Texte à méditer :  

VB Association pour la reconnaissance du vote blanc

« Un homme, une voix. L’équation simple s’impose à nous avec la force de l’évidence. L’égalité devant l’urne électorale est pour nous la condition première de la démocratie, la forme la plus élémentaire de l’égalité, la base la plus indiscutable du droit. »   Pierre Rosanvallon (Le sacre du citoyen)

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Prix Crétinerie d'Or

Prix Vote Blanc de la Crétinerie d'Or.
CONCOURS 2017

Le prix honore chaque année des personnalités qui, par la profondeur de leur pensée, la pertinence de leurs remarques, ont réussi à démontrer que le vote blanc n'a pas lieu d'être.
 Voir plus en détails les lauréats et les candidats

Edition 2017

Lauréat collectif. C'est le slogan "Voter blanc, c'est voter Le Pen" de l'entre-deux-tours de la présidentielle.

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« S’abstenir ou voter blanc, c’est voter pour Marine Le Pen » Manuel Valls BFM.TV 27 avril 2017
« C'est très grave de voter blanc. » Jean-Pierre Raffarin BFM TV
« S’abstenir ou voter blanc, c’est voter le Pen. » François Bayrou BFM TV 24 avril 2017
« L'abstention ou le vote blanc, c'est un coup de pouce à Mme (Marine) Le Pen », Alain Juppé sur son blog intitulé "Non!".
« Voter ni Macron, ni Le Pen, c’est voter Le Pen » Jean-Christophe Cambadelis 27 avril 2017

Non Messieurs, voter blanc, c'est voter en conscience, pour des convictions, ici contraires autant à celles de Marine Le Pen qu'à celles d'Emmanuel Macron. Pointer du doigt des électeurs en caricaturant leur vote c'est rendre un mauvais service et accélérer le processus que l'on dit combattre.

 

Edition 2016
(pas de prix décerné)

Edition 2015

Le vainqueur est:

LE GROUPE EELV A L'ASSEMBLEE


Même les écologistes, face à des intérêts à court terme -entrer au gouvernement - s'assoient sur leurs convictions:

AVANT: «Nous, élus écologistes, nous continuerons à œuvrer pour la reconnaissance pleine et entière du vote blanc, comme je l’ai déjà dit en commission. » Sergio Coronado (EELV), jeudi 28 novembre 2013, Assemblée nationale.

AUJOURD'HUI: « Certes, les bulletins blancs ne sont toujours pas intégrés aux suffrages exprimés, mais ils sont désormais comptabilisés et communiqués séparément des bulletins nuls lors de la proclamation des résultats.» Proposition de loi du groupe écologiste à l’Assemblée, mars 2015

La réforme électorale du 21 février 2014, jugée très insuffisante par les écologistes pendant les débats au parlement, est considérée suffisante aujourd'hui (!!!).

 

VAINQUEUR 2014

«Si le menu de la cantine ne te plaît pas, passe de l’autre côté du zinc et cuisine toi-même! Et si tu ne veux pas accepter de prendre des responsabilités, milite pour le système politique le plus exigeant du monde: l’anarchie.» Charb, Charlie Hebdo, 13 décembre 2013.


Voir les autres candidats de l'édition 2014

Lauréat de l'édition 2013:

Pour la première fois, l'Association remet un prix à un collectif. L'UDI a amplement mérité le titre 2013 suite à sa magistrale initiative parlementaire, préparée de longue date et criante de cohérence. Lire le détail de cette candidature.

Lauréat de l'édition 2012: «En tout état de cause, même s'il y avait 40 millions  de votes blancs, il faudrait bien que quelqu'un soit élu.» Guy Carcassonne, constitutionnaliste vénéré, France-Info, 8 mai 2012. 39 999 999 bulletins blancs, un vote X: c'est X qui est élu !!!

Lauréat de l'édition 2011: «Ceux qui souhaitent comptabiliser les bulletins blancs ont une idée derrière la tête : démolir la république et l'Etat, mais sans dire au profit de qui ou de quoi.... » Michel Charasse, clown politique que l'on ne présente plus, La Montagne.fr, 19 août 2011.

