octobre 15, 2026

16-18 ans, devez-vous accepter le droit de vote ?

                                                                                              Soyez exigeants, réclamez le meilleur

                                                                                              Vous nous désespérez mais on vous désire

TABLE DES MATIÈRES                                                 Que demander ?

                                                                                                       Egalité, liberté, vote blanc

                                                                                                  Intervenir, panacher

                                                                                                              S’exprimer pleinement

                                                                                                               Entrer dans la loi

                                                                                              Sources

Jeunes de 16 à 18 ans, vous êtes courtisés. Ne détournez pas la tête si on vous fait la proposition mais ne cédez pas pour autant à la première sirène venue. Vous avez déjà voté pour vos délégués au collège. Mais des gens réfléchissent à vous faire franchir le grand pas, celui des élections des adultes. A l’échelon local, et pourquoi pas à l’échelon national.

D’où l’intérêt de lire les pages suivantes.

SOYEZ EXIGEANTS, RECLAMEZ LE MEILLEUR

Vous ne seriez pas les premiers à être ainsi invités au bal. Il faut s’y lancer mais le faire sans donner son avis sur quelle musique danser, c’est ballot. Pourtant, des générations précédentes se sont ainsi laisser léser.

Un peu d’histoire.

1848, youpi ! Tout le monde peut voter. Ah bé non, pas les femmes. C’est un exercice peu facile pour beaucoup de ces hommes, surtout quand on ne sait ni lire ni écrire. Dans les campagnes, on va ensemble au bureau de vote, avec le notable du coin. On donne son papier à quelqu’un qui le dépose dans l’urne.

VIVEMENT 1913 !

En 1913, mon grand-père a seize ans. Il ne sait pas qu’il va se taper bientôt un séjour dans les tranchées. Au contraire, il se réjouit. Le parlement vient enfin d’accepter, après trente ans d’âpres débats (lire le travail du politologue Alain Garrigou), d’introduire dans les bureaux de vote l’isoloir et l’enveloppe. Le citoyen gagne en autonomie. Il devient plus libre de son choix. Mon grand-père y goûtera à la première élection qui inaugurera ces deux nouveautés, puisque c’est en 1919 et qu’il a 22 ans.

Ma mère, c’est à 17 ans qu’elle s’est peut-être réjouie. On est en 1944 et une ordonnance vient d’accorder le droit de vote aux femmes. Encore quatre ans à attendre et elle entrera dans l’isoloir. Rien n’a changé dans la façon de voter depuis 1913 et elle votera comme votait son père vingt ans plus tôt – mon autre grand-père – après avoir fait un séjour, lui, dans les Dardanelles.

A MON TOUR

Chouette ! Giscard a abaissé l’âge de la majorité à 18 ans. Je fête mes 18 ans en février 1981 et je suis bon pour le service citoyen, le fameux ’10 mai’. D’accord, mais rien de nouveau sous le soleil des urnes. Je vote exactement comme mes deux grands-pères une soixantaine d’années plus tôt.

Passons sur les ressortissants de l’Union européenne résidant depuis au moins cinq ans en France qu’on ajoute à la liste de celles et ceux qui peuvent glisser un bulletin aux municipales.

A présent, le plus important c’est vous. VOUS, LES 16-18 ANS !

Vous l’avez compris, on vous tendra peut-être la pomme. Et si vous croquez dedans, comme ça, tout de go, sans rien demander, vous voterez de la même manière que mes grands-pères il y a plus de cent ans.

Pourtant la société a changé. Nous avons changé. L’individualisation – avec ses qualités et ses défauts – a gagné nos générations, la vôtre encore plus sûrement, et ce qui était un surinvestissement au XIXème siècle est devenu un sous-investissement pour nous. Voter reste toutefois important, c’est même indispensable, mais cet acte n’a une vraie valeur que si on peut s’exprimer en conscience.

VOUS NOUS DESESPEREZ

MAIS ON VOUS DESIRE.

Un rapport du Sénat, en 2021, vous évaluait à 1 669 621 jeunes concernés. Le corps électoral passerait ainsi de 47 947 555 à 49 617 176 électeurs, soit une augmentation de 3,48 %. Ce n’est pas si important mais vous êtes une mine qui attise des convoitises.

Les plus enclins à vous faire ce beau cadeau sont au Parti socialiste. Un parti qui ne gagne pas souvent les élections et qui vit encore dans l’illusion qu’il séduit la jeunesse et que si vous, les plus d’un million et demi de 16-18 ans, étiez invités à voter, cela tomberait pour l’essentiel dans son escarcelle.

L’an dernier, 13 députés socialistes déposaient une proposition de loi demandant que vous puissiez voter aux élections municipales. Selon eux, face à l’abstention, on a besoin de vos générations qui « revendiquent leur citoyenneté par des actions variées : elles manifestent, signent des pétitions, se mobilisent en ligne, s’engagent bénévolement. » (…) « Le vote à 16 ans représente une formidable opportunité pour revitaliser la démocratie, ayant démontré son efficacité pour lutter contre l’abstention et pour dynamiser l’intérêt politique des jeunes générations. »

QUELLE CHARGE PESERAIT SUR VOS EPAULES !

Il faut dire que vos grandes sœurs et grands frères exaspèrent les observateurs de la vie électorale. Comme le rappelle le rapport sénatorial cité plus haut : « Les électeurs âgés de 18 à 34 ans représentent la classe d’âge pour laquelle le taux de participation aux élections est le plus bas. » A vous donc de renverser la tendance.

On se tourne vers l’Autriche, seul pays de l’Union européenne où vos homologues ont obtenu ce droit, pour voir si c’est envisageable. Enthousiaste, la proposition de loi socialiste de l’an dernier constate : « en Autriche, 90 % des jeunes entre seize et dix‑huit ans ont exercé leur droit de vote après que celui‑ci leur a été accordé. » Félicitations !

Le rapport du Sénat douche un peu le constat : « si 88 % des jeunes âgés de 16 et 17 ans qui étaient autorisés à voter pour la première fois aux élections législatives de 2008 ont effectivement participé à ces élections, soit un taux comparable à celui de l’ensemble de la population, leur participation aux élections législatives de 2013 s’est en revanche élevée à seulement 63 %, soit bien en-deçà du taux de 80 % observé pour l’ensemble de la population.

À ce stade, l’effet incitatif visé par l’ouverture du droit de vote aux jeunes de 16 et 17 ans semble donc tout sauf évident. »

Vous manqueriez de constance. Pas étonnant toutefois si on regarde plus attentivement. 16-18 ans, ça ne dure que deux ans. Et si l’élection a lieu plus de deux ans après la précédente, le vivier a changé de têtes. CQFD.

Ne vous transformez pas en simple chair à urne. Puisque l’on vous désire, que l’on vous offre un acte électoral modernisé, dynamique. Que les anciens jettent aux orties leur vision surannée de la démocratie représentative.

D’ailleurs, les socialistes qui vous courtisent ne s’intéressent pas au moment de l’élection. Leur dada, c’est la démocratie participative. Important en effet de pouvoir s’impliquer dans des sujets, donner son avis dans des instances ouvertes à tous les citoyens, entre deux tours d’élection. Mais tout ceci ne peut s’épanouir que si des gens ont reçu la légitimité du vote pour initier les débats et, à la fin, trancher après le moment des discussions.

Seule une élection de représentants où les électeurs auront été écoutés attentivement peut donner les bases d’une telle démocratie active.

QUE DEMANDER ?

Egalité, liberté, vote blanc.

Votre génération est sûrement plus sensible au principe d’égalité que les boomers, tournés davantage en 1968 vers la liberté. Vous êtes donc forcément scandalisés par le fait que, sans vergogne, notre république censure l’expression de nombreux citoyens électeurs et piétine le principe : un individu = une voix. En effet, au soir des dépouillements, les bulletins non nominaux et les bulletins marqués d’une manière quelconque sont rejetés. Ils sont déclarés non exprimés.

La république se permet même de parler en leur nom, de les tourner en ridicule, voire de les dénigrer. Les gens qui déposent de tels bulletins sont des peureux, des ‘jamais contents’, des ‘qui-n-ont-pas-fait-l-effort-de-lire-les-professions-de-foi’, des neutres… Autant citer l’actuel président du Conseil constitutionnel, le méchant Richard Ferrand, qui, en 2018, rapporteur d’un projet de révision de la constitution, répond à un amendement réclamant la reconnaissance du vote blanc : « Le vote blanc pourrait être un mouvement de dévoiement de la démocratie où tous les ronchons de la terre pourraient venir tout simplement s’opposer à tout et faire vivre leur insatisfaction perpétuelle. »

Rien que ça ! Il y a donc de bons électeurs et de mauvais électeurs. Ca a un petit relent de Loi des Suspects de 1793. Il faut les rééduquer : « Ne les incitons pas à démissionner ou à nier au fond la capacité à choisir, faisons-en plutôt des candidats. »

Ca a peut-être influencé le – du coup – ‘pas gentil’ Emmanuel Macron qui, le 25 avril 2019, dans son discours clôturant le Grand Débat, arrive à la même conclusion. Quelques semaines plus tôt, le Président de la République avait cité le vote blanc comme sujet digne de réflexion avant de déclarer : « Quand on vit une période difficile, blanc ça ne décide pas. Blanc c’est l’agrégation des rejets, des refus. C’est trop facile. (…) Blanc ne résoudra aucun problème. »

Pour le chef de l’Etat, un bulletin de vote a pour vocation première celle du Destop. Les tuyaux de la France républicaine sont bouchés – par qui ? à cause de qui ? – et l’électeur doit intervenir en tant que plombier.

Vous vous apercevez sûrement que l’on ne parle pas que d’égalité quand on aborde la question du vote blanc. L’électeur a-t-il la liberté de s’émanciper de la tutelle des partis ? Si les partis qui participent à la nouvelle élection ont contribué à boucher lesdits tuyaux, voter blanc n’est-il pas une façon de dire que l’on n’a pas envie qu’ils rajoutent une couche ?

Quoi qu’il en soit, il faut cesser avec cette façon de violer le secret du vote. Chacun ne peut parler que du bulletin qu’il a déposé, parce qu’il est censé savoir pour quelles raisons il a effectué ce choix. Mais parler au nom des autres,

NON !

Et si on lançait une pétition ? Pour dire que personne ne doit porter un jugement moral sur MON bulletin, sur le bulletin de qui que ce soit. Je n’ai droit qu’à une voix et cette voix est précieuse, intouchable,

INEXPUGNABLE.

« SOYONS REALISTES…

Je m’appelle Vanessa. J’ai voté blanc au premier tour pour signifier au parti que je soutiens d’habitude mon désaccord sur le choix du candidat. Je tenais à ce que cela se sache.

Je m’appelle Solange. J’ai déposé un bulletin blanc au second tour parce que la candidate et le candidat qualifiés agissaient pour des idées contraires à celles que je défends. Je tenais à ce que cela se sache.

Je m’appelle Michel. J’ai écrit sur mon bulletin à côté de la liste des candidats : « Pour l’égalité sociale » afin de bien préciser le sens de mon vote. Je tenais à ce que cela se sache.

Je m’appelle Emeline. J’ai voté blanc au référendum parce que j’aurais voulu que la question fût posée différemment. Je tenais à ce que cela se sache.

Je m’appelle Kevin. J’ai déposé un bulletin vierge parce que la candidate sortante n’a pas respecté ses promesses lors de son mandat. Je tenais à ce que cela se sache sans donner ma voix à son adversaire.

Je m’appelle André. Je n’ai pas réussi à bien cerner l’enjeu de l’élection de dimanche. Pour moi, voter est important, et mon bulletin blanc en est la preuve.

Le plus important dans la démocratie représentative c’est l’élection. Tout citoyen qui vient voter contribue à la renforcer.

Le plus important dans la république française c’est le principe d’égalité : Une personne/une voix, un bulletin/un suffrage exprimé. Personne ne doit pouvoir dire qu’un bulletin est de moindre qualité qu’un autre.

Le plus important dans la république française c’est le principe de liberté. Les états-majors des partis politiques imposent des candidats. L’électeur doit pouvoir s’en affranchir.

Le plus important dans la république française c’est le principe de fraternité. Censurer un bulletin de vote est criminel.

Nous réclamons la reconnaissance de tous les bulletins de vote déposés dans l’urne comme suffrages exprimés.

Nous demandons qu’un débat s’engage pour déterminer à quel niveau les bulletins blancs ou annotés peuvent devenir un vote sanction.

… DEMANDONS L’IMPOSSIBLE. »

Si vous avez des doutes sur cette question du vote blanc – ne représente-t-il pas un danger caché pour la démocratie ? – je ne peux que vous orienter vers le bilan que vient d’en faire une avocate colombienne, Marcela Anzola. La Colombie est le pays où le vote blanc est reconnu depuis plusieurs années ; il peut entraîner, au premier tour, s’il obtient la majorité des suffrages valides, le recommencement de l’élection.

Voici ce qu’elle nous dit :

« Les votes blancs ne doivent pas être interprétés uniquement en fonction de leur issue. Ils doivent aussi être considérés comme un indicateur. En démocratie, le vote d’une minorité n’est pas toujours négligeable. Parfois, 5 %, 10 % ou même 15 % de votes blancs en disent plus long sur le mécontentement populaire que le discours triomphal du vainqueur.

La question fondamentale n’est pas de savoir si les votes blancs peuvent atteindre 50 %. La question plus profonde est de savoir pourquoi tant de citoyens, même lorsqu’ils votent, ont le sentiment qu’aucun candidat ne les représente. »

QUE DEMANDER D’AUTRE ?

Intervenir, panacher

La résurrection du panachage. Ce n’est pas une espèce en voie de disparition, c’est une espèce disparue.

Jusqu’en 2008, tous les habitants des communes de moins de 3 500 habitants pouvaient, aux élections municipales, rayer des noms dans les listes présentées, ou en ajouter. On peut en effet soutenir les idées d’un groupe de candidats mais ne pas trouver que l’un d’entre eux soit compétent pour la fonction. Au lieu de s’abstenir, on accordait son bulletin à la liste en signalant sa réticence. Si on était seul à la formuler, le candidat finissait par être élu comme les autres, mais au moins l’électeur avait le sentiment d’avoir pu s’exprimer avec précision.

On pouvait donc aussi voter pour quelqu’un qui n’était pas officiellement candidat – parce qu’il n’avait peut-être pas trouvé assez de partenaires pour présenter une liste. Et on a ainsi eu des personnes élues de cette façon.

Pour les municipales de 2014, le législateur a retiré ce droit aux communes de 1 000 à 3 500 habitants, sous le prétexte de l’apparition des communautés de communes nécessitant une uniformisation des modes de scrutin.

Ce privilège a ensuite été retiré aux communes de moins de 1 000 habitants, en 2025, à l’occasion de la loi obligeant ces villages à présenter des listes complètes, mixtes – hommes-femmes – aux élections municipales. On pouvait agir pour qu’un plus grand nombre de femmes accèdent aux responsabilités municipales sans pour autant réduire l’espace d’expression qui subsistait en ces contrées.

Aujourd’hui, quand des partis politiques demandent l’instauration du scrutin à la proportionnelle pour les élections législatives, il n’est jamais question de l’accompagner pour les électeurs par le droit au panachage.

LES 16 – 18 ANS PEUVENT CONTRIBUER A DIRE QU’IL N’EST PAS ACCEPTABLE QUE LES ELECTEURS SOIENT TOUJOURS OUBLIES LORS DES REFORMES ELECTORALES.

TOUJOURS PLUS !

S’exprimer pleinement : Jugement majoritaire et préférendum.

L’octroi du droit de panacher et la reconnaissance du vote blanc comme suffrage exprimé sont des avancées que vous pouvez faire tomber dans votre escarcelle d’électeur assez vite.

En revanche, pour les suivantes, il faudra plus de patience mais c’est dès maintenant qu’il faut les réclamer : Un bulletin nuancé et le préférendum.

Pour le premier, on va s’appuyer sur les travaux de deux polytechniciens : feu Michel Balinski et Rida Laraki. Ils parlent de Jugement majoritaire. C’est la révolution du bulletin de vote. Au lieu de n’avoir à glisser dans l’enveloppe qu’un bulletin avec un seul nom ou une seule liste, vous avez en main une feuille avec tous les candidats en course ou tous les partis présentant une liste. Et pour chacun, liberté à vous de dire si vous le soutenez

À fond,

Plutôt bien,

À la rigueur,

Pas vraiment,

Voire surtout pas.

Et à la fin, c’est le candidat – la liste – qui obtient la meilleure moyenne qui l’emporte.

