nourrit, elle se développe.
Le job des médias est de proposer du contenu à des auditeurs, ce fameux temps de cerveau disponible qu’on avait reproché à l’époque à un autre dirigeant de TF1, Patrick Le Lay. Son travail n’est pas d’être à l’origine mais d’analyser les faits, de les commenter et puis d’entretenir, peut-être de confronter, les analyses. Aujourd’hui, en fonction de l’auditoire, l’histoire va être plus ou moins travaillée. Dans des domaines très institutionnels comme celui-là, cela ne passionne pas vraiment les foules. Peu de gens vont, le soir, discuter sur le nombre de parlementaires. Plus de gens ont un avis sur la question de savoir s’il faut tuer l’avocat qui a défendu Nordahl Lelandais ou si le Mont Saint-Michel doit rester avec un pont ou s’il faut sélectionner Olivier Giroud. Ce sujet n’étant pas très attractif, ils font classiquement leur travail.

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OD. Prenons un exemple de quelque chose qui n’est absolument pas évoqué dans les médias. Les gouvernements ne vont pas se lancer dans cette direction et pourtant cela existe depuis un moment et cela rentrerait tout à fait dans les mesures pour améliorer la démocratie représentative. Je fais référence à la façon de voter.
A l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, dans les années 1990, nous avions eu connaissance de ce qui s’appelait le vote graduel. L’électeur recevait un bulletin sur lequel il pouvait classer trois des candidats, dans l’ordre de ses préférences. Il pouvait choisir plusieurs fois le même, intercaler un vote blanc… En ce moment, deux mathématiciens de l’Ecole Polytechnique ont élaboré un système de vote dans lequel tous les candidats seraient présents sur le bulletin : l’électeur leur attribuerait une appréciation, de ‘très favorable’ à ‘à rejeter’. Ils appellent leur système le « jugement majoritaire »**. Cela permettrait à l’électeur de donner un avis beaucoup plus subtil que simplement mettre un nom, laissant penser que l’électeur est favorable à 100% à ce programme et qu’il rejette toutes les idées des autres candidats. Ils ont été reçus au Collège de France par Pierre Rosanvallon qui leur a permis d’exposer leur dispositif. Mais cela ne va pas plus loin alors qu’il me semble que cela intéresserait du monde de savoir que ce type d’avancée est envisageable. Aucun vrai débat n’a lieu pour l’instant.
Il ne faut pas attendre des politiques qu’ils bousculent leurs habitudes parce que recevoir des avis négatifs au moment des résultats d’une élection est moins confortable que d’être battu pour peu de voix ou même avec un écart conséquent. S’il y a bien des absents, ce sont les médias. Ce ne sont pas ces deux polytechniciens qui refuseraient que les médias leur donnent la parole mais à une époque où on n’arrête pas de se plaindre de l’abstention et où on peut à juste titre affirmer que la façon de voter est aujourd’hui devenue trop restrictive, pourquoi ne pas lancer ces pistes-là ? Les médias pourraient servir d’aiguillon à l’égard de la classe politique, mais ils s’en gardent bien.

JI. Vous avez raison quand vous dites que l’hyper concurrence qui s’est créée dans l’univers des médias avec l’avènement du numérique qui a quand même, du point de vue du “business model” des médias, considérablement réduit leurs ressources financières.
Je me permets un retour en arrière en rappelant que l’arrivée d’Internet a eu un premier impact que tout le monde connaît, qui est que le contenu est devenu gratuit, ce qui pour une entreprise de médias est un problème. Mais il y a une deuxième chose que les gens ont peu vue, c’est que les médias existaient fortement par une obligation que les entreprises avaient de mettre des annonces d’offres d’emplois. Ca rapportait aux journaux énormément d’argent, 30% des revenus des médias. Avec Internet, s’est créée toute une série d’offres d’emplois dématérialisées, ce qui a été le premier coup de massue pour un secteur qui a très mal vécu cette évolution. Cela veut dire que toutes ces enquêtes que des journalistes pouvaient passer des semaines et des semaines à faire, ces domaines dans lesquels ils investiguaient énormément, ils l’ont fait de moins en moins pour des raisons économiques.
Là où vous avez raison, c’est de dire que la règle est de dire que l’on ne travaille une histoire que dès lors qu’il y a une réalité institutionnelle. Ce sont par exemple des faits divers, des actualités internationales, de grands temps forts économiques et c’est de l’actualité politique. Si ces domaines ne sont pas initiés par des personnalités de premier plan, il est vrai que les médias vont moins fouiller qu’ils ne le faisaient auparavant. Les journalistes ne sont pas des gens qui ont des idées tout seuls. Dans ma société, on est là pour les inciter à parler d’un sujet. Il ne suffit pas de se dire « je suis polytechnicien, je suis intelligent et donc forcément les médias vont me trouver ».
Par rapport aux évolutions du mode d’expression - vous citiez quelques innovations comme le vote graduel – il existe des méthodes. Pour information, cela reste toujours : qui, quoi, où, comment, pourquoi. A partir du moment où vous énucléez de cette partie informationnelle le « qui », c’est un peu comme si vous enleviez un pied à une chaise : d’un coup, c’est bancal. Il faut garder à l’esprit qu’une information dans les médias ce n’est pas une vérité sur une échelle scientifique. C’est quelque chose que vous voulez voir repris par des gens qui ont leur code. C’est comme si vous arriviez dans un espace non-fumeur et que vous vous mettiez à fumer. Vous ne respectez pas les règles. Si vous arrivez dans un univers médiatique parce que vous estimez intéressant pour votre cause le porte-voix qui vous est offert, si vous ne répondez pas à une des premières règles – et le vote blanc empiète le « qui », on ne sait pas « qui » -, les professionnels vont vous dire que pour eux cela va être difficile de raconter l’histoire. Il faut respecter ces règles parce que les médias sont en concurrence.
Auparavant, quand vous regardiez la télévision il n’y avait pas de télécommande, puis elle est arrivée et avec elle de nombreuses chaînes et aujourd’hui il y a instantanément le clic. Si un journaliste propose un sujet qui ne rencontre pas son audience, qui n’est pas cliqué, instantanément on fait disparaître ce sujet de la liste des choses qui vont être traitées en disant : « Ca n’intéresse personne donc je ne vais pas afficher de publicité sur cette page-là. Je ne fais donc pas mon job d’agent économique. » Le numérique a changé tout cela.
Ces propositions innovantes de réformer les modes de scrutin, il ne faut pas qu’elles soient vues comme les ingénieurs le font, eux qui pensent avoir raison nonobstant tout ce leur disent les autres. Aujourd’hui, il faut se dire que si on veut qu’on en parle, il faut appliquer les règles mises en place par ceux qui régissent l’information. Les journalistes ont besoin de raconter des histoires et c’est cette boîte qu’il faut ouvrir. Si ça marche et que ça rencontre un auditoire, ils vont en parler. Regardez le nombre de sujets inintéressants que vous voyez à la une de vos journaux et des chaînes de télévision. C’est un concours d’illettrisme informationnel. Les médias le font juste parce que cela attire l’attention des gens sur un sujet. Il faut qu’ils fassent leur boulot, nourrir la Bête , et la  Bête , tous les jours, elle a besoin de contenus additionnels ; avec quel contenu ? Elle s’en fiche. Regardez. Le bon sens populaire s’extasie devant Loft Story. Est-ce que vous croyez que sur l’échelle du monde, l’invention de la pénicilline, la découverte de la physique quantique ou les premiers pas de l’homme sur la lune n’ont pas été plus importants ? Si. Pourtant, l’émission Love Story a suscité l’attention des gens pendant un moment. Les gens ne réagissent pas de manière libre. On le sait, beaucoup de livres ont été écrits là-dessus. Le dernier Prix Nobel d’économie, Richard H. Thaler, a étudié l’économie comportementaliste et montre bien que l’on peut manipuler le comportement des gens… et des journalistes.