Le vote blanc en 2017

Présidentielle

1er tour: 0 944 733 (2,55%)

2nd tour: 4 085 724 (11,52%)


Législatives

1er tour: 0 513 344 (2,21%)
2nd tour: 1 988 549 (9,86%)
 

Rappel

Présidentielle (2012)

1er tour : 0 701 190 (1,92%)

2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

Présidentielle (2007)

1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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Bons conseils

SAUVÉS DE L'OUBLI !

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Retrouvez les photos de bulletins annulés de Ludovic Lacreuse

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Le vote blanc en deuil
IL N’A PAS VOULU VOIR CA

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Le 27 février 2013, Henri Caillavet est mort, âgé de 99 ans. Le 28, les socialistes et les centristes se ridiculisaient au sénat en se glorifiant de prendre la mesure électorale la plus inepte, le vote blanc séparé des bulletins nuls mais toujours censuré et toujours invisible dans les bureaux de vote, le citoyen étant encore, pour ces élus, un être mineur, inapte à l’indépendance.

Le sénateur radical socialiste Caillavet, lui, en 1980, avait déposé la proposition de loi la plus complète sur le vote blanc.
Lire les propositions de loi

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Episode 6 de la collection sonore « Expression, vote blanc ».

« Il ne faut pas sous-estimer la dimension symbolique de l’acte électoral et de nos institutions. »
 
Le 11 juillet 2018 : Séverine Bellina, directrice de l’Institut de recherche et débats sur la gouvernance.
 
 
Olivier Durand. « Expression, vote blanc », c’est la nouvelle collection sonore de l’Association pour la reconnaissance du vote blanc en partenariat avec le think tank Synopia. C’est une collection qui a pour but de poursuivre la réflexion sur la modernisation de la vie électorale qui serait grandement nécessaire et à laquelle on ne réfléchit pas assez selon nous. C’est à ce titre que nous rencontrons une série d’acteurs qui œuvrent et apportent leur contribution à cette question. Aujourd’hui nous sommes en compagnie de Séverine Bellina, directrice de l’Institut de recherche et débats sur la gouvernance (IRG). C’est ce mot de gouvernance qui va nous intéresser. Nous en verrons avec vous, Séverine Bellina, les différentes facettes :  comment elles s’appliquent, mais aussi peut-être quelles critiques on peut formuler sur les nombreuses initiatives qui se développent. Pouvez-vous commencer par nous présenter les motivations de votre Institut ?

Séverine Bellina. Nous travaillons sur les modalités d’action publique. Dans les premiers temps de l’existence de l’institut nous avons parcouru le monde pour voir comment se décline l’action publique aujourd’hui en essayant d’identifier, à travers ces modalités spécifiques, des enjeux partagés. Cela rejoint tout à fait l’objet de cette interview : on constate que l’Etat n’a plus le monopole de l’action publique et qu’il doit interagir avec d’autres acteurs qui sont les acteurs de la société civile, organisés ou non organisés, les citoyens et le secteur privé lucratif. 
 
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OD. Pour la France, y avait-il beaucoup de choses à faire parce que nous partions de loin ou faisions-nous plutôt partie des pays en tête de ces expériences d’implication des citoyens dans des territoires ?

SB. Il y a deux choses. Tout d’abord lorsque le concept de gouvernance apparaît dans un premier temps dans les relations internationales puis dans la vie politique, on l’a plutôt utilisé de manière dévoyée en l’accusant d’être le grand méchant loup anglo-saxon et néo-libéral. Sans revenir sur l’étymologie du mot, je rappelle que l’idée est de gouverner un navire, de lui donner une direction. On est dans quelque chose d’éminemment politique. C’est un concept fort utile pour lire l’exercice de la réalité du pouvoir et le jeu des acteurs.
En France, on est dans une pratique de l’action publique et du pouvoir politique très spécifique puisqu’on a une double culture du rapport au pouvoir qui est fondée sur notre historique chrétien ainsi que sur notre historique institutionnel d’un rapport avec un Etat très centralisé où le sommet décide pour la base. De fait, sur les territoires, surtout depuis les années 1970 et à un niveau local et urbain, on voit bien que la complexité et les enjeux de l’action publique font que dans la réalité un certain nombre d’acteurs interviennent. Ce n’est pas nouveau. Il faut accepter que la réalité est là et que ce n’est pas une réalité légale, imposée par le haut et qui se déconnecte complètement de ce qui se passe concrètement.