Enfin on peut nuancer son choix ! Enfin le vainqueur saura vraiment qu’il est légitime pour mener des points de son programme mais que le soutien qu’il reçoit n’est pas inconditionnel.

Le préférendum. C’est la même logique que le Jugement majoritaire, adaptée aux référendums.

Vous savez qu’en France les gouvernements sont réticents à soumettre à référendum des sujets parce que la crainte est qu’une partie de la population s’en empare pour faire un plébiscite contre le chef de l’Etat.

Avec le préférendum, on réduit fortement ce risque. Sur une question méritant que chacun puisse s’exprimer – comme la fin de vie – le préférendum proposerait plusieurs options possibles[1] :

            Recourir à des soins palliatifs

                        Recourir à une sédation profonde

                                    Recourir au suicide assisté

                                               Recourir à l’euthanasie.

Le gouvernement serait forcément davantage favorable à une des options qu’à une autre mais si celle-ci n’obtenait pas le plus de suffrages, cela ne signifierait pas qu’une démission des responsables politiques devrait s’ensuivre.

Cela entraînerait donc une consultation plus fréquente de la population. CQFD !

SOYEZ PLUS ROYALISTES QUE LE ROI !

Entrer dans la loi.

Beaucoup d’entre vous vivrez centenaires. Vous avez devant vous plusieurs décennies de votes. Lancez donc des graines, dans un geste considéré insensé aujourd’hui, mais qui fleuriront peut-être dans un demi-siècle.

Il existe un pan de la loi qui n’est voté que par une moitié des personnes concernées. Si vous légiférez sur la santé, l’éducation, le militaire, le social… vous aurez toujours parmi les parlementaires certains qui par leur expérience professionnelle auront un regard plus aiguisé sur la question et qui pourront porter les intérêts des gens de ces secteurs et d’autres pour qui ce n’est pas le cas et qui représenteront la population intéressée par le sujet sans en être spécialiste.

Mais pour ce qui nous intéresse – l’acte électoral – il n’en est rien. Une élection, c’est des électeurs et des élus. Et qui est à même de modifier le Code électoral ? Des élus, uniquement.

C’est ce qui explique que depuis plus de cent ans – l’époque de mes grands-pères – aucune réforme n’a amélioré pour les électeurs la façon de voter.

Il faudrait donc qu’une instance soit créée, mixte paritaire, réunissant pour moitié des parlementaires et pour moitié de simples citoyens, tirés au sort, pour toute modification du Code électoral. Et les citoyens auraient aussi la possibilité d’initier des réformes dans ce domaine.

Vous aurez l’habitude de ces conventions où l’on sélectionne un échantillon de la population pour parler au nom de tout le monde. Il n’y aura donc rien d’incongru pour vous d’y recourir pour ce fondement de la démocratie représentative qu’est l’élection.

A vous de voir à présent. Si la fée république se penche sur votre berceau citoyen, demandez-lui d’exaucer de sa baguette plusieurs vœux avant de lui répondre.

Source

Les secrets de l’isoloir, d’Alain Garrigou, aux éditions Au bord de l’eau, en 2012.

Le rapport du Sénat a été déposé le 1er décembre 2021 et porte sur la proposition de loi pour un nouveau pacte de citoyenneté avec la jeunesse par le vote à 16 ans, l’enseignement et l’engagement.

La proposition de loi de onze députés socialistes, emmenés par Mme Céline Hervieu, date du 28 octobre 2025 et s’intitule : Proposition de loi visant à instaurer le droit de vote à seize ans aux élections municipales.

Pour Richard Ferrand, c’est dans le cadre du débat sur le Projet de loi constitutionnelle pour une démocratie plus représentative, responsable et efficace. Intervention en séance le 13 juillet 2018.

Pour Emmanuel Macron, lire la Conférence de presse à l’issue du Grand Débat national, 25 avril 2019.

Pour la tribune de l’avocate colombienne Marcella Anzola, c’est dans le média Razon Publica du 21 mai 2026. L’article s’intitule : « La matemática política del voto en blanco. »

Pour s’informer plus avant sur le Jugement majoritaire et le préférendum, consulter le site l’association Mieux voter : mieuxvoter.fr.


[1] Il ne s’agit ici que d’un exemple grossier, qui mériterait d’être nuancé.