novembre 29, 2021

Elections départementales mars 2015

PLUS DE 10% DE BLANCS ET NULS EN SEINE-SAINT-DENIS

Près d’un million et demi de bulletins blancs et nuls* (1 412 590 – source ministère de l’intérieur; 969 443 bulletins blancs + 453 147 bulletins nuls) soit 8,38% des votants. 
Il est difficile de faire une comparaison avec les consultations électorales à l’échelon départemental passées, parce que celle-ci est la première de ce type (tous les cantons et par binômes). Toutefois, on constate un niveau élevé avec une moyenne à plus de 8%. 11 départements dépassent les 10% de bulletins invalidés. Si le record est décroché par le Haute-Vienne avec plus de 13%, le score retentissant est celui de la Seine-Saint-Denis. D’ordinaire, l’Ile-de-France enregistre des résultats faibles de ‘blancs et nuls’. Au premier tour, d’ailleurs, les 7 départements en compétition étaient sous la moyenne nationale. Au second, cela monte sensiblement dans plusieurs d’entre eux mais seule la Seine-Saint-Denis crève le plafond des 10%. Les duels droite contre FN expliquent sûrement cette poussée du vote blanc.

Nous rappelons que les bulletins dits ‘nuls’ depuis le 1 avril 2014 sont dans l’esprit des votes blancs (voir notre bulletin ci-dessous). L’absence de bulletins blancs officiels dans les bureaux de vote et l’exclusion de ces derniers de la catégorie des suffrages exprimés rendent la réforme de 2014 tout à fait superfétatoire. De plus, à la présidentielle de 2017, les bulletins blancs seront à nouveau mélangés avec les bulletins nuls. Dans ces conditions, ne retenir que les bulletins blancs pour évaluer le vote blanc ne donnerait qu’une idée partielle de ce type d’expression.

1er tour
Plus d’un million de bulletins blancs ou nuls (1 007 518 – source ministère de l’intérieur) au premier tour de la départementale.

DEPARTEMENTALES – 22 et 29 MARS

C’est confirmé,

L’OUTRE-MER PREFERE LES BULLETINS NULS

Associer France d’outre-mer et cocotier, c’est vraiment un cliché.

Les constatations faites sur le vote blanc ou nul dans les élections en outre-mer depuis la pseudo réforme de 2014 (voir paragraphes ci-dessous), se confirment avec les deux tours des départementales. Seuls trois départements étaient concernés par cette élection et dans chacun d’eux il y a eu plus de bulletins nuls (BN) que de bulletins blancs (BB) (Voir chiffres ci-dessous). En métropole, les bulletins blancs sont toujours plus nombreux que les bulletins nuls.

Guadeloupe: 1er tour = BN 6,19%, BB 3,53%   2nd tour = BN5,23%, BB 2,9%
La Réunion: 1er tour = BN 5,65%, BB 5,43%    2nd tour = BN 6,08%, BB 5,3%
Mayotte: 1er tour = BN 2,57%, BB 1,22%         2nd tour = BN 2,28%, BB 1,11%


Si on vous dit qu’aux Européennes de l’an dernier, la première élection après la distinction entre bulletins blancs et bulletins nuls, seuls quatre départements ont enregistré plus de bulletins nuls que de bulletins blancs et ce sont quatre départements d’outre-mer: Guadeloupe, Martinique, Réunion et Mayotte. Et que lors des trois législatives partielles post réforme de 2014, on a retrouvé ce phénomène au premier tour en Polynésie.

Nous espérons que vous ne tomberez pas dans un cliché, diffamatoire celui-ci, disant que l’on a affaire dans ces territoires lointains, à des sous citoyens. Ce n’est pas notre avis. Si nous n’avons d’explication à fournir pour comprendre ce phénomène, nous constaterons que ces électeurs préfèrent le bulletin annoté à l’enveloppe vide.
Rappelons qu’au premier tour de la présidentielle de 2012, les deux départements antillais et Mayotte avaient vu le vote blanc arriver en 3è position, dépassant les 7% aux Antilles (source ministère de l’intérieur). On ne peut pas supputer un nombre d’erreurs très élevé pour expliquer ces scores (à moins de tomber dans le cliché diffamatoire cité plus haut). Cela montre bien, en revanche, que le bulletin qui n’est pas blanc et vierge est aussi un vote blanc dans l’esprit.

Pour finir, notons également que dans les six départements d’outre-mer où les bulletins blancs ont été supérieurs aux bulletins nuls, pour quatre d’entre eux l’écart est de moins d’1%. Ce qui n’est le cas que dans neuf départements de métropole sur 96; les deux départements corses et cinq départements de la région parisienne notamment.

On réaffirmera que le vote blanc, très peu étudié, recèle une somme importante d’informations sur la subtilité de l’acte de vote. Il mérite ainsi d’être reconnu à sa juste valeur.