OD. Aujourd’hui, on a l’impression qu’il y a la volonté de dynamiser la participation des citoyens, de les impliquer dans l’action des gouvernements et d’autres pouvoirs politiques et on a toute une série d’initiatives qui émergent avec la volonté de pouvoir permettre aux citoyens d’intervenir, d’imposer un sujet. Je donnerai comme exemple le référendum d’initiative partagée qui a été introduit en 2008 dans la constitution. On parle aussi du développement de la civic tech et vous aurez sûrement d’autres nouveautés à nous présenter. Où en sommes-nous dans cet investissement du citoyen ? Est-il demandeur et ce qu’on lui propose pour l’instant est-il satisfaisant ?

SB. Le citoyen est-il demandeur ? Franchement, je n’ai pas la réponse. Je ne sais pas si on peut l’avoir mais en tout cas, il y a une offre qui s’est développée. Sur le terrain, on voit bien qu’il n’est pas évident que le citoyen soit demandeur, notamment selon les modalités qui lui sont proposées aujourd’hui.
Ce qui évolue en revanche, c’est un réel besoin et une demande d’évolution dans la pratique du pouvoir, d’injection d’horizontalité. Sur le terrain, on sent la volonté de changer le rapport au pouvoir et de changer les pratiques. C’est exprimé par tous les processus participatifs qui se développent de manière exponentielle ces dernières années et qui ne sont pas nouveaux. Ca s’étend aussi par tous les processus de la civic tech qui veulent mettre le numérique au service du rétablissement d’un lien entre l’élu et le citoyen, mais on voit bien du coup que l’on agit uniquement sur deux acteurs de la gouvernance démocratique et pas sur l’ensemble des acteurs. L’idée malgré tout est que s’affirment deux directions nouvelles : rétablir de l’horizontalité et agir collectivement. Il y a une véritable offre qui pullule au niveau local et au niveau national, qu’elles relèvent de la civic tech ou d’initiatives conduites soit par des élus, soit par des organisations de la société civile, soit par des initiatives citoyennes directement.

OD. On peut penser aux comités de quartier qui, dans les communes, vont demander aux gens de venir, de parler : les élus locaux sont amenés à les écouter et à tenir compte de ce qu’ils disent en le mettant en pratique. Au niveau national, on a le référendum d’initiative partagée, que je citais précédemment et qui, depuis qu’il a été mis en place, n’a jamais été utilisé. Très certainement parce qu’il est irréalisable dans la mesure où cela demande de mobiliser un nombre de personnes très important et d’arriver à convaincre tellement de parlementaires que ce n’est pas à la portée de simples citoyens. Les groupes de pression, eux, ont d’autres leviers. Reste toujours la question de l’écoute de celui qui est en haut et de sa bonne volonté.

SB. La volonté politique ? Absolument. A l’IRG, on a réalisé un semi-tour de France des territoires locaux – principalement des municipalités – qui innovaient. On a recueilli environ 70 témoignages. Une des récurrences, c’est cela. S’il n’y a pas de volonté politique de l’élu, cela ne fonctionne pas. La dimension participative n’aboutit pas. Cela n’améliore pas les décisions ou les politiques qui sont prises. Parce que l’objectif dans ce domaine-là c’est de reconnecter les politiques publiques à la réalité des contextes et des besoins exprimés.
Vous me posiez tout à l’heure la question de savoir s’il y a une vraie demande des citoyens, il faut que je complète ma réponse en disant qu’il y a une évolution d’UNE catégorie de citoyens, qui relève d’une catégorie socio-professionnelle bien identifiée qui est de passer de citoyen consommateur de politiques à citoyen actif. Ces gens-là se disent qu’ils ne peuvent pas être actifs seulement au moment de l’élection. L’élection reste pour eux un moment dominant de la vie démocratique mais elle ne la résume pas. Ces gens se veulent dans une démocratie de construction où être actifs au long cours, au quotidien et pour cela, on doit refonder cette démocratie représentative.

