août 15, 2022

A-PEU-PRES GOUVERNEMENTAL. Marlène Schiappa ne vérifie pas ses informations

Nous avons écrit à la ministre pour lui signifier la nécessité de revoir son argumentaire sur le vote blanc et lui donner des pistes à suivre pour une meilleure information.

Madame la Ministre,

            Vendredi 4 février, vous avez pris la parole au nom du gouvernement pour répondre à la proposition de loi constitutionnelle du député Jean Lassalle sur la reconnaissance comme suffrage exprimé du vote blanc. Vous avez fait un rappel historique qui comporte une erreur. Vous avez déclaré : « Le 18 ventôse an VI, soit le 6 mars 1798, une loi fut votée autorisant le vote blanc, au moment où le vote par bulletin s’insérait durablement dans la vie politique française. » Or, ce décret n’a jamais existé. François-Xavier Arnoux, qui a soutenu avec succès en décembre sa thèse : « Histoire du vote blanc et de l’abstention. Analyse juridique d’un refus (apparent) de choisir. » nous le confirme : c’est une erreur, provenant du mémoire de DEA d’Adélaïde Zulfikarpasic, qui n’est pas un travail historique.

            Quant à ce qui est de l’annulation des bulletins blancs au XIXè siècle, vous pourrez citer une prochaine fois le conservateur Louis-Marie de Cormenin, élu sous la restauration à l’époque du vote censitaire, pas vraiment républicain, qui contribue largement à la rédaction du code électoral en 1848 et qui rend inexistants les bulletins blancs (Cf les travaux de l’historien Christophe Voilliot). Puis c’est la confirmation par les anti-républicains Cavaignac et Louis-Napoléon Bonaparte en 1849 et 1852.

            Pour aujourd’hui, nous vous invitons à suivre de près, voire à accompagner, les enquêtes que mènera sur le terrain la politologue de Montpellier Aurélia Troupel sur les électeurs qui voteront ‘blanc’ au premier tour de la présidentielle d’avril pour connaître leur profil et leurs motivations et parler en connaissance de cause. Nous regrettons que le thème de la rupture d’égalité – qui vous est si cher d’ordinaire – vous laisse indifférent quand des femmes et des hommes voient leur bulletin déposé dans l’urne jeté à la poubelle. Ils ne sont plus à égalité avec les autres citoyens, pour un délit d’opinion – ils n’ont pas su, selon vous, choisir.Nous regrettons que le thème de la rupture d’égalité – qui vous est si cher d’ordinaire – vous laisse indifférent quand des femmes et des hommes voient leur bulletin déposé dans l’urne jeté à la poubelle. Ils ne sont plus à égalité avec les autres citoyens, pour un délit d’opinion – ils n’ont pas su, selon vous, choisir.