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OD. Dans les journaux, si on a la partie nouvelles tenues par les journalistes, on a aussi la partie éditoriale et la partie tribune. Un journal peut ouvrir ses pages à des gens qui ne sont pas journalistes et qui peuvent défendre des idées.
A l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, si on a à porter des critiques vis-à-vis des médias, ce n’est pas aux pigistes qu’on les adressera. Au moment des campagnes électorales, si on est contacté par un média, c’est par l’intermédiaire du pigiste qui a eu l’idée de proposer ceci. Mais la Grande Signature du journal, le Penseur de la Rédaction, qui tient l’éditorial, que l’on voit sur les plateaux de télévision, il est évident que ce sujet l’ennuie au plus haut point. Nous sommes bien sûr d’accord avec vous pour dire que le thème du vote blanc ne touche pas assez de lecteurs pour qu’il lui soit consacré une place importante. Beaucoup de gens seront peut-être en colère au lendemain d’une élection parce qu’ils ont voté blanc et que leur bulletin a été supprimé mais très peu de jours après, le quotidien a repris ses droits et l’indignation retombe. Mais quand les éditorialistes, au moment d’une campagne, sont amenés à en parler parce que cela émerge plus ou moins, la première chose qu’ils disent est : « Le vote blanc, ah, ce serpent de mer ! » On sait que c’est fini, la vedette du journal vient de dire que le sujet l’ennuie. C’est le manque de neutralité de celui qui est la tête pensante du média qui donne le ton du journal. On a compris qu’il ne commandera jamais un entrefilet sur le vote blanc à sa rédaction.
Et quand ils développent, le plus souvent à charge, on se dit que l’on entend la voix du Ministère de l’Intérieur. Ils sont tellement proches des politiques qu’ils reproduisent, sans même s’en apercevoir, le discours du pouvoir. En radio, si le sujet est traité, on donne la parole à un défenseur du vote blanc, pour quelques secondes, pour ensuite conclure par une éminence qui va porter l’estocade ; pendant longtemps, ce fut le constitutionnaliste vénéré par les rédacteurs en chefs, Guy Carcassonne, qui jouait ce rôle.

JI. Ce sont des gens qui répondent à des règles. Ils savent qu’ils s’adressent à un auditoire et cet auditoire – c’est ce que le marketing nous dit – réagit au principe de proximité. C’est la règle des « morts au kilomètre ». Je suis plus préoccupé par vous qui est à un mètre de moi si vous mourez que par 3.000 personnes qui mourront dans dix minutes, à des centaines de kilomètres d’ici. La première règle des médias est de se dire qu’ils doivent créer de la proximité. Dans le cas du vote blanc, le principe de proximité c’est ce fameux « qui ?». A partir du moment où vous ne permettez pas d’incarner l’information – qui vote blanc ? de qui je parle ? – votre sujet n’intéresse plus le journaliste. Dès le début, la porte est fermée. Vous ne proposez pas aux médias la suite de l’histoire.

OD. Pour aller à l’encontre de ce que vous dites, on a eu en 2012 un candidat à l’élection présidentielle qui promettait, s’il était élu, d’organiser dès le premier tour des législatives, un référendum sur douze points dont le vote blanc. Il s’agissait de François Bayrou, qui avait moins le vent en poupe à ce moment-là que cinq ans plus tôt. En 2017, un autre candidat fit une proposition proche, puisque dans le référendum qu’il annonçait il n’y avait que trois mesures dont toujours le vote blanc. Ce candidat, Benoît Hamon, plutôt bas dans les sondages, avait connu un grand succès quelques mois auparavant aux primaires en parlant de revenu minimum universel. Qu’incarnait cette dernière mesure que n’incarnait pas le vote blanc ? Il y a sûrement autre chose qui fait que les médias boudent la question du vote blanc. Pour ces éditorialistes, tous les poncifs sur ceux qui votent blanc sont de règle : ce sont des hésitants, des citoyens honteux, qui n’ont pas de courage…

JI. Je suis d’accord avec vous. Je ne veux pas avoir raison. Je vous dis ce qui est mon métier depuis vingt-cinq ans et si j’en vis sans avoir été assigné par qui que ce soit, c’est que je sais un peu comment ça marche. Certes, il n’y a pas que cela. Je vous ai dit, une information c’est « qui, quoi, où, comment, pourquoi ». Votre information doit être nourrie de tous ces aspects-là.
Et pour les journalistes ce que vous proposez n’est pas clair dans leur esprit. Cela ne constitue pas en tant que tel quelque chose de suffisant pour nourrir leur grille de construction de l’information. Dans les cas de Bayrou et de Hamon que vous avez cités, il n’y a pas une structuration programmatique qui permettrait de montrer que c’est le début de quelque chose. Un grand porte-parole n’est pas forcément un politique, ce peut être une personnalité du monde du spectacle.