 
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OD. Est-ce que l’on peut dire que, lors de l’élection présidentielle de 2017, on aura fait un pas en avant ? Puisque, si on fait attention à ce qui a été dit pendant la campagne, on avait un candidat – Jean-Luc Mélenchon – qui affirmait que s’il était élu, tout de suite serait élue une assemblée constituante, que le peuple réuni dans cette assemblée changerait la constitution et que le poste de président de la république serait très certainement supprimé. A l’opposé, on a vu le phénomène Emmanuel Macron qui a fait monter la société civile, notamment lors des élections législatives où des gens qui n’avaient pas pensé véritablement un an plus tôt pouvoir siéger se sont retrouvés élus. Ces deux exemples vont-ils dans le sens d’une citoyenneté plus active ?
 
SB. D’abord il y a un phénomène qui n’est pas propre à la France et qui est inquiétant dans ce que vous venez de mentionner. En tant qu’intellectuels, on se doit de dire les choses. Je ne sais pas si c’est une avancée ou une nouveauté de parler au nom du peuple. Je crois que c’est vraiment une récurrence qui se développe et on sait très bien que c’est dangereux d’invoquer le peuple pour dire que l’on va changer la constitution. Il faut lancer les termes du débat de manière plus complexe et plus fine. En soi, cela veut dire que l’on est en train de réviser l’offre politique, le contrat social… On en est là aujourd’hui.
Deuxième chose, faire monter en puissance la société civile, on sait très bien, et l’analyse internationale - qu’elle soit conduite au niveau des experts, par la littérature académique, universitaire - le prouve, que faire monter la société civile, c’est très bien à une double condition :  que ce soit pour interagir avec l’institution publique et avec le politique et que ce soit dans l’espace public et non pas à côté de l’Etat. Il faut que ce soit avec, que l’on soit dans la co-construction et dans l’institutionnalisation du pouvoir politique. Sinon, on est plutôt dans des logiques de lobby, de concurrence, de régulation, qui aboutissent trop souvent à des Etats autoritaires déconnectés des sociétés ou alors à des sociétés qui se réfugient dans des régulations parallèles privées - qu’elles relèvent de la finance, de la tradition ou de la religion. Une tendance qui se développe est celle d’un territoire local qui va se déclarer en autogestion parce qu’il ne veut plus avoir affaire avec l’Etat.
OD. Ce serait une tentative d’autonomie. Quelles seraient les pistes qu’il faudrait demander de développer pour que ce citoyen soit pleinement intégré, régulièrement, aux décisions sans que cela ne rende trop compliqué l’exercice du pouvoir ?

SB. En lien avec le combat que vous menez, je dirais que le vote blanc incarne un discrédit, en tout cas la critique de l’offre politique. Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est qu’on assiste à une révision de l’offre politique. Vous parliez du mouvement d’Emmanuel Macron, c’est en soi une nouvelle offre politique. Jusqu’à quel point, je ne sais pas, mais en tout cas c’est cette tentative-là.
Ce qui est intéressant aujourd’hui, c’est que l’on assiste à des expérimentations de nouvelles offres politiques, au niveau national, au niveau local voire international avec l’alliance de villes qui veulent construire un nouveau modèle de développement hors du néo-libéralisme. Ce qui peut rendre le citoyen plus actif en évitant qu’on parle à sa place c’est l’évolution des postures qui fait que le rapport, au moment électoral est en train de changer aussi. L’élu n’est plus le notable et le seul sachant. Le citoyen est considéré comme un sachant à part entière, non pas parce qu’il a fait des études mais parce qu’en tant que citoyen, il a une expérience de la vie quotidienne, il sait ce qu’est son contexte et son territoire et il sait aussi quels sont ses besoins. Le secteur privé a aussi un rôle dans la construction de l’action publique. Dès lors, ce qui est absolument fondamental, c’est le développement – j’allais dire presque tous azimuts – d’espaces de rencontres entre ces acteurs : les élus, les citoyens, le secteur privé lucratif, pour aboutir à ce que l’on appelle la coproduction de l’action publique.
Cela veut tout simplement dire que l’on commence par le bas, qu’à partir d’un contexte, de besoins et d’un territoire donnés, on définit la demande et le point de départ de l’élaboration d’une politique publique, qui n’est pas seulement définie par une offre qui viendrait du haut mais par la réalité.
Si on joue sur les différents niveaux - local, régional, infranational, national, international – dès lors, il y a une institutionnalisation du pouvoir qui change. Je pense que l’on est dans une logique où les citoyens ne changent pas dans leur rapport au pouvoir en disant : « j’ai le droit de vote et c’est important ». Un citoyen, une citoyenne, un vote non pas pour élire une personne qui, pendant cinq ans, va décider en fonction de sa philosophie politique et de son jugement propre mais pour une personne qui va décider en fonction de ce qu’elle sait de la majorité et de ce que veut la majorité parce qu’il y aura eu des processus de coproduction ou de participation ou de codécision.
OD. Est-ce que l’on ne se dirige pas vers une sorte de démocratie censitaire à partir du moment où ces citoyens qui seront capables de suivre, de comprendre les enjeux et ensuite de faire remonter des demandes argumentées devront avoir un niveau assez avancé, ne serait-ce qu’au niveau de l’instruction ? Pour l’instant, en France, on se dit que si on veut infléchir sur une décision politique, si on veut la contester, il faut descendre dans la rue. Tout le monde peut descendre dans la rue. C’est le nombre qui fait souvent la décision. Et est-ce que ce n’est pas la rue qui va s’imposer dans cette logique du “je veux m’interposer, je dois m’imposer parce que je ne suis pas content, je dois pouvoir renverser le gouvernement” ? Les autres éléments dont on a parlé vont apparaître trop élitistes.

SB. L’élitisme pose la question de la représentation de ces mouvements. Qui représentent-ils ? De ce point de vue, le mécanisme du suffrage universel au moment des élections reste irremplaçable pour le choix des dirigeants et des politiques à mener. L’enjeu et la question qui se posent consistent à savoir comment faire en sorte de tenir compte de toutes ces dynamiques réelles que l’on ne peut pas ignorer. Elles témoignent d’un ras-le-bol et d’un clivage très fort entre une élite et une composante de la société. Il faut voir comment toutes ces pratiques refondent notre démocratie représentative et réinstitutionnalisent le pouvoir. Mais elles ne se développent pas à côté ou ne se développent pas contre parce que, là, c’est une autre logique, un phénomène que je ne suis pas en mesure d’analyser.
C’est effectivement un risque parce que tous ces mouvements comme la civic tech que nous avons évoquée posent la question de l’égalité qui est un des piliers de la démocratie. Les acteurs de la civic tech le savent très bien et développent les possibilités d’agir des individus dans le collectif, le rapport d’un individu à un autre individu, l’élu. Je ne sais pas si on nourrit vraiment la dynamique d’un collectif. Tous ces processus de participation des individus sont formidables à condition que l’on soit bien dans l’espace public et dans la refondation du paradigme démocratique. Ce qui se joue, c’est une pratique du pouvoir en commun, comme le disait Hannah Arendt : une verticalité qui serait retravaillée très profondément, voire structurellement par plus d’horizontalité avec tout ce que cela veut dire dans notre inconscient collectif. Il ne faut pas se voiler la face, ce mouvement participatif reste très minoritaire. Je n’ai pas de statistique en tête mais on peut évaluer à 5 ou 6% la part de la population qui participe à ces nouvelles expériences.
Ainsi, le problème fondamental, qu’il est important de ne pas nier aujourd’hui, est celui de la désaffection. Pourquoi un rapport à la politique, à l’élection, aussi conflictuel ? Certains groupes estiment que quand ils ne sont pas d’accord il faut faire tomber le système en place. Il n’y a plus le respect de l’accord du contrat social, de l’équilibre institutionnel d’une société donnée. Cela vient de ce que tous ces processus, y compris l’élection, ne fonctionnent que si cela permet au citoyen de jouer sur le pouvoir effectif. Or ce n’est plus le cas, on le sait très bien. S’il y a une telle désaffection, aux élections notamment, c’est parce que les gens savent bien que le vote n’a aucun impact sur le système de pouvoir effectif puisqu’il se joue ailleurs. Il se joue dans le monde de la finance, au sein d’une élite très précise.
Un autre point important est que ces processus-là, s’ils permettent, comme on dit aujourd’hui, de codécider, d’avoir des politiques publiques plus efficaces, qui reconnectent les citoyens en répondant plus immédiatement à leurs besoins, je ne sais pas s’ils retravaillent la démocratie profondément dans le long terme. Plus exactement, est-ce qu’ils retravaillent la légitimité du politique et de notre système démocratique institutionnel ? Je n’en suis pas certaine parce qu’il n’y a plus d’accords politiques inclusifs dans nos sociétés. Le système tel qu’il est ne permet pas une répartition du pouvoir politique et des richesses alors qu’accéder au pouvoir, c’est accéder à la répartition des richesses. Avant, il y avait une protection dans nos systèmes qui était que les minorités politiques étaient protégées de l’exclusion politique et de la marginalisation économique et financière a minima. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Et ce sont là les vrais sujets. Le reste, c’est de la technique et j’ai suffisamment confiance en la créativité humaine pour trouver les techniques adaptées dès lors que l’on aura résolu les vrais sujets.
Il y a quand même quelque chose de positif dans tout cela, c’est que dans la refondation de cette offre politique, au niveau local - mais pas seulement - avec le mouvement municipaliste par exemple, on a des élus qui sont pris en étau entre le système tel qu’il est et la réalité quotidienne des personnes qui vivent sur leur territoire, et qui essaient de repenser avec eux le vivre ensemble. On constate que là où il y a reconnexion, c’est dès lors que ce vivre ensemble sort du modèle dominant actuel, qui est le modèle néo-libéral.

OD. On pourrait se dire, en vous écoutant, qu’est déjà vouée à l’échec l’idée qui, petit à petit, commence à émerger, celle du tirage au sort. Pour aller au-delà de l’élection, puisque c’est toujours la même catégorie sociale qui se retrouve sur-représentée, on entend parler, chez des parlementaires, des universitaires de relancer la pratique, comme dans la période antique, du tirage au sort. On comprend qu’il s’agit de tendre vers l’universalisme de la participation du citoyen mais peut-on y croire ?

SB. Je ne suis pas du tout spécialiste de la question. La seule chose que je sais, pour parler de gouvernance, c’est-à-dire ce qui se retravaille dans l’interaction entre les acteurs politiques, les citoyens et les acteurs privés lucratifs – qui sont des intervenants de la gouvernance démocratique et c’est parce que l’on n’en parle pas que cela pose problème – c’est que ce sont plusieurs outils qui vont le permettre : le tirage au sort, les budgets participatifs, les conférences de consensus, les plateformes des civic tech… Tout cela injecte de l’horizontalité, un travail démocratique. C’est bénéfique, mais il faut qu’il y ait un sens plus global, un questionnement plus structurel.
Au niveau local, on perçoit très fortement l’intérêt du tirage au sort parce qu’il amène des acteurs qui ne viendraient pas par eux-mêmes la plupart du temps. Dans des processus d’élaboration de politiques publiques. Ceci dit, il est possible de refuser, alors est-ce que cela oxygène autant la citoyenneté active ? Je n’ai pas les données. Nous, nous avons constaté dans nos enquêtes de terrain que souvent les acteurs tirés au sort se considèrent plus légitimes que les autres citoyens, voire plus légitimes que l’élu. C’est une remise en cause directe du rôle de l’élection dans notre pays. Encore faut-il que ce soit sur des sujets ponctuels, précis et bien définis. Sinon on crée une nouvelle catégorie d’acteurs qui vont se positionner politiquement. C’est un outil intéressant qui, à lui seul, ne résoudra cependant pas le problème.

OD. Il pose aussi la question de la compétence. Le citoyen tiré au sort et qui doit décliner la charge qui lui est ainsi dévolue parce qu’il ne se sent pas capable de l’assumer se trouve ainsi humilié de devoir le reconnaître publiquement. L’élection a pour avantage que chacun fait avec ses compétences, plus ou moins importantes. Même celui que l’on pourrait juger comme ne comprenant rien à ce qui se passe autour de lui aura le droit de voter, se confectionnant son explication de vote. Personne ne pourra contester ce bulletin. Le tirage au sort expose beaucoup plus le citoyen et fait apparaître une catégorie de sous-citoyens.

SB. Oui, ou cela peut lui faire vivre ce qu’il critique tant du personnel politique, l’égo du pouvoir. L’idée est que tous ces nouveaux outils doivent obligatoirement être accompagnés de méthodes très exigeantes et de formations. Il serait inconcevable de ne pas accompagner les personnes et c’est pourquoi les conférences de consensus fonctionnent bien. A un moment donné, le citoyen lambda devient quasiment plus expert que les experts parce qu’il a une vision globale en plus de son expertise d’usage. La question de la compétence est, entre guillemets, facile à résoudre. D’ailleurs, la plupart du temps, c’est quelque chose qui se met très rapidement en place à la suite du tirage au sort. Mais nous n’avons étudié l’utilisation du tirage au sort qu’au niveau local. Les collectivités locales accompagnent méthodologiquement l’entrée dans le jeu de ces citoyens tirés au sort.

OD. Si tous ces outils nous paraissent très intéressants, ce qui nous, Association pour la reconnaissance du vote blanc, nous inquiète, c’est que l’on abandonne complètement la réflexion sur la façon de voter. On a pu mettre en évidence dans l’épisode 4 de cette collection, avec Christophe Voilliot, que nous votons comme on le concevait sous la Restauration. Au XXIè siècle, nous perpétuons des habitudes fixées au début du XIXè siècle alors que notre société a bien changé depuis. On aurait grand besoin de réfléchir sur ce qu’est une élection, un électeur, sur ce qu’est un citoyen électeur, sur le pouvoir qu’on peut lui donner. C’est toujours refusé par les gouvernements de la Vè République. On voit le gouvernement actuel s’aligner sur les autres, puisque son projet de loi de juillet 2017 sur « Rendre confiance en l’action publique » et la réforme institutionnelle de ce mois de juillet 2018 n’amènent qu’à des mesures très ponctuelles mais qui n’ont pas une vision d’ensemble, novatrice. Si on s’appuie sur le travail de Pierre Rosanvallon, on pourrait arriver à la conclusion que puisque qu’on a eu l’expérience d’hommes politiques très forts pour conquérir le pouvoir mais impuissants à mener des réformes, il faut à présent se focaliser sur la « bonne gouvernance » et laisser dans le tiroir des gadgets l’acte électoral. Pour cela, on nous dit qu’il faut multiplier les moyens permettant aux citoyens d’agir pendant le mandat de l’élu puisqu’en amont, le moment du vote devient superfétatoire.
Nous, nous persistons à dire que pour une modernisation de notre démocratie, il faut commencer par la base : l’élection. Passer de l’image méprisante de l’électeur empêcheur de tourner en rond à celle, plus ambitieuse, de l’électeur moteur de la démocratie.
 
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SB. Au contraire, je pense que ces nouvelles procédures amènent à prendre le problème par l’autre bout. Ce qui est remis en cause et qui est en train de bouger, c’est la formule politique du pays. Tous les pays traversent cette crise de représentation. Quels sont les nouveaux équilibres qui se mettent en place ? C’est en cela que le prisme de la gouvernance est important pour répondre parce qu’il ne focalise pas que sur l’Etat et sur l’acteur élu, il focalise sur l’ensemble du système. Et surtout sur ce qui se joue entre les acteurs et les rapports de pouvoir.
La formule politique aujourd’hui est une formule oligarchique qui résulte d’une pratique du pouvoir datant de plusieurs siècles,  qui s’est figée dans un modèle qui lui-même n’incarnait pas la réalité depuis le départ et qui a abouti à ce que finalement l’élection soit une fin en soi. On en a fait un synonyme de démocratie et on a exporté ce modèle dans le monde entier avec toutes les conséquences dramatiques sur les sociétés que l’on sait. Et pour autant je suis très favorable aux élections et consciente qu’il faut les renforcer. Mais à partir du moment où l’élection devient une fin en soi, elle est instrumentalisée et devient un objet de convoitise, le but du jeu. J’espère que c’est au bout de ce modèle-là que l’on arrive et tant mieux pour l’élection. L’élection est un instrument au service de cette formule politique et un instrument au service de l’institutionnalisation du pouvoir et de sa légitimation. C’est peut-être ceci qui est en train de se reconstruire avec toutes ces innovations. La question est comment on les fait converger vers la refondation de la démocratie et donc de l’incarnation et de la dimension symbolique de l’élection. Ce que je vais dire ne va peut-être pas plaire, et si je choisis un propos quelque peu caricatural, c’est parce qu’on peut se le permettre car il est temps de se réveiller : finalement, on n’est pas très éloigné du modèle que l’on trouve dans quelques pays d’Afrique où des familles s’accaparent le pouvoir pour répartir le pouvoir à leurs proches. Chez nous, ce seront plus des classes sociales que des familles. Je ne sais pas si travailler directement sur l’outil élection va aider. Il me semble que la pratique de cet outil est le résultat du travail de la formule politique.
A l’IRG, on dit que tout ce qui innove en ce moment doit permettre de travailler un nouveau contrat social et un nouveau paradigme politique d’exercice du pouvoir, qui soit plus collaboratif, plus horizontal, qui parte directement des acteurs, qui incarne véritablement la diversité de la société, qui travaille pour cette diversité et non au service de quelques-uns. Dès lors, l’élection retrouverait sa dimension symbolique.

OD. L’a-t-elle perdue ou ne l’a-t-elle jamais eue ? On a constaté que dans les lieux de mémoire de Pierre Nora, aucun des nombreux lieux retenus n’a de rapport avec l’élection. Elle n’a jamais marqué les mémoires collectives. Il faudrait qu’elle trouve cette force sociale. Dans notre échange, on est dans le débat en rond pour savoir qui de l’œuf ou la poule… Pour nous, si on progresse sur la façon dont l’électeur est considéré par la société et le pouvoir on pourra faire revenir les abstentionnistes et quand les citoyens électeurs se sentent mieux estimés, ils peuvent être plus tentés de s’impliquer dans la gestion des affaires publiques ; alors que selon vous, c’est la prise en main plus fréquente de ces questions politiques par les citoyens qui fera qu’ils viendront, ensuite, plus nombreux, voter.

SB. Il faut travailler les deux en même temps évidemment. Il ne faut pas sous-estimer la dimension symbolique de l’acte électoral et de nos institutions. C’est ce que l’on a trop fait dans nos pays. La pratique actuelle du pouvoir du président Macron a rejoué sur la symbolique du pouvoir et cela a, un petit moment, apaisé les tensions. Il ne faut pas aller trop loin non plus. L’élection doit aller dans ce sens. Elle est évidemment très différente selon les catégories sociales, selon nos parcours, et par le fait que la complexité de l’action publique est telle qu’il serait illusoire de croire que parce que l’on va élire une personne, elle va résoudre nos problèmes. Mais sa dimension symbolique doit faire vivre les valeurs d’égalité, d’universalité, d’acquisition de droits et d’équité. C’est l’idée de faire partie d’une nation et du contrat social. Si l’abstention et le vote blanc sont forts aujourd’hui, c’est parce que la désillusion a été très grande pour certaines personnes parce que justement la projection était forte.
Quand vous dites que nous allons travailler sur ces innovations et vous sur l’acte électoral, oui,mais on travaille de pair.

OD. Nous pouvons nous séparer avec cet accord puisque depuis le début, pour l’Association pour la reconnaissance du vote blanc, reconnaître le vote blanc c’est avant tout mettre en pratique réellement le principe “un homme, une voix”, lequel est nié depuis les débuts du suffrage universel. Et c’est ce symbole le plus important pour nous.
Merci Séverine Bellina pour le temps que vous nous avez consacré.
 
 

Date de création : 15.08.2018 @ 21:58
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2nd tour: 1 988 549 (9,86%)
 

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Présidentielle (2012)

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2nd tour: 2 154 956 (5,82%)

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1er tour: 0 534 846 (1,44%)

2è tour: 1 568 426 (4,20%)

 

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« Lorsque les peuples, il y a cinquante ans, élevaient des barricades et renversaient les gouvernements pour obtenir le droit de suffrage, ils auraient cru à une plaisanterie si on leur avait dit que, par un retour imprévu des choses, les souverains voudraient à leur tour mettre à l’amende ou jeter en prison tous ceux qui n’useraient pas du droit conquis ». thèse signée de Francis Sauvage, intitulée De la nature du droit de vote et soutenue en 1903
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Le livre défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Il démontre que cette évolution est indispensable dans une démocratie qui se veut moderne.
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Comme le volume 1, ce volume défend la prise en compte comme suffrages exprimés des bulletins blancs. Notre république se dit laïque mais c’est une laïcité chrétienne. L’acte électoral est sacralisé et l’électeur profane ne peut y accéder qu’en respectant des formes précises. Le vote blanc qui est une tentative de certains électeurs de s’approprier ce moment démocratique est rejeté parce que sacrilège.
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Science fiction américaine publiée en 1980 dans un monde parallèle où le vote blanc (none of the above) va de soi.

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Long résumé du roman: