novembre 29, 2021

Vote des villes, abstention des champs

VOTE BLANC DES CHAMPS, ABSTENTION DES VILLES

Pour essayer de dégager des tendances dans la répartition du vote blanc dans la métropole française, nous commençons par couper le territoire en deux parties inégales. Nous traçons une ligne qui part du Cotentin pour rejoindre le Forez et là se brise pour atteindre la Catalogne, soit 39 départements à l’ouest de cette ligne et 57 à l’Est. Cette démarcation ne prétend pas séparer l’huile du vinaigre parce que chaque camp compte en son sein plusieurs exceptions mais elle permet de lancer des pistes de recherche.

L’ouest est composé de nombreux départements où le vote blanc fait souvent florès ; à l’Est, il enregistre des résultats beaucoup moins flatteurs. Ce découpage Ouest/Est semble s’imposer dans les années 1990, après la chute du mur de Berlin qui marque la fin de l’opposition Est/Ouest.

Les trois référendums organisés pendant cette période – qui ont l’avantage de proposer à tous les électeurs le même choix – aboutissent à des cartes d’une double France. En 1992, pour le Traité de Maastricht, 11 départements à l’ouest de la ligne ont dépassé les 4,5% de bulletins blancs contre un seul (Saône-et-Loire) à l’Est ; 12 contre 5 quand on passe à la catégorie en dessous (4 à 4,5%). Le référendum de 2000 sur le quinquennat a été boudé par les Français et le vote blanc s’est envolé. Mais c’est à l’Est que l’on trouve le plus de départements où il n’a pas dépassé les 15%, 20 contre 5 à peine à l’ouest. Lors de la même consultation, 11 départements battent des records à plus de 21% à l’ouest, 7 seulement à l’Est. On est revenu à des taux plus raisonnables en 2005 pour le traité constitutionnel. Cela n’empêche pas l’Est d’être battu à plates coutures par l’ouest : 9-0 pour les plus de 3,5% ; en revanche, l’ouest subit une lourde défaite pour les moins de 2% de vote blanc : 0-12.

Quel lien existe-t-il entre le vote blanc et cette réalité du territoire français ? Il n’est pas question de résoudre cette interrogation ici mais de combattre un cliché, dont se contentent de nombreux universitaires, pour proposer une nouvelle hypothèse.

Même si l’occupation du territoire a beaucoup changé ces dernières décennies on peut encore commencer par rappeler un fait : l’ouest c’est la France agricole du vide démographique, l’Est c’est la France industrielle peuplée. Les ‘penseurs’ de Science Po Paris continuent de croire que la France se décompose d’une population paysanne dans les campagnes, intellectuelle dans les villes et ouvrière dans les banlieues. Le vote blanc prospérant dans les régions de faibles densités, la rue Saint-Guillaume est persuadée et le répète chaque fois qu’elle a à traiter le sujet qu’un grand nombre d’électeurs recourant au vote blanc vivent dans des villages. Retrouvant des images que notre littérature de qualité nous a apportées du XIXè siècle et du suivant jusqu’à la Libération, les savants de l’IEP nous parlent d’une population peu instruite, plutôt fruste, épiée par tous les voisins. Le paysan ne sait pas être autonome et libre ; beaucoup de villageois peu intéressés par la politique se sentent obligés d’aller voter parce que derrière les rideaux tout le monde regarde qui va au bureau de vote. Entré dans l’isoloir, par une loi physique que les gens de l’IEP de Paris n’ont pas encore mathématisé, le paysan fui la responsabilité que le pays lui a confié et au lieu de voter pour n’importe lequel des candidats il vote blanc. (1)

Le lien entre l’individu électeur et son environnement doit être lu aujourd’hui différemment. Le citoyen qui vit dans une ville a plus de difficulté à voir l’enjeu des consultations locales que celui qui habite une commune peu peuplée. On ne peut pas encore élaborer de cartes pour les municipales parce que le très grand nombre de communes rend la mosaïque particulièrement éclatée et le ministère de l’Intérieur ne fournit pas des résultats au niveau départemental. Nous nous tournerons donc vers les législatives qui offrent une lecture par circonscriptions et vers les régionales. Avant d’entrer dans le détail, indiquons que pour ces deux types de consultations les cartes par départements font elles aussi apparaître, sur la période 1993-2007, la coupure Est/Ouest.

Non, l’électeur des campagnes n’est pas un demeuré

Pour les régionales de 1998, un seul département à l’ouest enregistre moins de 4% de bulletins blancs tandis qu’ils sont 17 à l’Est. A l’opposé, 12 sur 39 dépassent les 6% (4 sont au-dessus de 8%) à l’ouest face à 7 sur 57 (seule la Drôme va au-delà de 8%) à l’Est. Les régionales de 2004, à deux tours cette fois-ci, ne modifient pas ce paysage. (2) L’ensemble montre toutefois, confirme même, ce que les études sur l’abstention ont avancé, que dans chaque moitié ce ne sont pas toujours les mêmes départements qui arrivent en tête ; l’électeur blanc systématique est rare. Si aux Régionales à un tour de 1998 et aux Européennes elles aussi à un tour de 1999 le sud-ouest concentre les foyers de vote blanc, la première fois c’est la Dordogne, le Tarn-et-Garonne, la Corrèze et la Creuse qui s’affichent en tête, la seconde fois les trois derniers disparaissent du palmarès pour laisser la place au Tarn, à l’Aveyron et au Lot.

Aux premiers tours des législatives, c’est l’année 1997 qui marque le fossé le moins creusé entre Est et Ouest. Toutefois, si on ne regarde que les départements qui ont compté très peu de bulletins blancs on constate à nouveau un déséquilibre certain (aucun à l’ouest, 12 à l’Est). L’année 1993, à l’opposé, est celle où le découpage est le plus net ; il s’émousse mais reste perceptible en 2002 (3) tandis que 2007 voit un écrasement au niveau national du vote blanc ce qui fait qu’aucun département ne dépasse des pourcentages significatifs et c’est dans la catégorie des très faibles résultats de bulletins blancs que réapparaît la distinction Est (43 départements à moins de 2%), Ouest (13 départements). Dès cette lecture on remarque l’influence des métropoles régionales sur le vote blanc. Dans la moitié ouest, la Haute-Garonne (Toulouse), la Loire-Atlantique (Nantes) et surtout la Gironde (Bordeaux) ne sont jamais dans les pourcentages élevés de bulletins blancs. A l’Est, l’éternel réfractaire au vote blanc est Paris, et si Lyon et Marseille n’entrent pas toujours dans la catégorie des très faibles pourcentages comme la capitale, ils n’atteignent jamais ne serait-ce que des résultats moyens. Lille est une exception.

La lecture des cartes par circonscriptions des législatives révèle que ce phénomène est valable sur l’ensemble du territoire. Quand une circonscription se limite au territoire du chef-lieu, son pourcentage de vote blanc sera souvent le plus bas du département ou du moins ne sera pas dépassé par celui d’une autre (4). Dès qu’à la ville s’ajoutent des campagnes, le phénomène s’estompe. Si la circonscription d’Aurillac compte moins de bulletins blancs que celle de Saint-Flour en 1997, elle se voit rejointe par sa voisine en 2002 et même dépassée par elle en 2007 ; Mais la circonscription d’Aurillac est assez étendue et ne se limite pas à la zone urbaine ce qui rend les circonscriptions finalement assez similaires.

On est plus proche de son député, voire de son conseiller régional, quand on habite une zone rurale ou sans grand centre urbain. On peut connaître certains des candidats concurrents. On pense de ce fait bien maîtriser l’enjeu et le vote prend son sens. En revanche, quand on est noyé au milieu d’une population nombreuse et dense, l’acte électoral devient plus abstrait. Nous ne voyons donc pas des électeurs passifs et votant comme des automates dans les campagnes face à leurs homologues des villes plus autonomes, mieux formés et plus aptes ; Nous avons plutôt dans tous ces lieux des individus qui se retrouvent face à des problèmes dans leur vie de tous les jours mais si pour les uns l’acte électoral sera un bon levier pour les résoudre, pour les autres il apparaît moins opérant et ils préfèreront d’autres formes d’action. Les premiers sont en proportion plus nombreux dans les régions à densités moindres que dans les régions plus urbanisées.

Paris et la Corse, deux cas à part

Il faut toutefois dire un mot de Paris. A toutes les élections, sans exception, la capitale affiche un résultat parmi les plus faibles pour le vote blanc. Le fait que la prospérité du vote blanc pourrait venir dans les provinces ‘profondes’ d’un sentiment de rejet face à des candidats choisis par leur parti dont l’état major siège à Paris n’est pas à éliminer. A Paris, on a une population de niveau social supérieur, diplômée, en quantité plus forte qu’ailleurs. Autant de gens qui se sentent à l’aise dans le système et qui ne jugent dons pas utile de le contester. La masse importante d’habitants ne les gêne pas pour choisir le maire de leur arrondissement, leur député ou leur conseiller régional.

A l’opposé on trouve deux départements qui systématiquement dédaignent le vote blanc et pourtant ils ne se caractérisent pas par leur industrie, un fort taux d’immigration ou une densité forte. Mais la Corse, du sud ou haute, n’est pas connue pour sa vie démocratique exemplaire. Le vote obéit à des règles de clientélisme que l’on ne peut mettre en avant comme modèle pour l’ensemble du territoire. En revanche, presque toujours la région Corse bat les records d’abstention aux différentes consultations.

Ces réflexions amènent tout de suite à rebondir sur d’autres aspects du vote. Pour marquer sa défiance à l’égard d’un système électoral qui tourne en rond en vain, on peut aussi s’abstenir ou voter pour un candidat extrémiste.

Les départements qui présentent un score de vote blanc élevé ont un niveau d’abstention inférieur à la moyenne nationale. On peut reprendre le premier tour des trois dernières élections présidentielles pour étayer cette affirmation. En 1995, 22 départements de l’Est entrent dans la catégorie des taux d’abstention les plus élevés pour deux seulement à l’ouest. En 2002, l’écart ne se réduit que faiblement : 20 à 4. L’abstention a été faible en 2007 mais lesud-ouest (Aquitaine et Midi-Pyrénées, sauf la chaîne de montagnes elle-même) et le nord-ouest (Bretagne et Pays de la Loire) sont nettement en dessous par rapport aux autres parties du pays au premier tour. (5) Les principales villes (6) de ces régions ne contribuent pas à faire baisser les taux, au contraire. Il faut regarder les campagnes pour obtenir des abstentions inférieures à 12%.

Il n’y a pas que l’éloignement qui explique le recours au vote blanc ou l’abstention. S’ajoute la façon dont est vécue la crise qui dure maintenant depuis trente ans. L’Est est la moitié industrielle de la France, celle qui a été le plus touchée par les restructurations. Le chômage y est plus important que dans la moitié ouest et le tissu social n’est pas assez à même d’apporter des solutions satisfaisantes. Le système représentatif fait faillite face à ces dérèglements. L’acte électoral ne représente plus un espoir de changer les choses. Il ne fait qu’entériner la crise et n’offre pas de réponse crédible parce que ce sont les partis politiques qui imposent leurs intérêts et non la population qui à travers elle impulse des projets.

Face à cela, côté ouest, où la crise a été moins brutale, la population se sent concernée et non rejetée par son environnement social et politique et a toujours l’impression de pouvoir le comprendre et d’influer sur lui. Au dégoût d’un côté s’exprime plutôt un désagrément de l’autre vis à vis de la classe politique qui se cherche. Ce personnel politique qui feint de déplorer l’abstention alors qu’elle écarte du vote des gens qui sont hors du cadre social et ignore, méprise le vote blanc qui est un signe pourtant de bonne santé de la démocratie.

Un bulletin de vote peut-il changer le quotidien ?

Dans ces régions à l’Est de notre ligne la population immigrée est plus nombreuse et mal intégrée. C’est le cas également sur tout le pourtour méditerranéen, pas seulement la Côte d’Azur mais aussi le Languedoc et le Roussillon. Ainsi, le vote blanc n’a pas de succès dans ces départements du Midi littoral alors que la densité n’y est pas particulièrement élevée. En revanche, le Front National y engrange beaucoup de voix. A l’élection présidentielle de 2002, le quotidien Le Monde pouvait titrer après le premier tour une carte du vote FN ainsi : « Jean-Marie Le Pen s’installe dans l’Est de la France » (édition du 23 avril 2002). En effet, sur les 42 départements qui avaient octroyé plus de 18% de leurs suffrages au chef du Front National, 40 se trouvaient dans notre partie Est. Etonnamment, à l’ouest, les deux départements qui répondent au même critère n’ont pas de métropole régionale en leur sein et peuvent avoir des pourcentages de bulletins blancs élevés (Lot-et-Garonne et Tarn-et-Garonne). Mais le déséquilibre est flagrant et prouve que le vote blanc s’épanouit là où la crise politique est encore rectifiable. En 2007, période de marée basse pour Jean-Marie Le Pen, si Rhône-Alpes voit ses chiffres en faveur du FN passer en dessous de la moyenne, c’est encore au nord et dans tout l’Est de l’Ile-de-France et sur le littoral Languedoc-Roussillon – plus que sur la Côte d’Azur – que le finaliste de 2002 recueille des résultats assez élevés. A l’ouest, si ça n’a pas beaucoup baissé dans le Tarn-et-Garonne et le Lot-et-Garonne, c’est dans le Bordelais et dans quelques poches de la région Centre que l’on trouve les rares bons scores du candidat Le Pen. (voir la note 5).

Le vote blanc peut être lui aussi, comme l’abstention ou le vote extrémiste, le révélateur de la crise politique profonde. Dans ce cas, il s’exprime surtout à l’Est lors de seconds tours de législatives. Au second tour des élections législatives de 1997, 13 circonscriptions dépassent les 20% de vote blanc, dont deux atteignent les 32%. Dans 12 d’entre elles, il n’y avait qu’un seul candidat en lice ; la treizième met en concurrence deux concurrents dont un du Front National. Cette situation confirme que la proposition de loi de 1978 du sénateur Pasqua était fondée : « … il paraît (…) souhaitable qu’il y ait toujours au moins deux candidats en présence au second tour : Il est en effet conforme aux principes de la démocratie qu’un choix soit proposé aux électeurs. Dans le même esprit, il semble souhaitable que soient mis à la disposition des électeurs des bulletins blancs, et ceci dans tous les bureaux de vote. »

Parmi les 42 circonscriptions qui ont entre 10 et 20% de vote blanc, 38 comptaient un candidat du Front National et deux voyaient deux candidats de la même tendance politique s’affronter. Seules la 5è circonscription de la Moselle et la 3è de l’Orne ont enregistré 9 et 13% de vote blanc alors qu’un candidat de gauche était opposé à un candidat de droite. Ces 55 circonscriptions se situent soit sur le littoral méditerranéen, soit dans des zones très urbaines comme la région lyonnaise, une partie de l’Alsace, le nord de la France. Les zones les plus rurales à l’intérieur des terres que l’on pourrait trouver sont les 2è et 7è circonscriptions de l’Isère, la 3è de la Haute-Savoie, la 2è de l’Eure-et-Loir, la 3è de l’Aube ou la 3è de l’Orne ; mais le centre peu peuplé est absent de cette catégorie.

La faillite du système représentatif, évoquée plus haut, s’incarne bien dans ces scrutins tronqués où une partie importante de l’électorat est effacée et n’a pas d’autres moyens que de se déjuger en choisissant un des candidats qu’elle rejette en son âme et conscience ou de ne pas aller voter au risque d’être pointée du doigt par les bien pensants. Beaucoup ont décidé la voix la plus sage, le vote blanc, mais l’Etat, lui, n’a pas la sagesse de donner une existence réelle à cette expression.

Au second tour de 2002, le Front National a exercé une pression moins forte que cinq ans auparavant ; mais l’Est de la France reste beaucoup plus blanc que l’ouest avec 76 circonscriptions au-delà de 5% de vote blanc contre 11 à l’ouest. Le littoral méditerranéen est particulièrement marqué par ce moyen d’expression.. Cinq ans plus tard, le FN pèse encore moins sur les enjeux du second tour, beaucoup de circonscriptions ont déjà élu leur député et la participation est forte. Pour la première fois depuis longtemps la coupure Ouest/Est n’est plus visible. Un retour à la normale durable ? Il est à craindre que non.

Un électeur en quête d’autonomie

En effet, le vote vers les extrêmes, l’abstention, le vote blanc, ont crû régulièrement depuis les années 1980 et surtout pendant les années 1990. Si on regarde les cartes des présidentielles depuis 1981, on constate que la France blanchit beaucoup en 1995 et 2002. En 1981 (deux départements font exception) et en 1988 (trois départements) presque tout le pays est en dessous des 3% de bulletins blancs. On descend à 47 en 1995 (soit une baisse de la moitié) et à 20 en 2002 ( !). Cette dernière date confirme ce glissement en enregistrant 28 départements dépassant les 4% de bulletins blancs contre trois seulement sept ans plus tôt. (7) Les candidats ne sont pas forcément de plus mauvaise qualité au fur et à mesure que les années passent (le duel Mitterrand/Chirac est tout aussi usé que celui entre Chirac et Jospin). Ce sont les citoyens qui après 1989 se sont émancipés de leur parti, de leur courant politique. L’opposition gauche-droite n’est plus aussi contraignante et un électeur peut sanctionner son camp par un vote blanc sans être retenu par la menace de faire gagner le camp adverse. Le bloc soviétique ne s’oppose plus au bloc américain ce qui permet au citoyen de s’individualiser, par le vote blanc quand il vit à l’ouest. Dans toutes les élections à partir de 1992, le vote blanc augmente.

2007 marquerait-elle la fin de cette période de transition en aboutissant à un bipartisme harmonieux, non plus d’affrontement mais d’ouverture ? Il faut y regarder de plus près. Le premier tour de 2007 délaisse la tendance de ces deux prédécesseurs et revient aux chiffres des années 1980. Aucun département ne dépasse les 2,5% de vote blanc en 2007 alors qu’ils sont 87 à le faire en 2002, 75 en 1995. Aux seconds tours, huit départements seulement dépassent les 5% de vote blanc en 2007 contre 74 en 2002 et 84 en 1995.

La présidentielle de 2007 a donc retrouvé les niveaux des années 1980. Aux deux tours de scrutin elle surclasse les résultats de ses deux homologues : pour le premier 62 départements sont restés en deçà de 1,5% de bulletins blancs en 2007, pour 19 en 1981 et 6 en 1988 ; pour le second, 14 départements ont moins de 2% de vote blanc alors que 1981 et 1988 n’en annoncent que 2 chacun. Les Français sont allés voter en masse, sans hésiter (vote blanc), sans trop râler (vote Le Pen et extrême gauche). Ils étaient confrontés à un enjeu fort mais moins engageant pour l’avenir que l’arrivée de la gauche en 1981. 1981 a été suivi de la ‘rigueur’ et de la cohabitation de 1986, 1988 d’une deuxième cohabitation. Le retour de bâton peut être encore plus fort en 2012.

(1) « Cette spécificité du milieu rural a été mise en évidence par Jean Ranger dès 1970, à propos du vote blanc à l’occasion du second tour de l’élection présidentielle de 1969. Rappelons que le Parti communiste avait alors appelé son électorat à s’abstenir. Jean Ranger note que ce refus du vote a été pratiqué plus discrètement dans la France du Midi et du Centre, qui est aussi la France rurale, que dans la France du Nord et la France urbaine. Il explique en effet que ‘le milieu rural, la société d’interconnaissance se prêtent mal à l’exercice du droit d’abstention’, et c’est pourquoi, face à une telle consigne de vote, les électeurs de ce milieu vont préférer recourir au vote blanc… ». Adélaïde Zulfikarpasic, Le vote blanc : abstention civique ou expression politique ?, Revue française de science politique, février-avril 2001.

« Alors que l’abstention est importante en zones urbaines, le vote blanc est plus important en zones rurales. Selon Bréchon, l’explication de ce phénomène peut résider dans le fait que, vu le contrôle social propre à ce milieu géographique, l’expression du mécontentement par l’abstention soit plus difficile, générant un niveau plus élevé de votes blancs. » Olivier Coudevylle Le vote obligatoire en France : que se passerait-il si tout le monde votait ? IEP Paris, master de recherche, 26-9-2006, dirigé par Nonna Mayer

(2)       1er tour : 17 départements > 6% à l’ouest, 6 à l’Est ; 3 < 4% à l’ouest, 15 à l’Est.

2è tour : 22 > 5% à l’ouest, 5 à l’Est ; aucun < 3% à l’ouest, 13 à l’Est.

(3)       1993 : > 4,57% des inscrits, 20 départements à l’ouest, 4 à l’Est ; <3,43% des inscrits, 2 à l’ouest, 23 à l’Est.

1997 : > 6% des votants, 11 à l’ouest, 6 à l’Est ; < 4% des votants, aucun à l’Ouest, 12 à l’Est.

2002 : > 4% des votants, 8 à l’ouest, 2 à l’Est ; < 2% des votants, 6 à l’ouest, 28 à l’Est.

(4) Ce phénomène est valable pour les trois métropoles de la partie ouest, Toulouse et surtout le cœur de l’agglomération, Nantes ont toujours des résultats de vote blanc plus basque le reste du département, ainsi que Bordeaux avec malgré tout une exception pour la 3è circonscription en 2007. C’est également valable pour des villes plus petites comme Pau, Tours, Châteauroux, La Rochelle et si on passe à l’Est pour Le Havre, Rouen, Nancy, Strasbourg, Mulhouse sud, Dijon centre, Saint Etienne ; c’est moins marqué à Montpellier, Nîmes et Perpignan. On trouve deux exceptions : Niort en 1997 et 2007, Reims en 2007.

(5) Géo confluences, Brèves – N°1, 2007. Élections présidentielles, 1er tour 2007 : nouveaux candidats, nouvelle géographie des votes ? Une analyse de l’évolution 2002-2007 par canton (Michel Bussi, Céline Colange, Jean-Paul Gosset). 

(6) Rennes, Lorient, Nantes, Montauban, Toulouse, Pau surtout ; Brest, Quimper, Laval, Angers, Cholet, Bordeaux à un degré moindre.