OD. Pour les vedettes du spectacle, le vote blanc a Mathieu Kassovitz. Mais c’est quelqu’un de trop emporté et de trop irrégulier pour que ce soit réellement un soutien pour nous. Pour terminer, on pourrait dire à « Reporters sans frontières » que les médias fonctionnent de leur manière mais une manière qui est critiquable et que les critiques parfois formulées de façon trop brutales peuvent reposer sur quelques fondements.


* L’enregistrement est réalisé le 26 juin 2018. Le projet de loi est discuté en première lecture à partir du 9 juillet.
** Michel Balinski et Rida Laraki. Voir notre entretien avec Michel Balinski lors de l’épisode N°3 de notre première collection sonore, le 24 novembre 2016.


Date de création : 10.07.2018 @ 21:30
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Le vote blanc en 2019

Européenne

26 mai: 1 076 833 (4,5%)

Rappel

Européennes 2014
792 132 blancs et nuls (4,1%)
Présidentielle 2017

1er tour: 0 944 733 (2,55%)
2nd tour: 4 085 724 (11,52%)

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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A ECOUTER !

Collection n° 2 - Expression, vote blanc (2018)
(De quoi s'agit-il ?)




Collection n°1 - Approfondissement du domaine du vote (2016-2017)
(De quoi s'agit-il ?)



 
Contre le vote obligatoire
« Lorsque les peuples, il y a cinquante ans, élevaient des barricades et renversaient les gouvernements pour obtenir le droit de suffrage, ils auraient cru à une plaisanterie si on leur avait dit que, par un retour imprévu des choses, les souverains voudraient à leur tour mettre à l’amende ou jeter en prison tous ceux qui n’useraient pas du droit conquis ». thèse signée de Francis Sauvage, intitulée De la nature du droit de vote et soutenue en 1903
Version 'personnel politique'
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Débattre du vote blanc
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Le livre défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Il démontre que cette évolution est indispensable dans une démocratie qui se veut moderne.
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Comme le volume 1, ce volume défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Notre république se dit laïque mais c’est une laïcité chrétienne. L’acte électoral est sacralisé et l’électeur profane ne peut y accéder qu’en respectant des formes précises. Le vote blanc qui est une tentative de certains électeurs de s’approprier ce moment démocratique est rejeté parce que sacrilège.
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Bulletins blancs

de Olivier Durand

206 pages
 

 Ce livre prend la suite de celui publié en 1999. Il défend la comptabilisation des bulletins blancs comme des suffrages exprimés. Il présente l'évolution politique en France et ce qui se passe à l'étranger. Présentation

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  A QUOI BON ALLER VOTER AUJOURD'HUI ?
Sous la direction de Olivier Durand     préface d'André Gerin

Questions contemporaines

ACTUALITÉ SOCIALE ET POLITIQUE

Le vote utile est devenu une panacée pour les professionnels de la politique. Il faut à tout prix dégager un vainqueur. Et tant pis si l'électeur se sent floué. On commente énormément les résultats électoraux mais on étudie rarement le rôle et les motivations de l'électeur entré dans le bureau de vote. C'est tout l'objectif de ce livre : retrouver l'esprit de l'acte électoral

Préface du livre

Couvertures


 LE VOTE BLANC
Pour un suffrage vraiment universel

Olivier Durand
Préface d'Hervé De Charette

Questions contemporaines

Premier livre sur le vote blanc, cet ouvrage se veut avant tout une synthèse engagée. Il défend sans ambiguïté l'idée qu'il faut aujourd'hui donner plus de poids aux individus à l'occasion des consultations électorales en respectant scrupuleusement leur opinion, et donc en intégrant dans la catégorie des suffrages exprimés les bulletins blancs.

ISBN : 2-7384-7628-7 • 1999 • 240 pagesPrix éditeur : 19,85 €    


  La Lucidité

 de José Saramago

Le livre du Prix Nobel Saramago où le vote blanc est le héros.

Saramago, José : La Lucidité  (Livre) - Livres et BD d'occasion - Achat et vente

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   The probability broach

de L. Neil Smith

 The Probability Broach.jpg

Science fiction américaine publiée en 1980 dans un monde parallèle où le vote blanc (none of the above) va de soi.

Notre analyse du système démocratique présenté dans le roman:


Long résumé du roman: