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MESSAGE TROUBLÉ Voir les cartes des européennes: http://www.vote-blanc.org/pages/cartesindex.html Le vote blanc est plus élevé en 2009 qu’en 2004 mais nettement moins qu’en 1999. Aucune surprise dans cette répartition du vote blanc ; les dépar-tements où il obtient le plus de suffrages appartiennent à la France du vide. Mais on ne retrouve malgré tout pas la séparation Est/Ouest des autres types de consultation. Les régions Poitou-Charente et Pays de la Loire sont plus en retrait que pour des prési-dentielles, des législatives, des régionales ou des référendums ; même si la Mayenne, département très familier du vote blanc, est toujours fidèle au poste. En revanche, l’Est vosgien et l’Ain – ce dernier n’étant pas un habitué de cette situation en poste avancé du vote blanc – soulignent la timidité de l’ouest littoral. Quand on compare les trois dernières élections européennes, on constate une ressemblance certaine entre 1999 et 2009. Le vote blanc prédomine dans le Sud-Ouest et dans le Massif Central, avec une poche du côté des Vosges. En 2004, il était cantonné au Sud-Ouest. A chaque fois, les départements des métropoles régionales – Bordeaux et Toulouse – ne participent pas au mouvement, ainsi que les extrémités pyrénéennes. Certains analystes ont pu par le passé présenter l’attrait pour le vote blanc dans la France méridionale comme la marque d’une irritation à l’égard de la Vè République, voire de l’Etat ‘parisien’. Le Sud-Ouest ‘rad-soc’ rejetterait-il plus particulièrement les technocrates de Bruxelles ? Le PS, le MODEM et les écologistes étant favorables au projet de traité présenté en 2005, beaucoup d’électeurs n’auraient pas voulu voter pour eux sans tomber pour autant dans les bras de l’UMP, de De Villiers, ni même de l’extrême gauche. On peut envisager une autre hypothèse. Ce refus de vote pour le PS ou le MODEM pourrait venir du fait qu’ils n’ont rien proposé comme éléments de réflexion sur la construction à venir de l’Union. Le vote blanc émanerait ici d’un électorat europhile. Chacun choisira sa version, suivant qu’il considère que les responsables politiques font alors que les électeurs traînent les pieds, ou bien que ces mêmes responsables fuient le moindre engagement alors que les électeurs aimeraient plus d’implication. Soit le citoyen qui voulait se sentir bien représenté à Strasbourg n’avait que l’embarras du choix en 2009, et celui qui a dit n’avoir rien trouvé à son pied est un incapable, soit, une fois, de plus, pratiquement tous les candidats ont été hors sujet. Ces européennes se placent dans l’ère ‘Sarkozy’. Le vote blanc a été écrasé par le phénomène en 2007, présidentielle et législatives. En 2009, c’est l’abstention qui écrase tout, ayant encore progressé par rapport à 2004. Cette augmentation est due à l’incapacité de l’opposition à s’organiser face à la méthode ‘Sarkozy’. Le vote blanc est du coup moins élevé qu’il ne l’aurait été si un débat avait eu l’air de se lancer. Les chiffres sont plus bas qu’en 1999 où 14 départements avaient dépassé les 8% - aucun cette année. Comment étudier la corrélation entre vote blanc et abstention ? Sur les deux départements qui ont le plus participé, on a celui qui déteste le vote blanc – Paris – et un adepte régulier du bulletin non exprimé – l’Aveyron. Un CESP élevé explique le cas du premier, une approche de la vie politique particulière aux zones peu densément peuplées pour le second. Le Sud-Ouest s’est moins mal mobilisé que le reste du territoire, mais le Massif-Central – autre foyer de vote blanc cette fois – a rejoint la tendance générale. Qui a bien voté, qui a mal voté ? Personne, tout le monde. Le vote blanc était-il un choix moins digne que les autres ? Non bien sûr.
Date de création : 18.06.2009 @ 16:38
Dernière modification : 18.06.2009 @ 16:41
Catégorie : Petits trucs sur le vote blanc
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