février 8, 2026

CAPES D’INVISIBILITE

Nous parlons depuis les marges de la République. Nous parlons depuis une place invisibilisée depuis trop longtemps. Mais nous parlons également depuis la dignité que nous voulons affirmer. »

« Pourquoi ne pourraient-elles pas voter ? Aucune raison ne saurait justifier de les maintenir en-dehors du champ d’exercice de la citoyenneté. Comme tout le monde, elles veulent pouvoir choisir leurs représentants municipaux. »[1]


[1]  3 février 2026 https://www.politis.fr/articles/2026/02/femmes-issues-de-la-communaute-des-gens-du-voyage-on-nous-refuse-le-droit-de-vote/

Ces femmes sont du voyage. Stabilisées mais ne vivant pas dans des logements assez standards pour que les municipalités ne les voient pas comme des gens encombrants. Accompagnées par le collectif Da So vas, elles essaient d’obtenir le droit de vote. En vain.

En 2008, nous avions rencontré dans la forêt d’Halatte (Oise) un groupe de gens du voyage dont deux familles avaient obtenu d’être inscrites sur les listes électorales. Cela n’avait pas rendu Mme la Maire mieux attentionnée à leur égard. Un candidat d’opposition aux municipales le mois suivant était venu les courtiser, leur promettant une tout autre considération s’il était élu. Mais ça demandait confirmation.

Et si finalement il ne paraissait pas assez fiable… il leur restait la possibilité de voter blanc. « Mais – concluions-nous – ils seront exclus par l’annulation de leurs bulletins. Comment exister, alors, quand on appartient à une minorité ? » Quitter une cape d’invisibilité pour en enfiler une autre.

Ce que le collectif écrit dans la tribune de Politis, on pourrait le reprendre mot pour mot au sujet du vote blanc : « Nous refusons cette dérive. La démocratie ne peut pas être un privilège réservé à celles et ceux qui rentrent dans les cases administratives. Elle doit être un droit effectif, réel, pour toutes et tous. Sans cela nous reviendrons à une forme de suffrage censitaire, excluant de fait des millions de personnes.

C’est pour cela que nous avons décidé de prendre la parole pour rendre cette injustice visible. (…) Non pas pour demander un traitement particulier, mais pour exiger l’égalité. Rien de plus. Rien de moins. »